B Jean de La Fontaine, Fables, livres VII à IX. Parcours : Imagination et pensée au XVIIème siècle. Texte d’Eloïse Lhérété, « Les livres ont du pouvoir », Sciences humaines, n° 321 Des questionnements humanistes allant de l’Homme à l’honnête homme idéalisé. Les Lumières proposent pour leur part une autre idée de l’Homme, libre parce que doté de raison. Le XVIe siècle ou période de la réflexion sur l’Homme. La foi en l’Homme et le goût du savoir sont au cœur des réflexions des penseurs humanistes. En rupture avec la pensée médiévale axée sur le Sacré, ils se nourrissent des textes antiques. Les découvertes récentes telles que l’héliocentrisme et le Nouveau Monde remettent en cause la place et la condition de l’Homme et développent des modèles de société inédits. À l’image des cités idéales antiques, Thomas More crée l’Utopie, univers de rêve où tout semble soumis à la raison. L’éducation est repensée comme un véritable perfectionnement de l’individu Il faut former les enfants à la vertu et aux lettres dans un esprit libéral, et cela dès la naissance» Erasme, F. Rabelais. L’essai naît à cette période, c’est une approche du sujet par des tentatives successives, se mettant soi et son jugement à l’épreuve, sans prétendre à un aboutissement. Montaigne dans Les Essais, 1533-1592 s’interroge sur lui-même, sur l’Homme, déchiré entre misère et grandeur, et donne une leçon de tolérance en opposant la barbarie des civilisés colonisateurs à l’innocence des des mœurs au XVIIe siècle. Naissant avec le XVIIe siècle, le classicisme établit des règles esthétiques, intellectuelles et morales, codifiant les genres et la langue. La raison» et la mesure» sont célébrées et dans des satires féroces, les moralistes peignent les mœurs de la société. Les formes sont brèves pensées, maximes, fables, caractères, lettres, contes... la finesse de l’esprit est nécessaire à l’artiste qui veut réussir à plaire et instruire à la fois. Les Fables de Jean de la Fontaine 1668-1694 sont des apologues composés d’un récit bref, léger et d’une morale pratique d’où ressort la cruauté de la société du Grand Siècle. L’idéal de l’honnête homme, sage, aimable et spirituel traverse les œuvres où bienséance et respect des règles sont de rigueur. Traversé par le courant de pensée Janséniste, certaines œuvres affichent leur vision pessimiste de l’humanité entachée par le péché originel. Nicolas Boileau, Blaise Pascal, La Rochefoucauld, La Bruyère, Mme de Sévigné ou Charles Perrault sont les auteurs les plus Lumières de la Raison et combats pour la Liberté Les avancées scientifiques et techniques permettent de croire au progrès, à la raison, face à l’intolérance et aux superstitions. Aussi, les philosophes des Lumières s’opposent à toute forme d’oppression en usant de leur esprit critique. L’Homme est pensé comme perfectible, voué à être libre et moralement meilleur grâce à la connaissance et la raison. Les Lumières s’émancipent des dogmes et des principes défendus par la religion. De ce fait, menaçant l’ordre établi religieux et politique, les œuvres sont souvent censurées car elles critiquent les injustices de la société, comme celles liées au statut social au détriment des mérites personnels. L’un des combats de cette époque est bien sûr celui de l’esclavage. L’Encyclopédie, œuvre collective, dirigée par Diderot, réunit les connaissances de l’époque pour vaincre l’obscurantisme. Auteurs engagés, les philosophes diffusent leurs idées dans de nouveaux lieux salons et cafés littéraires où elles sont à la portée de tous. Leur engagement se fait parfois au prix de leur liberté. Des lettres, des traités, des articles, des essais, des discours mais aussi des contes philosophiques Candide, L’Ingénu de Voltaire ou des œuvres épistolaires sont les genres les plus fréquents à cette époque . Les Lettres Persanes, qui sont le récit de la correspondance fictive entre deux Persans, permettent en 1721 à Montesquieu de critiquer la société française sans risquer la censure. Les auteurs significatifs de cette période sont Jean-Jacques Rousseau, Jean le Rond D’Alembert, Olympe de QU’IL FAUT RETENIRRelecture de la pensée antique et en l’Homme. ● Questionnements sur l’éducation, la politique, la religion. ● Formalisme et codification bienséance et beau langage. ● Idéal de l’honnête de la contre l’obscurantisme de la monarchie absolue et des injustices progrès est lié à la raison et aux lieux de savoirs ouverts à tous.
I La fable, un moyen de nous divertir. La fable est contée avec un certain aspect simple sans ennuyer le lecteur , en effet il y a des fabulistes comme jean de lafontaine qui utilisent des animaux pour représenter leur personnages cela donne alors une ambiance distrayante et détendue du texte. Ce choix est également utile pour éviter

INSTRUIRE ET PLAIRELes auteurs des XVIIème et XVIIIème siècles ne pouvaient se satisfaire pleinement du discours didactique sérieux ils ont donc conçu des stratégies qui servaient leur engagement et ménageaient le plaisir de la AUX ARMES DE L'ESPRITHéritière de l'apologue antique, la fable emprunte chez Jean de La Fontaine cent masques divers, et se glisse dans les allées du pouvoir. Charles Perrault, de son côté, redonne vie au conte populaire et Voltaire, un peu plus tard, mêle critique et fantaisie, dans le conte philosophique. D'autres, pendant ce temps, tracent des chemins originaux, préférant les formes brèves ou dialoguées. DES FABLES POUR PLAIRE ET INSTRUIRE...Sources anciennes Lorsqu'en 1668 paraît le recueil intitulé Fables choisies mises en vers par M. de La Fontaine, leur auteur a 47 ans. Le genre n'est pas nouveau le Grec ESOPE VIème siècle av. vient d'être traduit en latin et un autre fabuliste, PHEDRE Latin du 1er siècle ap. avait enseigné une morale en privilégiant la mise en scène d'animaux. La Fontaine reconnaît qu'il imite ces grands prédécesseurs, mais il revendique une volonté nouvelle avec le "charme et l'air agréable" de la poésie, "habiller des livrées des Muses", des historiettes destinées à "instruire et plaire".240 fables en 25 ans !Le succès des six premiers livres du 1er recueil est immédiat après deux réimpressions de 1668, il y aura trois rééditions l'année suivante. Désormais, La Fontaine ne cesse plus de composer son intense activité poétique donne naissance, en mai 1678, aux livres VII et VIII de la nouvelle édition, suivis en 1679 des livres IX à XI. Le livre XII clôt le recueil de lyriques, satiriques ou philosophiques..."Je me sers d'animaux pour instruire les hommes", affirme le fabuliste. Il renoue avec la fable animalière cf. ESOPE ou PHEDRE, les animaux sont les protagonistes privilégiés et sont dotés de caractéristiques traditionnelles qui permettent de glisser des critiques et de faire réfléchir sur les comportements. La fantaisie poétique s'épanouit en une "comédie à cent actes divers", dont les acteurs se nomment "Le Corbeau et le Renard", "Le Loup et le Chien", mais aussi "L'Huître et les plaideurs", "Le Chêne et le Roseau"...La 2ème livraison des Fables ajoute une autre source d'inspiration l'Indien PILPAY IIIème siècle. Les sujets sont désormais plus politiques, religieux et philosophiques, la poésie élégiaque fait son apparition "Les Animaux malades de la peste", "Le Vieillard et les trois jeunes gens", "Les Deux Pigeons" notamment appartiennent à cette galerie de nouveaux aussi chez PILPAY que La Fontaine trouvera ses modèles pour les fables du livre XII l'intervention du fabuliste se fait plus nette et la réflexion philosophique domine dans "Le Cerf malade", "Le Singe" ou "Le Philosophe scythe".Le corps et l'âme de la fableLues et étudiées dans les écoles du vivant de leur auteur, les Fables accompagnèrent par la suite des générations d'élèves dans l'apprentissage de la nature humaine et de la vie en société. Les Fables ont une apparence simple l'univers des animaux est proche de l'enfance, la leçon est souvent donnée explicitement à la fin... Pourtant elles sont souvent plus ambiguës qu'il n'y paraît. Elles recèlent des nuances subtiles. OEuvre ouverte, parfois contradictoire, jamais définitive, les Fables sont tantôt lues comme un éloge appuyé de l'ordre monarchique, tantôt comprises comme une dénonciation des abus de ce même pouvoir. Elles posent aussi sur l'humanité un regard sombre et féroce. La satire permet également de se moquer des petits et des grands travers des les Fables sont d'abord une oeuvre poétique utilisant toutes les ressources de la métrique, jouant sur les rythmes et les sonorités, elles créent un univers autonome. Les hommes et les animaux surgissent dans la vérité de leur caractère, au milieu de paysages familiers, et toujours sous le regard amusé de La Fontaine. QUAND LA FONTAINE FAIT L’ELOGE DE L’APOLOGUE …L'apologue est composé de deux parties, dont on peut appeler l'une le corps, l'autre l'âme. Le corps est la fable ; l'âme, la moralité. Préface des FablesPlutôt que d'être réduits à corriger nos habitudes, il faut travailler à les rendre bonnes pendant qu'elles sont encore indifférentes au bien ou au mal. Or quelle méthode y peut contribuer plus utilement que ces fables ? Dites à un enfant que Crassus, allant contre les Parthes, s'engagea dans leur pays sans considérer comment il en sortirait ; que cela le fit périr, lui et son armée, quelque effort qu'il fit pour se retirer. Dites au même enfant que le renard et le bouc descendirent au fond d'un puits pour y éteindre leur soif ; que le renard en sortit s'étant servi des épaules et des cornes de son camarade comme d'une échelle ; au contraire, le bouc y demeura pour n'avoir pas eu tant de prévoyance ; et par conséquent il faut considérer en toute chose la fin . Je demande lequel de ces deux exemples fera le plus d'impression sur cet enfant ne s'arrêtera-t-il pas au dernier, comme plus conforme et moins disproportionné que l'autre à la petitesse de son esprit ? Préface des FablesS'il y a quelque chose d'ingénieux dans la république des lettres, on peut dire que c'est la manière dont Esope a débité sa morale. Il serait véritablement à souhaiter que d'autres mains que les miennes y eussent ajouté les ornements de la poésie, puisque le plus sage des anciens a jugé qu'ils n'y étaient pas inutiles. J'ose, Monseigneur, vous en présenter quelques essais. C'est un entretien convenable à vos premières années. Vous êtes en un âge où l'amusement et les jeux sont permis aux princes; mais en même temps, vous devez donner quelques unes de vos pensées à des réflexions sérieuses. Tout cela se rencontre aux fables que nous devons à Esope. L'apparence en est puérile, je le confesse, mais ces puérilités servent d'enveloppe à des vérités importantes. […] Dédicace des Fables A Monseigneur le DauphinLes fables ne sont pas ce qu'elles semblent être ;Le plus simple animal nous y tient lieu de morale nue apporte de l'ennui Le conte fait passer le précepte avec ces sortes de feinte il faut instruire et plaire,Et conter pour conter me semble peu d' par cette raison qu'égayant leur esprit,Nombre de gens fameux en ce genre ont ont fui l'ornement et le trop d' ne voit point chez eux de parole perdue. Début de la fable Le pâtre et le lion, Livre VIL'apologue est un don qui vient des Immortels; Ou, si c'est un présent des hommes,Quiconque nous l'a fait mérite des autels Nous devons, tous tant que nous sommes, Eriger en divinitéLe sage par qui fut ce bel art proprement un charme il rend l'âme attentive, Ou plutôt il la tient captive, Nous attachant à des récitsQui mènent à son gré les coeurs et les esprits.Dédicace du second recueil des Fables à Mme de Montespan SATIREPièce de vers où l'auteur attaque les vices et les ridicules de son temps. Pamphlet ordinairement mêlé de prose et de vers, dans lequel on s'attaque aux mœurs publiques. Écrit, propos, œuvre par lesquels on raille ou on critique vivement quelqu'un ou quelque chose par exemple un film peut être une satire des mœurs LA FONTAINE dans ses Fables, VOLTAIRE dans ses contes philosophiques, mettent en oeuvre une plume satirique ils recourent volontiers à l'ironie ce qui exige du lecteur un décryptage du texte mais aussi au registre satirique. En effet, ils s'ingénient à ridiculiser les travers de la société et des hommes. Ainsi le moraliste et le philosophe amènent le lecteur à dégager l'implicite de leurs récits. La lecture doit donc être active et vigilante puisqu'il faut repérer les indices de l'ironie et les procédés de la satire. La dimension critique des fables et des contes philosophiques demande une attention aiguë car il faut être en mesure de reformuler explicitement les messages critiques sous-entendus. LA FONTAINE recourt aussi assez souvent au discours indirect libre pour mettre à distance des propos qui doivent nous paraître scandaleux, comme lors des réactions des courtisans dans "Les Animaux malades de la peste" pour désigner le pauvre Ane - qui n'est guère coupable en vérité mais qui sera sacrifié par la communauté animale - , le fabuliste use des mots "pelé", "galeux", "maudit animal" pour traduire les propos haineux de ses attaquants. La Fontaine donne à entendre la mauvaise foi des puissants qui s'en prennent aisément aux petites gens pour conjurer les fléaux tels que la peste. La morale explicite confirme cette lecture et l'enjeu critique de la fable "Selon que vous serez puissant ou misérable Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir." LA FONTAINE L'Homme et la CouleuvreUn Homme vit une Couleuvre. Ah ! méchante, dit-il, je m'en vais faire une oeuvre Agréable à tout l'univers. A ces mots, l'animal pervers C'est le serpent que je veux dire Et non l'homme on pourrait aisément s'y tromper, A ces mots, le serpent, se laissant attraper, Est pris, mis en un sac ; et, ce qui fut le pire, On résolut sa mort, fût-il coupable ou non. Afin de le payer toutefois de raison, L'autre lui fit cette harangue Symbole des ingrats, être bon aux méchants, C'est être sot, meurs donc ta colère et tes dents Ne me nuiront jamais. Le Serpent, en sa langue, Reprit du mieux qu'il put S'il fallait condamner Tous les ingrats qui sont au monde, A qui pourrait-on pardonner ? Toi-même tu te fais ton procès. Je me fonde Sur tes propres leçons ; jette les yeux sur toi. Mes jours sont en tes mains, tranche-les ta justice, C'est ton utilité, ton plaisir, ton caprice ; Selon ces lois, condamne-moi ; Mais trouve bon qu'avec franchise En mourant au moins je te dise Que le symbole des ingrats Ce n'est point le serpent, c'est l'homme. Ces paroles Firent arrêter l'autre ; il recula d'un pas. Enfin il repartit Tes raisons sont frivoles Je pourrais décider, car ce droit m'appartient ; Mais rapportons-nous-en. Soit fait, dit le reptile. Une Vache était là, l'on l'appelle, elle vient ; Le cas est proposé ; c'était chose facile Fallait-il pour cela, dit-elle, m'appeler ? La Couleuvre a raison ; pourquoi dissimuler ? Je nourris celui-ci depuis longues années ; Il n'a sans mes bienfaits passé nulles journées ; Tout n'est que pour lui seul ; mon lait et mes enfants Le font à la maison revenir les mains pleines ; Même j'ai rétabli sa santé, que les ans Avaient altérée, et mes peines Ont pour but son plaisir ainsi que son besoin. Enfin me voilà vieille ; il me laisse en un coin Sans herbe ; s'il voulait encor me laisser paître ! Mais je suis attachée ; et si j'eusse eu pour maître Un serpent, eût-il su jamais pousser si loin L'homme, tout étonné d'une telle sentence, Dit au Serpent Faut-il croire ce qu'elle dit ? C'est une radoteuse ; elle a perdu l'esprit. Croyons ce Boeuf. Croyons, dit la rampante bête. Ainsi dit, ainsi fait. Le Boeuf vient à pas lents. Quand il eut ruminé tout le cas en sa tête, Il dit que du labeur des ans Pour nous seuls il portait les soins les plus pesants, Parcourant sans cesser ce long cercle de peines Qui, revenant sur soi, ramenait dans nos plaines Ce que Cérès nous donne, et vend aux animaux ; Que cette suite de travaux Pour récompense avait, de tous tant que nous sommes, Force coups, peu de gré ; puis, quand il était vieux, On croyait l'honorer chaque fois que les hommes Achetaient de son sang l'indulgence des Dieux. Ainsi parla le Boeuf. L'Homme dit Faisons taire Cet ennuyeux déclamateur ; Il cherche de grands mots, et vient ici se faire, Au lieu d'arbitre, accusateur. Je le récuse aussi. L'arbre étant pris pour juge, Ce fut bien pis encore. Il servait de refuge Contre le chaud, la pluie, et la fureur des vents ; Pour nous seuls il ornait les jardins et les champs. L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il sût faire ; Il courbait sous les fruits ; cependant pour salaire Un rustre l'abattait, c'était là son loyer, Quoique pendant tout l'an libéral il nous donne Ou des fleurs au Printemps, ou du fruit en Automne ; L'ombre l'Eté, l'Hiver les plaisirs du foyer. Que ne l'émondait-on, sans prendre la cognée ? De son tempérament il eût encor vécu. L'Homme trouvant mauvais que l'on l'eût convaincu, Voulut à toute force avoir cause gagnée. Je suis bien bon, dit-il, d'écouter ces gens-là. Du sac et du serpent aussitôt il donna Contre les murs, tant qu'il tua la bête. On en use ainsi chez les grands. La raison les offense ; ils se mettent en tête Que tout est né pour eux, quadrupèdes, et gens, Et serpents. Si quelqu'un desserre les dents, C'est un sot. J'en conviens. Mais que faut-il donc faire ? - Parler de loin, ou bien se FONTAINE, "L'Homme et la Couleuvre", Fables REMARQUES SUR "L'HOMME ET LA COULEUVRE" L’origine de cet apologue est indienne. Voyez le Livre des lumières, ch. III, fable 3, et le Pantcha Tantra, traduit par l’abbé Dubois, Paris, 1826, p. 39 à 54. Remarquez dans l’apologue indien l’intervention d’un autre personnage qui accentue bien plus vivement la conclusion. L’homme a sauvé le serpent des flammes en lui tendant un sac au bout d’une perche. Il l’a laissé sortir du sac, et c’est alors que le serpent veut mordre son bienfaiteur. Au reproche que l’homme lui adresse, il répond qu’il ne fait que suivre les exemples que lui-même lui donne, et propose d’en appeler au témoignage de la vache et de l’arbre. Ceux-ci répondent comme l’on sait. Mais le renard est consulté à son tour. Il se fait raconter l’aventure ; il feint de mettre en doute que le serpent ait pu entrer dans un si petit sac et demande à voir cela de ses propres yeux. Le serpent, pour le convaincre, rentre dans le renard dit alors à l’homme Tu es maître de la vie de ton ennemi ; sers-toi de cette occasion ». L’homme ne se le fait pas dire deux fois et écrase le serpent contre une pierre. La leçon, comme on le voit, est digne des temps barbares. La moralité de La Fontaine "Parler de loin ou bien se taire" n’est guère meilleure ; elle décèle une époque trop civilisée et exprime la prudence et la sagesse vile des courtisans. Illustration de "L'Homme et la Couleuvre" par OUDRY LE LION, LE LOUP ET LE RENARDUn Lion décrépit, goutteux, n’en pouvant plus,Voulait que l’on trouvât remède à la vieillesse Alléguer l’impossible aux Rois, c’est un parmi chaque espèceManda des Médecins ; il en est de tous arts Médecins au Lion viennent de toutes parts ;De tous côtés lui vient des donneurs de les visites qui sont faites,Le Renard se dispense, et se tient clos et Loup en fait sa cour, daube au coucher du RoiSon camarade absent ; le Prince tout à l’heureVeut qu’on aille enfumer Renard dans sa demeure,Qu’on le fasse venir. Il vient, est présenté ;Et, sachant que le Loup lui faisait cette affaire Je crains, Sire, dit-il, qu’un rapport peu sincère,Ne m’ait à mépris imputéD’avoir différé cet hommage ;Mais j’étais en pèlerinage ;Et m’acquittais d’un voeu fait pour votre j’ai vu dans mon voyageGens experts et savants ; leur ai dit la langueurDont votre Majesté craint à bon droit la ne manquez que de chaleur Le long âge en vous l’a détruite D’un Loup écorché vif appliquez-vous la peauToute chaude et toute fumante ;Le secret sans doute en est beauPour la nature Loup vous servira,S’il vous plaît, de robe de Roi goûte cet avis-là On écorche, on taille, on démembreMessire Loup. Le Monarque en soupa,Et de sa peau s’enveloppa ;Messieurs les courtisans, cessez de vous détruire Faites si vous pouvez votre cour sans vous mal se rend chez vous au quadruple du daubeurs ont leur tour d’une ou d’autre manière Vous êtes dans une carrièreOù l’on ne se pardonne rien. Commentaires et analyses par Chamfort . 5. . . . . Il en est de tous ne sais ce que cela veut dire. Veut-il dire. que , dans toutes les professions , il y a des gens qui se mêlent de médecine ? en ce cas , cela est mal exprimé. Ce n’est pas sa 10. …. Daube , au coucher du roi,Son camarade absent. …On dit, sur ce trait, dans l’éloge de La Fontaine Suis-je dans l’antre du lion ? suis-je à la cour ? On pourrait presque ajouter que. l’illusion se prolonge jusqu’à la fin de cette charmante fable. Têtes de boucTêtes de chatTêtes d'aigleCharles LE BRUN 1619-1690, Etudes physiognomoniques 1668Figure majeure de l'art classique, architecte et décorateur, Le Brun conduisit les aménagements du château de Versailles pour la plus grande gloire de Louis XIV. Il fut aussi un théoricien sa réflexion sur l'influence des émotions dans l'expression du visage objet de la physiognomonie l'a conduit à une série de dessins où il confronte des visages humains et des têtes animales, afin de tracer des correspondances entre physionomie et caractère. Les frontières entre hommes et animaux s'en trouvent physiognomonie à pour objet la c UN FABULISTE DU XVIIIème SIECLE FLORIAN 1755-1794La fable et la vérité, Fables, livre ILa vérité, toute nue,Sortit un jour de son attraits par le temps étaient un peu détruits ;Jeune et vieux fuyaient à sa pauvre vérité restait là morfondue,Sans trouver un asile où pouvoir ses yeux vient se présenterLa fable, richement vêtue,Portant plumes et diamants,La plupart faux, mais très ! Vous voilà ! Bon jour, dit-elle Que faites-vous ici seule sur un chemin ?La vérité répond vous le voyez, je gêle ;Aux passants je demande en vainDe me donner une retraite,Je leur fais peur à tous hélas ! Je le vois bien,Vieille femme n'obtient plus êtes pourtant ma cadette,Dit la fable, et, sans vanité,Partout je suis fort bien reçue Mais aussi, dame vérité,Pourquoi vous montrer toute nue ?Cela n'est pas adroit tenez, arrangeons-nous ;Qu'un même intérêt nous rassemble Venez sous mon manteau, nous marcherons le sage, à cause de vous,Je ne serai point rebutée ;A cause de moi, chez les fousVous ne serez point maltraitée Servant, par ce moyen, chacun selon son goût,Grâce à votre raison, et grâce à ma folie,Vous verrez, ma soeur, que partoutNous passerons de compagnie. LE CONTE PHILOSOPHIQUE Ce genre triomphe au XVIIIème siècle avec Voltaire exploitant les ingrédients merveilleux et exotiques du conte, le récit suit l'itinéraire vagabond d'un héros dont le nom est déjà un programme Candide, l'Ingénu, Micromégas... Ses aventures - sur le mode ironique et satirique - témoignent apparemment de beaucoup de naïveté, mais elles délivrent finalement une réflexion critique sur la politique, la morale ou la religion. Au XXème siècle, on retrouve cette vocation dans des formes brèves, à mi-chemin entre le conte et la nouvelle chez Kafka, Buzzati ou DE LA GUERRE DENONCIATION DE L'HORREUR ET DE L'ABSURDITE DE LA GUERRECHAPITRE TROISIEMECOMMENT CANDIDE SE SAUVA D'ENTRE LES BULGARES, ET CE QU'IL DEVINT Rien n'était si beau, si leste, si brillant, si bien ordonné que les deux armées. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons, formaient une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer. Les canons renversèrent d'abord à peu près six mille hommes de chaque côté ; ensuite la mousqueterie ôta du meilleur des mondes environ neuf à dix mille coquins qui en infectaient la surface. La baïonnette fut aussi la raison suffisante de la mort de quelques milliers d'hommes. Le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes. Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu'il put pendant cette boucherie héroïque. Enfin, tandis que les deux rois faisaient chanter des Te Deum chacun dans son camp, il prit le parti d'aller raisonner ailleurs des effets et des causes. Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants, et gagna d'abord un village voisin ; il était en cendres c'était un village abare que les Bulgares avaient brûlé, selon les lois du droit public. Ici des vieillards criblés de coups regardaient mourir leurs femmes égorgées, qui tenaient leurs enfants à leurs mamelles sanglantes ; là des filles éventrées après avoir assouvi les besoins naturels de quelques héros rendaient les derniers soupirs ; d'autres, à demi brûlées, criaient qu'on achevât de leur donner la mort. Des cervelles étaient répandues sur la terre à côté de bras et de jambes coupés. Candide s'enfuit au plus vite dans un autre village il appartenait à des Bulgares, et des héros abares l'avaient traité de même. Candide, toujours marchant sur des membres palpitants ou à travers des ruines, arriva enfin hors du théâtre de la guerre, portant quelques petites provisions dans son bissac, et n'oubliant jamais Mlle Cunégonde. Ses provisions lui manquèrent quand il fut en Hollande ; mais ayant entendu dire que tout le monde était riche dans ce pays-là, et qu'on y était chrétien, il ne douta pas qu'on ne le traitât aussi bien qu'il l'avait été dans le château de monsieur le baron avant qu'il en eût été chassé pour les beaux yeux de Mlle du chapitre 3 de Candide - Voltaire Caricature de VOLTAIRE par SAVIGNAC SATIRE DE LA JUSTICE ZADIG OU LA DESTINEE, VOLTAIRE Un jour, se promenant auprès d'un petit bois, il vit accourir à lui un eunuque de la reine, suivi de plusieurs officiers qui paraissaient dans la plus grande inquiétude, et qui couraient çà et là comme des hommes égarés qui cherchent ce qu'ils ont perdu de plus précieux. Jeune homme, lui dit le premier eunuque, n'avez-vous point vu le chien de la reine ? » Zadig répondit modestement C'est une chienne, et non pas un chien. » Vous avez raison, reprit le premier eunuque. — C'est une épagneule très petite, ajouta Zadig ; elle a fait depuis peu des chiens ; elle boite du pied gauche de devant, et elle a les oreilles très longues. — Vous l'avez donc vue ? dit le premier eunuque tout essoufflé. Non, répondit Zadig, je ne l'ai jamais vue, et je n'ai jamais su si la reine avait une chienne. Précisément dans le même temps, par une bizarrerie ordinaire de la fortune, le plus beau cheval de l'écurie du roi s'était échappé des mains d'un palefrenier dans les plaines de Babylone. Le grand veneur et tous les autres officiers couraient après lui avec autant d'inquiétude que le premier eunuque après la chienne. Le grand veneur s'adressa à Zadig, et lui demanda s'il n'avait point vu passer le cheval du roi. C'est, répondit Zadig, le cheval qui galope le mieux ; il a cinq pieds de haut, le sabot fort petit ; il porte une queue de trois pieds et demi de long ; les bossettes de son mors sont d'or à vingt-trois carats ; ses fers sont d'argent à onze deniers. — Quel chemin a-t-il pris ? où est-il ? demanda le grand veneur. — Je ne l'ai point vu, répondit Zadig, et je n'en ai jamais entendu parler. » Le grand veneur et le premier eunuque ne doutèrent pas que Zadig n'eût volé le cheval du roi et la chienne de la reine ; ils le firent conduire devant l'assemblée du grand Desterham, qui le condamna au knout, et à passer le reste de ses jours en Sibérie. A peine le jugement fût-il rendu qu'on retrouva le cheval et la chienne. Les juges furent dans la douloureuse nécessité de réformer leur arrêt ; mais ils condamnèrent Zadig à payer quatre cents onces d'or, pour avoir dit qu'il n'avait point vu ce qu'il avait vu. Il fallut d'abord payer cette amende ; après quoi il fut permis à Zadig de plaider sa cause au conseil du grand Desterham ; il parla en ces termes Étoiles de justice, abîmes de science, miroirs de vérité qui avez la pesanteur du plomb, la dureté du fer, l'éclat du diamant, et beaucoup d'affinité avec l'or, puisqu'il m'est permis de parler devant cette auguste assemblée, je vous jure par Orosmade, que je n ai jamais vu la chienne respectable de la reine, ni le cheval sacré du roi des rois. Voici ce qui m'est arrivé Je me promenais vers le petit bois où j'ai rencontré depuis le vénérable eunuque et le très illustre grand veneur. J'ai vu sur le sable les traces d'un animal, et j'ai jugé aisément que c'étaient celles d'un petit chien. Des sillons légers et longs imprimés sur de petites éminences de sable entre les traces des pattes m'ont fait connaître que c'était une chienne dont les mamelles étaient pendantes et qu'ainsi elle avait fait des petits il y a peu de jours. D'autres traces en un sens différent, qui paraissaient toujours avoir rasé la surface du sable à côté des pattes de devant, m'ont appris qu'elle avait les oreilles ; très longues ; et comme j'ai remarqué que le sable était toujours moins creusé par une patte que par les trois autres, j'ai compris que la chienne de notre auguste reine était un peu boiteuse, si je l'ose dire. »Voltaire - Zadig ou La Destinée - Extrait du chapitre III DIALOGUE DU CHAPON ET DE LA POULARDEL’apologue est un moyen privilégié pour moraliser, et il prend la forme d’une fable, d’un conte, ou même d’un dialogue comme c’est le cas pour celui du chapon et de la poularde. Dans l’extrait ci-dessous, l’auteur, VOLTAIRE, démontre, dans un but moralisateur, l’absurdité de la conduite des hommes, de leurs traditions, et en profite pour railler la religion et ce qui s’y rapporte. SATIRE DE LA RELIGIONLE CHAPON. - Eh, mon Dieu ! ma poule, te voilà bien triste, qu’as-tu ?LA POULARDE. - Mon cher ami, demande-moi plutôt ce que je n’ai plus. Une maudite servante m’a prise sur ses genoux, m’a plongé une longue aiguille dans le cul, a saisi ma matrice, l’a roulée autour de l’aiguille, l’a arrachée et l’a donnée à manger à son chat. Me voilà incapable de recevoir les faveurs du chantre du jour, et de CHAPON. - Hélas! ma bonne, j’ai perdu plus que vous ; ils m’ont fait une opération doublement cruelle ni vous ni moi n’aurons plus de consolation dans ce monde ; ils vous ont fait poularde, et moi chapon. La seule idée qui adoucit mon état déplorable, c’est que j’entendis ces jours passés, près de mon poulailler, raisonner deux abbés italiens à qui on avait fait le même outrage afin qu’ils pussent chanter devant le pape avec une voix plus claire. Ils disaient que les hommes avaient commencé par circoncire leurs semblables, et qu’ils finissaient par les châtrer ils maudissaient la destinée et le genre POULARDE. - Quoi ! c’est donc pour que nous ayons une voix plus claire qu’on nous a privés de la plus belle partie de nous-mêmes ?LE CHAPON. - Hélas ! ma pauvre poularde, C’est pour nous engraisser, et pour nous rendre la chair plus POULARDE. - Eh bien! quand nous serons plus gras, le seront-ils davantage ?LE CHAPON. - Oui, car ils prétendent nous POULARDE. - Nous manger ! ah, les monstres !LE CHAPON. - C’est leur coutume ; ils nous mettent en prison pendant quelques jours, nous font avaler une pâtée dont ils ont le secret, nous crèvent les yeux pour que nous n’ayons point de distraction ; enfin, le jour de la fête étant venu, ils nous arrachent les plumes, nous coupent la gorge, et nous font rôtir. On nous apporte devant eux dans une large pièce d’argent ; chacun dit de nous ce qu’il pense ; on fait notre oraison funèbre l’un dit que nous sentons la noisette ; l’autre vante notre chair succulente ; on loue nos cuisses, nos bras, notre croupion ; et voilà notre histoire dans ce bas monde finie pour POULARDE. - Quels abominables coquins ! je suis prête à m’évanouir. Quoi! on m’arrachera les yeux ! on me coupera le cou ! je serai rôtie et mangée ! Ces scélérats n’ont donc point de remords ?LE CHAPON. - Non, m’amie ; les deux abbés dont je vous ai parlé disaient que les hommes n’ont jamais de remords des choses qu’ils sont dans l’usage de POULARDE. - La détestable engeance ! Je parie qu’en nous dévorant ils se mettent encore à rire et à faire des contes plaisants, comme si de rien n’ CHAPON. - Vous l’avez deviné ; mais sachez pour votre consolation si c’en est une que ces animaux, qui sont bipèdes comme nous, et qui sont fort au-dessous de nous, puisqu’ils n’ont point de plumes, en ont usé ainsi fort souvent avec leurs semblables. J’ai entendu dire à mes deux abbés que tous les empereurs chrétiens et grecs ne manquaient jamais de crever les deux yeux à leurs cousins et à leurs frères ; que même, dans le pays où nous sommes, il y avait eu un nommé Débonnaire qui fit arracher les yeux à son neveu Bernard. Mais pour ce qui est de rôtir des hommes, rien n’a été plus commun parmi cette espèce. Mes deux abbés disaient qu’on en avait rôti plus de vingt mille pour de certaines opinions qu’il serait difficile à un chapon d’expliquer, et qui ne m’importent POULARDE. - C’était apparemment pour les manger qu’on les CHAPON. - Je n’oserais pas l’assurer ; mais je me souviens bien d’avoir entendu clairement qu’il y a bien des pays, et entre autres celui des Juifs, où les hommes se sont quelquefois mangés les uns les POULARDE. - Passe pour cela. Il est juste qu’une espèce si perverse se dévore elle-même, et que la terre soit purgée de cette race. Mais moi qui suis paisible, moi qui n’ai jamais fait de mal, moi qui ai même nourri ces monstres en leur donnant mes oeufs, être châtrée, aveuglée, décollée, et rôtie ! Nous traite-t-on ainsi dans le reste du monde ?LE CHAPON. - Les deux abbés disent que non. Ils assurent que dans un pays nommé l’Inde, beaucoup plus grand, plus beau, plus fertile que le nôtre, les hommes ont une loi sainte qui depuis des milliers de siècles leur défend de nous manger ; que même un nommé Pythagore, ayant voyagé chez ces peuples justes, avait rapporté en Europe cette loi humaine, qui fut suivie par tous ses disciples. Ces bons abbés lisaient Porphyre le Pythagoricien, qui a écrit un beau livre contre les broches. O le grand homme ! le divin homme que ce Porphyre ! Avec quelle sagesse, quelle force, quel respect tendre pour la Divinité il prouve que nous sommes les alliés et les parents des hommes; que Dieu nous donna les mêmes organes, les mêmes sentiments, la même mémoire, le même germe inconnu d’entendement qui se développe dans nous jusqu’au point déterminé par les lois éternelles, et que ni les hommes ni nous ne passons jamais ! En effet, ma chère poularde, ne serait-ce pas un outrage à la Divinité de dire que nous avons des sens pour ne point sentir, une cervelle pour ne point penser ? Cette imagination digne, à ce qu’ils disaient, d’un fou nommé Descartes, ne serait-elle pas le comble du ridicule et la vaine excuse de la barbarie ?Aussi les plus grands philosophes de l’antiquité ne nous mettaient jamais à la broche. Ils s’occupaient à tâcher d’apprendre notre langage, et de découvrir nos propriétés si supérieures à celles de l’espèce humaine. Nous étions en sûreté avec eux comme dans l’âge d’or. Les sages ne tuent point les animaux, dit Porphyre ; il n’y a que les barbares et les prêtres qui les tuent et les mangent. Il fit cet admirable livre pour convertir un de ses disciples qui s’était fait chrétien par POULARDE. - Eh bien! dressa-t-on des autels à ce grand homme qui enseignait la vertu au genre humain, et qui sauvait la vie au genre animal?LE CHAPON. - Non, il fut en horreur aux chrétiens qui nous mangent, et qui détestent encore aujourd’hui sa mémoire ; ils disent qu’il était impie, et que ses vertus étaient fausses, attendu qu’il était POULARDE. - Que la gourmandise a d’affreux préjugés ! J’entendais l’autre jour, dans cette espèce de grange qui est près de notre poulailler, un homme qui parlait seul devant d’autres hommes qui ne parlaient point. Il s’écriait que Dieu avait fait un pacte avec nous et avec ces autres animaux appelés hommes ; que Dieu leur avait défendu de se nourrir de notre sang et de notre chair». Comment peuvent-ils ajouter à cette défense positive la permission de dévorer nos membres bouillis ou rôtis ? Il est impossible, quand ils nous ont coupé le cou, qu’il ne reste beaucoup de sang dans nos veines ; ce sang se mêle nécessairement à notre chair ; ils désobéissent donc visiblement à Dieu en nous mangeant. De plus, n’est-ce pas un sacrilège de tuer et de dévorer des gens avec qui Dieu a fait un pacte ? Ce serait un étrange traité que celui dont la seule clause serait de nous livrer à la mort. Ou notre créateur n’a point fait de pacte avec nous, ou c’est un crime de nous tuer et de nous faire cuire il n’y a pas de CHAPON. - Ce n’est pas la seule contradiction qui règne chez ces monstres, nos éternels ennemis. Il y a longtemps qu’on leur reproche qu’ils ne sont d’accord en rien. Ils ne font des lois que pour les violer ; et, ce qu’il y a de pis, c’est qu’ils les violent en conscience. Ils ont inventé cent subterfuges, cent sophismes pour justifier leurs transgressions. Ils ne se servent de la pensée que pour autoriser leurs injustices, et n’emploient les paroles que pour déguiser leurs pensées. Figure-toi que, dans le petit pays où nous vivons, il est défendu de nous manger deux jours de la semaine ils trouvent bien moyen d’éluder la loi ; d’ailleurs cette loi, qui te paraît favorable, est très barbare ; elle ordonne que ces jours-là on mangera les habitants des eaux ils vont chercher des victimes au fond des mers et des rivières. Ils dévorent des créatures dont une seule coûte souvent plus de la valeur de cent chapons ils appellent cela jeûner, se mortifier. Enfin je ne crois pas qu’il soit possible d’imaginer une espèce plus ridicule à la fois et plus abominable, plus extravagante et plus POULARDE. - Eh, mon Dieu ! ne vois-je pas venir ce vilain marmiton de cuisine avec son grand couteau ?LE CHAPON. - C’en est fait, m’amie, notre dernière heure est venue ; recommandons notre âme à POULARDE. - Que ne puis-je donner au scélérat qui me mangera une indigestion qui le fasse crever ! Mais les petits se vengent des puissants par de vains souhaits, et les puissants s’en CHAPON. - Aïe ! on me prend par le cou. Pardonnons à nos POULARDE. - Je ne puis ; on me serre, on m’emporte. Adieu, mon cher CHAPON. - Adieu, pour toute l’éternité, ma chère poularde. Le Baron D'Holbach 1723-1789, Le Bon sens, Conte oriental » 1772 Le baron d'Holbach fut collaborateur de l'Encyclopédie, on utilisa ses compétences en chimie et en métallurgie, mais surtout son athéisme et son matérialisme servirent les idéaux des Lumières. Dans Le Bon sens ou Idées naturelles opposées aux Idées surnaturelles, on trouve un bref épisode en forme de conte oriental, dont l'anecdote conduit ironiquement le lecteur à réfléchir à la sagesse divine la Providence. A quelque distance de Bagdad, un dervis, renommé pour sa sainteté, passait des jours tranquilles dans une solitude agréable. Les habitants d'alentour, pour avoir part à ses prières, s'empressaient chaque jour à lui porter des provisions et des présents. Le saint homme ne cessait de rendre grâces à Dieu des bienfaits dont sa Providence le comblait. O Allah ! disait-il, que ta tendresse est ineffable pour tes serviteurs, qu'ai-je fait pour mériter les biens dont ta libéralité m'accable ? O monarque des cieux ! O père de la nature ! quelles louanges pourraient dignement célébrer ta munificence et tes soins paternels ! O Allah ! que tes bontés sont grandes pour les enfants des hommes ! » Pénétré de reconnaissance, notre ermite fit le vœu d'entreprendre pour la septième fois le pèlerinage de La Mecque. La guerre qui subsistait alors entre les Persans et les Turcs, ne put lui faire différer l'exécution de sa pieuse entreprise. Plein de confiance en Dieu, il se met en voyage ; sous la sauvegarde inviolable d'un habit respecté, il traverse sans obstacle les détachements ennemis loin d'être molesté, il reçoit à chaque pas des marques de la vénération du soldat des deux partis. A la fin, accablé de lassitude, il se voit obligé de chercher un asile contre les rayons d'un soleil brûlant ; il le trouve sous l'ombrage frais d'un groupe de palmiers, dont un ruisseau limpide arrosait les racines. Dans ce lieu solitaire, dont la paix n'était troublée que par le murmure des eaux et le ramage des oiseaux, l'homme de Dieu rencontre, non seulement une retraite enchantée, mais encore un repas délicieux ; il n'a qu'à étendre la main pour cueillir des dattes et d'autres fruits agréables ; le ruisseau lui fournit le moyen de se désaltérer bientôt un gazon vert l'invite à prendre un doux repos ; à son réveil il fait l'ablution sacrée et dans un transport d'allégresse, il s'écrie, O Allah ! que tes bontés sont grandes pour les enfants des hommes ! » Bien repu, rafraîchi, plein de force et de gaieté, notre saint poursuit sa route ; elle le conduit quelque temps au travers d'une contrée riante qui n'offre à ses yeux que des coteaux fleuris, des prairies émaillées, des arbres chargés de fruits. Attendri par ce spectacle, il ne cesse d'adorer la main riche et libérale de la providence, qui se montre partout occupée du bonheur de la race humaine. Parvenu un peu plus loin, il trouve quelques montagnes assez rudes à franchir, mais une fois arrivé à leur sommet, un spectacle hideux se présente tout à coup à ses regards ; son âme en est consternée. II découvre une vaste plaine, entièrement désolée par le fer et la flamme ; il la mesure des yeux et la voit couverte de plus de cent mille cadavres, restes déplorables d'une bataille sanglante qui depuis peu de jours s'était livrée dans ces lieux. Les aigles, les vautours, les corbeaux et les loups dévoraient à l'envi les corps morts, dont la terre était jonchée. Cette vue plonge notre pèlerin dans une sombre rêverie le ciel, par une faveur spéciale, lui avait donné de comprendre le langage des bêtes ; il entendit un loup gorgé de chair humaine, qui, dans l'excès de sa joie, s'écriait, O Allah ! que tes bontés sont grandes pour les enfants des loups ! ta sagesse prévoyante a soin d'envoyer des vertiges à ces hommes détestables si dangereux pour nous. Par un effet de ta providence, qui veille sur tes créatures, ces destructeurs de notre espèce s'égorgent les uns les autres, et nous fournissent des repas somptueux. O Allah que tes bontés sont grandes pour les enfants des loups ! » LE VOYAGE LITTERAIRE Entre les XVIIème et XVIIIème siècles, les progrès de la navigation lointaine permettent la conquête d'espaces et de savoirs nouveaux. Les récits de Louis Antoine de BOUGAINVILLE, au retour d'un voyage autour du monde entre 1766 et 1769, ou de Jean François de LA PEROUSE, disparu alors que son navire se trouvait au sud de l'Australie, apportent la certitude que le monde ne se limite pas à l'Europe chrétienne et que l'idée de civilisation est une notion relative. Plus hardis que ceux du XVIIème siècle, les écrivains des Lumières sont eux-mêmes des voyageurs, au moins en Europe et dans le pourtour méditerranéen ; et il n'est pas un seul de leurs voyages qui ne donne lieu à la rédaction de leurs conclusions, tels VOLTAIRE parti pour l'Angleterre ou MONTESQUIEU de retour d'Italie. Mus par la curiosité et par le désir de comprendre, ils mettent ainsi à profit leurs observations pour renverser leur regard et se livrer à des analyses comparatives dont MONTAIGNE humaniste du 16ème siècle, avant eux, avait montré la justesse. Le passage à la fiction permet à ces écrivains plus d'audace et de liberté ainsi naît le héros voyageur, venu de l'espace ex Micromégas chez VOLTAIRE, ou s'y rendant comme le narrateur des Etat et Empires de la Lune, chez Cyrano de BERGERAC, ingénu débarqué d'Amérique dans le conte L'Ingénu, de VOLTAIRE ou faux candides persans en visite en Europe Lettres persanes de MONTESQUIEU. Tous portent un regard "étranger", toujours critique sur la société européenne. La satire prend ainsi à revers la censure et contribue aux changements que la société réclame.

LaVénus De Milo. La Vénus de Milo est une célèbre sculpture grecque de la fin de l'époque hellénistique (vers 130-100 av. J.-C.) qui pourrait représenter la déesse Aphrodite (Vénus Isaure CARRIVE Mardi 18 maiP5Dissertation n°1SUJET Dans l’apologue, le pouvoir des fables », La Fontaine écrit Le monde est vieux, dit-on, je le crois / Cependant il le faut amuser encor comme un enfant ».Pensez-vous que les fables de La Fontaine doivent amuser le lecteur comme un enfant ? Vous répondrez à cette question à l’aide de votre étude sur les Fables, livres VII à classique, Jean de La Fontaine est célèbre pour ses Fables publiées entre 1668et 1694. Il se sert régulièrement de l’imagination afin de les écrire. Il utilise par exemple des animaux en tant que personnages principaux auxquels il arrive des situations allégoriques qui mettent l’accent sur de vrais problèmes sociétaux. Cependant, au XVIIe siècle, l’imagination est un sujet de mésentente entre philosophes et écrivains. Pour La Fontaine, elle permet de faire passer des messages plus forts et peut très bien s’allier à la pensée. De surcroît, l’auteur, en utilisant des personnages animaliers symbolisant la cour, peut formuler des reproches au Roi tout en se prémunissant de la censure. Mais l’imagination sert aussi à divertir et à attirer le lecteur. En effet, La Fontaine déclare Le monde est vieux, dit-on, je le crois / Cependant il le faut amuser encor comme un enfant ».Selon lui, il est important de divertir le lecteur et les fables doivent remplir la fonction de lui plaire. Toutefois, s’agit-il du seul objectif de ses écrits ? Pour répondre à cette question, nous verrons comment les écrits de La Fontaine peuvent séduire le lecteur, ainsi que leur dimension éducative et enfin la prise de position du fabuliste dans ses – Les Fables doivent plaire au lecteur1 La plupart des récits sont mouvementés avec des retournements de situation ; ainsi le lecteur ne s’ennuie pas. Cela permet de le divertir comme un enfant ».Exemples - L’Huître et les Plaideurs » F. 9, L. IX dénouement inattendu lorsque Perrin mange l’huître pour laquelle se battaient les deux pèlerins - Les animaux malades de la peste » F. 1, L. VII revirement de situation car l’animal le moins coupable est celui qui est condamné2 Le lecteur peut s’amuser à reconnaître des personnages de la cour à travers les les figures animalières ou des traits de caractère spécifiques à certains La Cour du Lion » F. 6, L. VII le lion est la figure royale - Le Corbeau et le Renard » F. 2, L. I le renard symbolise la ruse3 Les Fables sont souvent humoristiques pour plaire au lecteur et le faire Le Gland et la Citrouille » L. IX registre de la farce, un homme remet en question l’œuvre de Dieu mais est vite rattrapé par le sort - Les Femmes et le Secret » L. VIII comique car un homme pond un œuf, ce qui était censé être un secret mais qui est connu par 100 personnes
lesfables de la fontaine À l’École philippe rocher décembre 2010 mise à jour : juin 2018. 2 . 3 sommaire introduction premiÈre partie dire, lire, Écrire les fables i. lire les fables i.1. les vers et les rimes i.1.1. « diversité, c’est ma devise » i.1.2. la dimension graphique des fables i.2. morales et rÉcits i.3. la dÉsignation des personnages, et autres difficultÉs liÉes
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FablesJean de La Fontaine Livres ~ Fables de La Fontaine Livres VII à XI Bac 2020 suivi du parcours « Imagination et pensée au XVIIe siècle » Jean de La Fontaine 47 étoiles sur 5 39 Poche 295 € LES FABLES DE LA FONTAINE INTEGRALE nouvelle édition Jean de La Fontaine 45 étoiles sur 5 97 Relié 2495 € Fables Intégrale Jean de LA 47
Fiche en deux parties. Dernière mise à jour 05/06/2022 • Proposé par zetud élève Texte étudié Perrette, sur sa tête ayant un pot de lait Bien posé sur un coussinet, Prétendait arriver sans encombre à la ville. Légère et court vêtue, elle allait à grands pas, Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile, Cotillon simple et souliers plats. Notre laitière ainsi troussée Comptait déjà dans sa pensée Tout le prix de son lait; en employant l'argent; Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couvée La chose allait à bien par son soin diligent. Il m'est, disait-elle, facile D'élever des poulets autour de ma maison; Le renard sera bien habile S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon. Le porc à s'engraisser coûtera peu de son; Il était, quand je l'eus, de grosseur raisonnable J'aurai, le revendant, de l'argent bel et bon. Et qui m'empêchera de mettre en notre étable, Vu le prix dont il est, une vache et son veau, Que je verrai sauter au milieu du troupeau?" Perrette, là-dessus, saute aussi, transportée Le lait tombe; adieu veau, vache, cochon, couvée. La dame de ces biens, quittant d'un oeil marri Sa fortune ainsi répandue, Va s'excuser à son mari, En grand danger d'être battue. Le récit en farce en fut fait; On l'appela le pot au lait. Quel esprit ne bat la campagne? Qui ne fait châteaux en Espagne? Picrochole1, Pyrrhus2, la laitière, enfin tous, Autant les sages que les fous. Chacun songe en veillant; il n'est rien de plus doux Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes; Tout le bien du monde est à nous, Tous les honneurs, toutes les femmes. Quand je suis seul, je fais aux plus braves un défi; Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi3; On m'élit roi, mon peuple m'aime; Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même, Je suis Gros-Jean comme devant. 1. Picrochole Voir "Gargantua" de Rabelais. Le personnage s’imagine pouvoir se rendre maître de l’univers par ses conquêtes. 2. Pyrrhus Roi d’Epire 2e s. av. Il était particulièrement ambitieux 3. Le Sophi Le roi de Perse. La Fontaine, Les Fables - La Laitière et le Pot au lait Cette fable, la dixième du livre VII du deuxième recueil des Fables, publiées par Jean de La Fontaine, poète contemporain de Louis XIV, en 1678, nous relate la mésaventure d'une jeune laitière un peu trop éprise par sa rêverie, qui verra à quel point le retour à la réalité peut être brutal. I. La marche du texte Nous découvrons Perrette en chemin pour la ville l'imparfait " prétendait arriver ", v. 3 ; " allait à grands pas ", v. 4 suppose que l'action est déjà engagée. Le narrateur nous invite donc à suivre le personnage des yeux. Le rythme même des phrases ainsi que le développement du récit semblent épouser la marche physique et le cheminement mental ou la rêverie du personnage. a Le rythme de la marche La longueur des phrases, plus étendues que dans bien des fables de La Fontaine, doit d'abord nous arrêter. La première phrase v. 1 à 6 nous donne à lire une description en mouvement tout se passe comme si l'on voyait le personnage de loin ; Perrette n'est d'abord qu'une simple silhouette que caractérise le pot porté sur la tête. En la regardant s'approcher, on distingue de mieux en mieux les détails vestimentaires le cotillon, les souliers. Le rythme binaire des vers suivants v. 7 à 10 épouse le rythme de la marche en traduisant une sorte de balancement les octosyllabes v. 7-8 alternent avec des alexandrins v. 9-10 ; les vers longs "Achetait un cent d'oeufs,// faisait triple couvée " comme les vers courts " Notre Laitière // ainsi troussée " sont également partagés ou scindés en deux parties égales hémistiches par une pause nettement marquée césure. D'un rythme plus uni, le vers 11 " La chose allait à bien par son soin diligent ", c'est-à-dire avec application et zèle, elle menait son affaire à bien, où la césure est moins marquée, nous fait sentir que Perrette allonge le pas, sous l'effet de son enthousiasme. b Un cheminement mental En même temps que le rythme physique de la marche, le texte nous rend sensible le cheminement mental du personnage. On glisse insensiblement d'un phénomène d'anticipation bien compréhensible après avoir vendu son lait, Perrette devra " employer " l'argent reçu à une rêverie qui s'affranchit peu à peu de la réalité au point d'oublier le moment présent. L'imagination de Perrette s'emballe sans que l'on puisse dire à quel moment exactement. Un jeu subtil sur la valeur des temps verbaux favorise ce glissement l'emploi de l'imparfait au vers 9 " en employait l'argent " peut normalement prendre, dans un récit au passé. une valeur hypothétique proche du conditionnel avec cet argent, je pourrais acheter. par exemple. La valeur de l'imparfait dans le vers suivant " achetait un cent d'oeufs [ ... ] " est déjà sensiblement différente tout se passe comme si Perrette avait déjà oublié la condition de ses projets il faut d'abord vendre le lait, comme si le conditionnel était un futur certain. Un degré supplémentaire est franchi dès le vers 11 mentalement, les oeufs sont déjà couvés. Le temps s'accélère, et c'est logiquement au présent que Perrette s'exprime ensuite au style direct " Il m'est [...] facile ", v. 12. Ce brouillage des repères temporels est mis en lumière dans les vers 14 à 18 les nombreuses occurrences du futur viennent signifier que Perrette se projette dans un avenir de plus en plus lointain. L'avancée est si rapide qu'à peine évoquée au futur, toute action devient aussitôt un passé en regard d'un nouveau projet "Le porc à s'en- graisser coûtera peu de son // Il était quand je l'eus [...] // J'aurai en le revendant [...] " Livrée à son imagination, " transportée ", Perrette vit donc l'avenir au présent " Vu le prix dont il est ", v. 20, au point d'en oublier et le moment présent réel et la condition nécessaire à la chaîne de ses projets le pot au lait qu'elle porte sur sa tête. qu'elle renverse en sautant. II. Une discrète ironie a Chronique d'une catastrophe annoncée On relèvera d'abord, au tout début du texte, des notations qui annoncent la catastrophe finale. Le verbe " prétendre " " Prétendait arriver sans encombre à la ville ", v. 3, qui traduit un sentiment du personnage, peut laisser supposer qu'il n'en ira peut- être pas ainsi. De même, la description du vêtement de Perrette, et l'insistance sur sa légèreté ou son agilité v. 4-5 rendent d'avance vraisemblable le saut fatal du vers souvent chez La Fontaine, la description est à la fois réaliste - une paysanne jeune, un peu coquette, heureuse de se rendre à la ville -, et symbolique personnage aérien et enfantin. Perrette marche comme on danse, et son aisance physique est aussi un signe de sa légèreté, au sens psychologique du terme. En rapportant ensuite les pensées du personnage, le narrateur nous donne à entendre, sans intervenir, la naïveté de Perrette. L'essentiel du texte, du vers 12 jusqu'au vers 23, est au style direct mais avec les vers 9 et 10 on est déjà dans les pensées du personnage. Le vers 10 d'ailleurs est proche du style indirect libre on entend "j'achète d'abord une centaine d'oeufs,je les confie trois par trois à mes poules ". b La chute du récit Le narrateur ne prend véritablement la parole qu'à la fin du récit, construit comme une chute. La formule fameuse, passée en proverbe, " adieu veau, vache, cochon, couvée ", nous fait remonter le fil du texte jusqu'au premier projet de Perrette, catastrophes en cascade comme au jeu des dominos. La désignation du pot par " sa fortune " est clairement ironique avec le lait, c'est toute la richesse imaginée par Perrette qui se répand. L'apparition dans le texte de la figure du " mari " soulignée par la rime comique traditionnelle " marri " = fâché/ mari " participe de la même ironie. Rien jusque là ne laissait supposer que Perrette était mariée, mais, parce que le début du texte nous avait égaré sur une fausse piste en nous laissant rêver à une rencontre galante la paysanne ingénue et coquette qui se rend seule à la ville, nous avons ici le sentiment de " retrouver " quelque chose que nous aurions, comme Perrette, oublié, et de nous être nous aussi laissés prendre au piège de l'imagination. On ne doit pas exclure enfin un jeu de mots sur " battue " si Perrette avait battu son lait en beurre, peut-être aurait- elle sauvé sa fortune et n'aurait-elle pas risqué d'être battue par son mari " ! Conclusion La fable révèle toute la subtilité des récits de La Fontaine un art du détail, un jeu avec le lecteur d'autant plus efficace qu'il est discret. L'ironie du texte est manifestement à l'opposé du comique grossier de la farce évoquée au vers 28. Bonjour Je pense demander à mes élèves de faire un carnet de lecture sur les Fables pour se les approprier. Voilà ce que je pense leur demander : Vous établirez un dossier justifiant d’une lecture attentive des Livres VII à XI des Fables de La Fontaine. Vous choisirez une quinzaine de fables qui vous semblent intéressantes par rapport à la thématique « Marketplace Pouvoir des Fables , La Fontaine Dissertation Français Document électronique Lycée A obtenu la note de 18/20 7 pages Description Cette dissertation traite de la problématique suivante Dans le Pouvoir des Fables », La Fontaine écrit Le monde est vieux, dit-on, je le crois / Cependant il faut l’amuser encore comme un enfant. ». D’après votre lecture des Fables et du parcours Imagination et pensées du XVIIème siècle », pensez-vous que l’imagination serve seulement à distraire et à amuser » ? Le corpus est les fables de La Fontaine du livre VII au livre XI. Extrait Depuis son existence l’Homme a su exploiter sa créativité. Au fil du temps elle est passée de l’agilité des mains à l’intelligence de l’esprit et s’orienta vers les sciences et singulièrement vers l’Art. C’est grâce à cette dernière forme d’intellect que se développe la littérature que l’on connait aujourd’hui. Elle permet de manifester des émotions et de partager le monde intérieur de l’âme humaine. Au XVIIème siècle plusieurs auteurs de cette époque ont mêlé cette créativité et l’écriture. Leu... Ce document ne correspond pas exactement à ce que vous recherchez ? Commandez votre document redigé sur mesure depuis notre service Commander un document Commander un document ou bien via la recherche par mots-clés Ces documents pourraient vous intéresser

Fables livres VII à XI de La Fontaine - BAC Français 1re - Parcours associé Imagination et pensée au XVIIe siècle - édition prescrite - Carrés Classiques Oeuvres Intégrales - EPUB Jean de La Fontaine, Florence Renner, Anne Cassou-Noguès Nathan Oeuvres intégrales BAC

Introduction - XVIIème / classicisme - La Fontaine a donné à la fable, genre jusque là mineur, ses lettres de noblesse véritable genre littéraire, proche des grands genres –théâtre, épopée, poésie… - Cette fable appartient au 1er recueil didactique destiné aux enfants, fables simples, peu développées par rapport au 2ème recueil…. - Fable qui précède Les deux Taureaux et une Grenouille ». Ressemblances deux personnages identiques face à un personnage tout seul ; une morale appliquée à la politique française. Fable qui suit L’Oiseau blessé d’une flèche » la Belette se prétend oiseau v. 13. Une fable peu connue. Le XVIIème siècle est marqué par les écrivains de Cour, tels que Molière, Racine, Corneille et La Fontaine. Auteurs de comédies, de tragédies ou tout simplement de fables, ils exerçaient par leurs écrits une forte influence sous la monarchie absolue de Louis XIV. Molière dresse une piquante satire des petits nobles » dans son Bourgeois Gentilhomme, tandis que La Fontaine plaît à la Cour avec ses deux recueils de Fables, qui tantôt trahissent les intrigues de cour, tantôt offrent au lecteur une vision plus générale de la vie et lui proposent des conseils qui dépassent les mœurs de la Cour proprement dite. Dans La Chauve-souris et les deux Belettes », La Fontaine donne une leçon de sagesse » à celui qui vit dans un milieu plein de dangers et de pièges. Marqué par la prédominance du genre théâtral, il fait de cette fable une petite pièce de théâtre humoristique qui propose une morale très conforme aux principes du classicisme. I- Une esthétique théâtrale très XVIIème siècle » A. Une petite pièce classique, très symétrique Par bien des aspects, La Chauve-souris et les deux Belettes » s’apparente à une petite pièce de théâtre, composée de deux scènes symétriques. - La structure même de la fable, sa composition repose sur deux anecdotes d’égale longueur –environ quinze vers- très similaires dans leur déroulement. Dans les deux scènes », la Chauve-souris atterrit chez une belette et, par sa ruse, arrive à se sauver Par cette adroite répartie, Elle sauva deux fois sa vie ». - Les dialogues, qui occupent la plus grande partie de la fable, concourent à l’impression de symétrie presque parfaite entre les deux scènes –on pourrait dire sketchs » de nos jours. En effet, ils sont très similaires ainsi, la Chauve-souris s’exclame dans la scène 1 » Je suis oiseau voyez mes ailes. Vive la gent qui fend les airs… » v. 13-15 Et, dans la scène 2 Je suis souris vivent les rats ! Jupiter confonde les chats… » v. 26-28 La Fontaine, par ces échos entre les deux dialogues en parallèle, répond au goût classique de la symétrie et de l’équilibre. B. Le souci de la vivacité et de la variété Mais, pour ne pas ennuyer le lecteur par une répétition qui pourrait être lassante, il recourt à de nombreux moyens. - L’abondance de verbes d’action rend le récit trépidant, évite à l’action de stagner et en accélère le rythme ; il s’agit, pour la plupart, de verbes de mouvement, employés au passé simple qui traduit une action rapide et soudaine la Belette accourut », la Chauve-souris donna tête baissée »… La Fontaine utilise aussi, pour camper deux situations semblables, une présentation différente qui introduit de la variété. Ainsi, les circonstances de l’accident dans les deux scènes » ne sont pas rapportées de la même façon Une Chauve-souris donna tête baissée Dans un nid de Belette… » Plus loin, Deux jours après, notre étourdie Aveuglément va se fourrer Chez une autre Belette… » Le ton du fabuliste se fait moins objectif il laisse percer, en même temps qu’un léger reproche, sa sympathie pour sa créature –à travers l’adjectif possessif notre », qui en même temps implique le lecteur- ; le personnage n’est plus désigné froidement par sa race animale, mais par son trait de caractère dominant … - Les similitudes sont aussi compensées par des variantes dans la structure des répliques. Ainsi, la Chauve-souris, bien qu’elle exprime dans chaque scène des sentiments similaires, varie ses expressions et son style Je suis oiseau voyez mes ailes. Vive la gent qui fend les airs » devient, face à deuxième belette Qui fait l’oiseau ? C’est le plumage. Je suis souris vivent les rats ! » Variété dans le rythme des vers, dans la structure syntaxique, Moi, souris ! Des méchants vous ont dit ces nouvelles » v. 11 Moi, pour telle passer ? Vous n’y regardez pas… » v. 21 - Enfin, comme au théâtre, par souci de contracter le temps, La Fontaine varie la façon de rapporter les paroles dans la première anecdote, la Belette s’adresse directement à la Chauve-souris Quoi ! vous osez, … à mes yeux vous produire… » ; dans la deuxième, les réactions de la Belette sont exprimées indirectement et son discours ramassé la dame du logis, … S’en allait la croquer en qualité d’oiseau ». - Variété aussi dans les personnages mentionnés belettes, chats oiseaux… et même l’auteur de cet univers » l’on ne s’attendait guère de voir aussi Jupiter » v. 28 en cette affaire… C. Les ingrédients » d’une pièce de théâtre… - Décors, costumes » et didascalies… La Fontaine mentionne les décors et les costumes » nécessaires à la mise en place –sinon à la mise en scène- de l’anecdote dès le deuxième vers, il précise que l’action se déroule dans un nid de belette », ce qui sollicite l’imagination du lecteur de façon très concrète. L’indication de jeux de scène donne à la fable son allure théâtrale de comédie ainsi la Chauve-souris donna tête baissée » dans un nid de belette ; plus loin, elle déclare Je suis oiseau, voyez mes ailes », propos qui suggèrent ses gestes qui participent au pouvoir de persuasion de son discours. Ces mots jouent le rôle de didascalies internes qui seraient précieuses pour un acteur désireux de mettre en scène » la fable. Cependant, l’absence presque totale d’accessoires rend la pièce » plus sobre, et par là plus conforme à l’esthétique classique, laisse libre cours à l’imagination et en même temps met l’accent sur l’action et la psychologie des personnages. - Des allures de tragédie conflit et suspense - Comme toute pièce de théâtre, l’action repose sur un affrontement –ici double- c’est un conflit immémorial qui oppose deux engeances, deux races », dont l’une aurait tâché de … nuire » à l’autre ; l’une des Belettes est envers les souris de longtemps courroucée », l’autre est aux oiseaux ennemie ». - On pourrait se croire dans l’univers de la tragédie, dans lequel le personnage principal est par deux fois en danger de sa vie ». Le lecteur est pris par un suspense dans lequel se joue le sort de la pauvrette », qui pourrait bien devenir victime. Il se demande si la Chauve-souris, prise une deuxième fois, réussira à se sauver. » Le fabuliste lui laisse même entrevoir la mort tragique de la Chauve-souris la Belette s’en allait la croquer en qualité d’oiseau » ou accourait pour la dévorer ». La réponse à ces interrogations n’est donnée que plus tard, après un long discours argumentatif dans lequel la brièveté de l’octosyllabe –par opposition à l’alexandrin majestueux- traduit le désarroi de la Chauve-souris. - Le vocabulaire lui-même est celui, soutenu, de la tragédie - il est question de courroux », d’ outrage », de sauver sa vie »- et les périphrases contribuent à ce ton la Chauve-souris parle de l’auteur de cet univers » et de la gent qui fend les airs » pour désigner le créateur d’une part, les oiseaux d’autre part. Se parodiant lui-même, La Fontaine mentionne la dame du logis, avec son long museau », qui préfigure la dame au nez pointu » du Chat, la Belette et le Petit Lapin ». II- La bonne humeur d’une comédie A. Le comique de répétition Et pourtant… malgré ces ingrédients » propres à la tragédie, la fable reste une comédie et la bonne humeur, l’humour et la fantaisie de La Fontaine l’emportent. Il s’agit tout d’abord d’un comique de situation. Le fait que la Chauve-souris se laisse attraper » par deux fois par le même animal amuse le lecteur. Plus loin, lorsqu’elle est si prompte à renier ses origines, elle fait sourire Moi, souris ! », Moi, pour telle passer ? ». La structure de l’histoire repose sur la répétition, dont on sait qu’elle est source de comique. La symétrie des répliques de la Chauve-souris, presque identiques d’une fois sur l’autre Vive la gent qui fend les airs ! », Vivent les rats », mais pour soutenir deux thèses diamétralement opposées l’une à l’autre, n’en devient que plus comique. B. La parodie de tragédie - Les expressions qu’elle utilise sont plaisantes dans la bouche d’une Chauve-souris comme une parodie de tragédie ; le décalage entre la nature de l’animal et son parler ampoulé, parfois très soutenu, amuse le lecteur Jupiter confonde les rats ! » aurait, n’étaient les rats », les accents d’une imprécation tragique ! - Mais La Fontaine passe sans scrupules du langage soutenu au langage familier Quoi ! vous oser, dit-elle, à mes yeux vous produire… » s’oppose au verbe familier se fourrer » v. 19. Le verbe croquer » contraste avec l’expression soutenue on lui faisait outrage ». A Jupiter » en début de vers font écho… les chats » ! C. Des personnages amusants et schématiques - Comme dans la comédie, les personnages sont amusants parce que schématiques. L. F. n’esquisse qu’un seul croquis physique, celui d’une des belettes, tournée en caricature La dame du logis avec son long museau ». - Ces personnages, mi-animaux, mi-hommes, sont en fait plus représentés par des traits psychologiques grossis qui les caractérisent. 1 Les deux Belettes ne pensent qu’à croquer » ou dévorer » leur proie, elles n’obéissent qu’à leurs instincts premiers, sans réflexion. Elles sont toutes deux opposées à la Chauve-souris et par leur similitude font penser aux deux pères des Fourberies de Scapin. Elles sont l’image des puissants sans scrupules. 2 La Chauve-souris , elle, est étourdie », mais elle est aussi très bonne comédienne, douée pour le théâtre, belle parleuse ». Ses qualités d’avocate qui plaide sa propre cause, sa malice révèlent son intelligence et son à-propos. Le lecteur comprend alors qu’elle représente le courtisan habile et trompeur. III- La philosophie » de La Fontaine Castigat ridendo mores », disait Aristote de la comédie. La fable semble jouer le même rôle. Dans cette petite comédie », le lecteur peut discerner d’une part une critique, d’autre part des conseils de vie et une philosophie de la vie propres à La Fontaine. A. Les cibles de la critique, une vision pessimiste de la société les puissants et les dangers de la vie La fable a d’abord une portée politique et sociale. - Les allusions aux conflits du XVIème siècle que comporte la morale explicite, clairement séparée du récit, - L’écharpe », pendant les guerres de Religion, servait de signes de reconnaissance aux différents partis en conflit et la Ligue », dirigée par les ducs de Guise et de Mayenne, s’opposant violemment à Henri III qu’elle chassa de Paris en 1588- ne sont que des masques pour viser le XVIIème siècle dans lequel vivaient –dangereusement- les courtisans, parmi lesquels La Fontaine même. La Fontaine choisit des exemples moins brûlants que ceux de la Fronde, mais personne, en le lisant, ne s’y trompait. - Les deux Belettes, sans foi ni loi, prêtes à croquer » les faibles comme la pauvrette », sont nombreuses à la Cour et font régner la loi du plus fort. La Cour est présentée comme le lieu de tous les dangers » que les étourdis » comme La Fontaine lui-même ont du mal à éviter. B. Conseils de vie pour un sage » Dans cette société, il faut survivre ou plutôt sauver sa vie ». Les puissants obligent ainsi les plus faibles à mentir. Et le sage » ici n’incarne pas dans cette fable la vertu, mais la prudence du faible pris entre les partis. Par des termes affectifs la pauvrette », l’adjectif possessif notre étourdie » ou à connotation positive le sage », le lecteur comprend que La Fontaine approuve les procédés de la Chauve-souris, cette hypocrisie volontaire qui consiste à user du pouvoir de la parole et des adroites reparties » et à savoir changer d’attitude selon les circonstances. Nul héroïsme ou incitation à la vertu à tout prix ; mieux vaut l’habileté et la prudence. Et l’on comprend que, derrière le personnage du XVIème siècle auquel le fabuliste donne la parole directement pour clore avec vivacité sa fable, se profile La Fontaine lui-même. Au fond, le fabuliste critique la société qui empêche le sage » d’exprimer sa propre opinion et le contraint à se conduire hypocritement. C. Une philosophie » classique ? Plus généralement, la fable, dans la philosophie » de la vie qu’elle suggère comme dans son esthétique, obéit au principe classique juste milieu, de la prudence et de la modération -qui s’appuie sur une analyse somme toute assez pessimiste de la nature humaine-. Sous des aspects plus riants et plus plaisants, la vision du monde de La Fontaine ressemble à celle d’un La Rochefoucauld dans ses Maximes. Conclusion La Chauve-souris et les deux Belettes » fait partie de ces fables qui dessinent une conduite de vie qui permit à La Fontaine de vivre dans son milieu et dans son temps elle allie la vivacité et l’alacrité qui plaisaient tant aux courtisans et les divertissaient et la profondeur de la pensée d’un sage ; elle répond au goût de son époque pour la représentation théâtrale du monde et en même temps débouche sur une morale » que les comédies de Molière véhiculaient aussi. Il n’est pas étonnant que des hommes de scène, et même encore tout récemment comme Robert Wilson à la Comédie Française en 2005, aient puisé dans des fables comme celle-ci la matière à un spectacle qui divertit encore enfants et adultes. Précisions complémentaires Le contexte historique C’est une nouvelle fois Esope qui procurera l’argument permettant à La Fontaine d’écrire cette fable. Mais celui-ci en fera une peinture des mœurs politique hésitantes de l’époque. Nous sommes en effet tout proches de la Fronde dirigée contre Mazarin 1648-1653. Pourtant, La Fontaine ne parlera pas de la Fronde mais de la Ligue 1576-1594. Explication sur les termes du texte Tête baissée ? Bien sûr, puisque les chauve-souris dorment la tête en bas ! Sans fiction Sans mensonge. Ma profession Le terme La gent L’espèce. Aux oiseaus ennemie Ennemie des oiseaux. Qui fait l'oiseau? Qu’est-ce qui fait l’oiseau ? Je suis souris, Vivent les rats! Confusion fréquente chez La Fontaine qui ne distingue pas les souris des rats. Jupiter confonde les chats! Puisse Jupiter confondre les chats ! Changeants Toujours cet accord du participe présent qui, s’il nous déconcerte maintenant, était normal à l’époque. Changer d’écharpe correspond à notre tourner la veste », c'est-à-dire changer d’avis ou de camp. A l’époque, on se servait d’écharpes, portées en bandoulière. Leur couleur indiquait le camp auquel on appartenait les partisans de la Ligue portaient une écharpe verte, ceux du roi une écharpe blanche. On dit , faire la figue à quelqu’un, pour se moquer de lui » Furetière. Il s’agit d’une expression populaire d’origine italienne qui s’accompagnait d’un geste douteux représentant le sexe féminin.

Cependant Marie de France (1154-1189) pratique le genre de la fable pour écrire Isopet. Mais, pendant l'époque classique et avec le durcissement de la censure, l'apologue connaît un franc succès, notamment la fable, grâce au maître du genre, Jean De la Fontaine, qui écrit trois recueils en et 1694. Et ensuite
Examen écrit avant l’oral de le Bac Français cette année, certains aménagements ont été accordés aux candidats pour la voie générale ils auront à choisir entre 2 séries de 3 sujets de dissertation au lieu d’une, et 2 sujets de commentaires ; le nombre de sujets proposés aux candidats des séries technologiques est lui aussi doublé, puisqu’ils devront choisir entre 4 sujets 2 commentaires, et 2 résumés de texte chacun suivi d’un essai. Facilités accordées aux candidats du Bac 2021 suite aux difficultés de préparation cours à distance, en demi groupe....Au programme cette année pour la série Générale la poésie du XIXe siècle au XXI siècle avec par exemple le poème L’ancienne gare de Cahors » de Valéry Larbaud 1913 ou encore Victor Hugo Les Contemplations, Baudelaire les fleurs du Mal, Guillaume Apolinaire Alcools - mais aussi le roman et récit du Moyen Age au XXIe siècle avec Georges Perec et enfin le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle avec Molière, Marivaux et Jean-Luc les séries Techno Tzvetan Todorov, Montaigne, Jean de La Fontaine, Eloïse Lhérété, Victor Hugo, Voltaire...Date Jeudi 17 juin 2021 de 14h à 18 hDurée de l'épreuve anticipée de français 4hSéries Générale et TechnoCoefficient 5Les corrigés des épreuves du Bac français sont maintenant disponiblesBac Français 2021 Série Générale - 1er sujetVous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire 20 pointsObjet d'étude Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècleVous commenterez le texte suivant Georges PEREC 1936-1982, Les Choses 1965 – extrait du chapitre 22- Dissertation 20 pointsObjet d'étude La poésie du XIXe siècle au XXIe siècleLe candidat traite au choix, compte tenu de l’oeuvre et du parcours étudiés durant l’année, l’un des trois sujets suivants Sujet AOEuvre Victor Hugo, Les Contemplations, livres I à IVSujet BOEuvre Baudelaire, Les Fleurs du MalSujet COEuvre Guillaume Apollinaire, AlcoolsBac Français 2021 Série Générale - Sujet BisVous traiterez, au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire 20 pointsObjet d'étude La poésie du XIXe siècle au XXIe siècleVous commenterez le texte suivant Valéry LARBAUD, Les Poésies de Barnabooth, 19132- Dissertation 20 pointsObjet d'étude Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècleLe candidat traite au choix, compte tenu de l’oeuvre et du parcours étudiés durant l’année, l’un des trois sujets suivants Sujet AOEuvre Molière, Le Malade imaginaireSujet BOEuvre Marivaux, Les Fausses confidencesSujet COEuvre Jean-Luc Lagarce, Juste la fin du mondeBac Français séries Technologiques - sujet 1Vous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire de texte 20 pointsRomain Gary, La Promesse de l’aube, Contraction de texte 10 points et essai 10 pointsCompte tenu de l’oeuvre et du parcours étudiés durant l’année, vous traiterez l’un des trois sujets suivants A- Montaigne, Essais, Des Cannibales » I, 31. Parcours Notre monde vient d’en trouver un de Tzvetan Todorov, La découverte de l’Amérique », préface de Le Nouveau Monde récits de Amerigo Vespucci, Christophe Colomb, Pierre Martyr d’Anghiera, Jean de La Fontaine, Fables, livres VII à IX. Parcours Imagination et pensée au XVIIème d’Eloïse Lhérété, Les livres ont du pouvoir », Sciences humaines, n° 321, janvier Voltaire, L’Ingénu. Parcours Voltaire, esprit des d’Antoine Lilti, Lumières. Peut-on éduquer le peuple ? », L’Histoire, n° 463, septembre Français séries Technologiques - sujet BisVous traiterez au choix, l’un des deux sujets suivants 1- Commentaire de texte 20 pointsVictor HUGO, Le Roi s’amuse, acte II, scène 4, - Contraction de texte 10 points et essai 10 pointsCompte tenu de l’oeuvre et du parcours étudiés durant l’année, vous traiterez l’un des trois sujets suivants A – Montaigne, Essais, Des Cannibales », I, 31. Parcours Notre monde vient d’en trouver un de Rodolphe Christin, Manuel de l’anti-tourisme, – Jean de La Fontaine, Fables, livres VII à IX. Parcours Imagination et pensée au XVIIème d’après Janick Auberger Entre l’écrit et l’image, l’animal de fiction, un homme travesti ? », Contre-Jour, n°13, automne – Voltaire, L’Ingénu. Parcours Voltaire, esprit des d’après Antoine Lilti, L’héritage des Lumières », Les Grands dossiers des Sciences humaines, n°56, septembre-octobre-novembre 2019.=> Les corrigés des épreuves du Bac français sont maintenant disponiblesConsultez aussi Spécial BACDates du Bac épreuve par épreuveLes alertes résultats du Bac officiels et gratuits, en direct des académies...
Enfin retrouve ci-dessous les sujets portant sur le parcours Imagination et pensée au XVIIe siècle : Œuvre : Jean de La Fontaine, Fables (livres VII à IX) Texte : Marie Bonjour tout le monde ! Voilà, j'ai une dissertation à faire sur les fables de la Fontaine et plus particulièrement leur aspect éducatif car en effet, Rousseau ne pensent pas quelles sont destinées aux enfants. Pour mon plan j'ai, dans une première partie illustré la thèse de Rousseau puis les antithèses. Ma prof m'a dit de ne pas faire 3 parties, je suis en seconde, ce n'est pas grave oui,j'ai commencer par le "non" de "est ce que les fables sont elles éducatives" mais il me convenait mieux comme ça puisque le "oui" est en fait les réponses au "non" . Je l'ai fait et je viens vous demander votre avis. Est ce que j'ai fais des fautes? Orthographe, syntaxe? Est ce que j'utilise un bon langage? N'est ce pas trop familier? Où est ce que j'ai fais des erreurs et quelles solutions me proposez vous? D'ailleurs, je suis nulle en annonce de plan, celui ci me parait pas top... Bref, j’aimerais savoir si selon vous, c'est une bonne disserte. Merci d'avance ce que j'ai fais attention, pavé Lorsque Jean De La Fontaine publia ses fables en 1668, il les dédicaça à des enfants ainsi, il annonça ouvertement ses aspirations didactiques. Le corbeau et le Renard », La Cigale et la Fourmi », nous avons tous appris à l'école ces Fables de la Fontaine qui connurent en leur temps un glorieux succès pour l'originalité des récits et le caractère attrayant du monde à peine un siècle plus tard, Rousseau, écrivain des lumières, critiqua ces fables dans Émile ou de l'éducation, un traité éducatif, Émile n'apprendra jamais rien par cœur, pas même les fables, pas même celles de La Fontaine, toutes naïves, toutes charmantes qu'elles sont » en effet, selon lui, la difficulté tant sur le fond que la forme des Fables de La Fontaine empêchent l’enfant d’accéder à la morale faute de compréhension qui les pousseraient aux vices. Dès lors, ont peut se demander si les fables de La Fontaine ne visent réellement que les plus petits. Que faut-il en penser ? Les fables ne sont elles pas une lecture pour les enfants ? Seraient-elles réservées aux adultes ?Nous verrons dans un premier temps que certes, Rousseau a raison sous bien des aspect néanmoins nous démontrerons, dans un second temps le dessein de Jean de La Fontaine. Enfin, nous conclurons par un compromis. Pour Rousseau, on ne peut instruire correctement les enfants à l'aide des fables car le langage est peu approprié à la psychologie de l'enfant, que les histoires sont pour la plupart du temps négatives et invraisemblable et que le sens moral qu'on veut lui transmettre sera mal interprété. Au point de vue de la forme, Les fables sont rendues complexes par leur vocabulaire, leur syntaxe et leurs allusions. En effet, Le niveau de langue dans les Fables de La Fontaine est soutenu et souvent peu compréhensible pour des enfants. Ce langage est imprécis, parfois contradictoire ou fait preuve de pléonasmes Le corbeau, honteux et confus ». Le manque d'explications au niveau du vocabulaire n' est pas assez explicite pour un enfant, par ailleurs, L'enfant demandera pourquoi l'on parle autrement en vers qu'en prose. Que lui répondrez-vous ? »souligne Rousseau car pour lui, la prose est plus intelligible que la poésie, De plus, de nombreuses allusions apparaissent, elles peuvent être historiques ou littéraires tels que celles de La Laitière et le Pot au lait avec Picrochole, Pyrrhus… », L’un étant guerrier risible inventé par Rabelais, l’autre un roi des Perses. On peut aussi voir des allusions mythologiques , par exemple dans les animaux malades de la peste, avec l’Achéron. Quel enfant sera t'il renseigné au préalable sur ces références, avant lecture de ces fables ? Au point de vue du sens,Il faut accorder à Rousseau que les fables présentent souvent une vision pessimiste de la vie, et pense que les fables sont d'une cruauté qui n'est pas éducative La Cigale n'a plus de quoi vivre et se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue » , le Loup a faim un loup survient a jeun qui cherchait aventure et que la faim en ces lieux attirait », les Animaux sont victimes de la peste ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés » ,c'est ainsi que Par le biais de ces animaux, La Fontaine montre la nature humaine sous un aspect déplaisant. Quel enfant souhaite connaître des horreurs pareilles ? Quelle enfant souhaite entendre des histoire triste ? Par ailleurs, Rousseau critique dans son traité le caractère invraisemblable des histoires racontées Les renards parlent donc ? Ils parlent donc la même langue que corbeaux ? » En effet, il pense que chaque vérité ou leçon doit être dite comme elle est et non pas cachée par une histoire servant d'habit que l'enfant ne pense pas à enlever. l’apologue, en les amusant, les abuses » Il ne faudrait donc pas leur énoncé une vérité déguisée, et donner des exemples concrets que l'enfant serait plus capable d' assimiler . L'auteur de l’Émile démontre également dans son ouvrage que les fables sont immorales, n’ont aucun intérêt pédagogique, risquent de ne pas parvenir à l'effet escompter et sont plus adaptées aux adultes. Effectivement, les trompeurs et les plus forts sont toujours représentés de manière avantageuses et les victimes sont souvent naïves Le Loup et l'Agneau » commence bien par La raison du plus fort est toujours la meilleure »… En outre, Il est rare que le lecteur s'apitoie sur le sort des victimes. De plus, Rousseau démontre que leur effet est contre productif vous croyez donner la cigale en exemple et ils prennent la fourmi », car en effet un enfant peut prendre le mauvais exemple puisque généralement il s'identifie au plus fort par désir de se mettre en valeur On n’aime point à s’humilier ils prendront toujours le beau rôle ; c’est le choix de l’amour-propre, c’est un choix très naturel. Or, quelle horrible leçon pour l’enfance ! », Par exemple dans le Corbeau et le Renard, l'enfant se mettra plutôt à la place du plus rusé, le renard. Aussi, risque-t-on de ne pas atteindre le but recherché, c'est à dire, transmettre la morale, car, bien que l'on enseigne aux jeunes enfants la bonté de la générosité, le Renard ici raille le corbeau qui pourtant, lui donne son fromage. On retrouve cette même situation dans La cigale est la fourmi, ainsi, la fourmi est sarcastique vis à vis de la Cigale et refuse de partager un seul petit bout de mouche ou de vermisseau » ici la morale implicite échappe aux enfants, au lieu d'y voir un éloge au travail, un éloge du partage, que feraient les enfants ? Ils se moqueront, des autres, profiteraient de leur générosité, prenant le Renard ou la fourmi pour exemple ? Qu’est ce que l'enfant tire de ces fables ? Qu'on y gagne à flatter hypocritement les autres, comme dans le Corbeau et le Renard ? La raillerie n'est pas à imiter, or, les fables se basent sur cette conduite immorale. De surcroît, l’enfant lisant La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le Bœuf » découvrirait l’orgueil et la jalousie, celui qui lirait Conseil tenu par les Rats » découvrirait l’égoïsme ,On s'aperçoit donc que les enfants ont du mal à percevoir le côté moral des fables, c'est pourquoi ce genre de lecture est plus adapté aux adultes, aux doctes, qui décèlent plus facilement un fond politique et philosophique plus complexe qu'il n'y paraît plus particulièrement à partir du Livre VII, où l' on constate que ces fables ne sont plus dédicacés aux enfants mais aux adultes comme Mme de Montespan, et où l'on trouve des récit abordant des sujets plus graves et difficiles d'accès pour les enfants comme dans la fable La Cour du Lion » Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire,Ni fade adulateur, ni parleur trop sincère, » qui critique les courtisans et leur influence du Roi et ce dernier , par conséquent, les fables visent des catégories précises de personnes ainsi que des règles pour bien se conduire dans la haute société, l'enfant n'est donc pas concerné. La thèse défendue par Rousseau,qui était le premier à avoir penser à la pédagogie et les moyens d'éducation envers les enfants, est, que si une fable use d'un vocabulaire trop soutenu, que le merveilleux ne cache pas la cruauté du récit et prend le pas sur l'argumentaire, ceci rend le récit infructueux car l'enfant ne comprend pas la morale implicite et, impressionné par l'esprit le plus rusé, mis en valeur par le merveilleux,mais bien souvent le plus hypocrite, risque de prendre cet exemple pour modèle. C'est ainsi que les fables ne puissent être éducatives pour de jeunes personnes. A présent nous nous intéresserons à une seconde partie. Nous verrons dans cette seconde partie que le récit, que l'on nomme le corps » peut être tout à fait compréhensible pour des enfants sous certaines conditions et que l'univers plaisant du monde animal mis en place est dénonciateur des mœurs mais qu'il ne faut cependant pas négliger l'enseignement, l’âme » à tirer. C'est le plus important, selon Jean de la Fontaine. Vivacité et récit original, le caractère plaisant du monde animal, par bien des aspects, la fable est propre à attirer les enfants cependant, Rousseau n'as pas tord lorsque qu'il énonce le fait que les fables ne sont pas évidente à comprendre. Mais est ce une raison justifiable pour les laisser de côté et ne choisir que des ouvrages simplistes pour participer à l'éducation des enfants ? Il accuse les Fables de manquer d'explications quant au vocabulaire soutenu, cependant Rousseau omet de penser que la lecture doit se faire accompagner d'un adulte. Ainsi, celui-ci pourra s'arrêter sur les mots difficiles et le lui expliquer. Cette lecture est un bon moyen d'apprendre le vocabulaire. Les histoires sont utiles pour apprendre à parler .Sans compter que, pour Rousseau, l'enfant a plus de mal à comprendre un discours qui n'est pas naturel. Mais, en terme d'antithèse, la poésie est justement plus attrayante, en particulier quand elle est raconté. Il est vrai que se retrouver devant un ouvrage uniquement composé en vers n'est pas nécessairement plaisant, mais pour un enfant, la versification des fables permet de retenir plus l'attention qu'une simple histoire. De plus, les fables sont de natures courtes, ce qui facilite la lecture quand on sait qu'un enfant se lasse très et arrive peu à se concentrer. Au choix, s'il faut enseigner aux enfants, autant le faire de façon ludique. Le fabuliste le souligne une morale nue apporte de l'ennui ».c'est pourquoi Les fables éveillent l'imagination car elles sont poétiques, imagées,stimule aussi la mémoire. et sont une porte d'entrée dans la complexité du monde adulte. A travers les animaux, La Fontaine décrit des situations injuste qui sont des réalités que nous ne devons pas cacher, pas même à des enfants, qui, d'autant plus, étaient d'actualités à la cours du Roi Louis XIV et dénonce certains défauts humains. Dans sa préface, La Fontaine nous fait part de son opinion quant au but de ses fables ces fables sont un tableau ou chacun de nous se trouve dépeint ». D'une part, Rousseau accuse les fables d'imposer une certaine cruauté du monde humain à l’enfant mais, par singulière contradiction, il critique le caractère invraisemblable des fables alors que La Fontaine met en scène un univers merveilleux qui permet d'atténuer la cruauté pourtant mise au jour dans le récit, comme dans le Loup et l'Agneau » qui se termine par le décès de ce dernier. Sans cet univers fictif, l'histoire racontée serait effectivement difficilement supportable. D'autre part, La Fontaine avec ses fables, critiquait l'absolutisme du roi et procédait a une satire déguisée de la monarchie en s'inspirant de sa propre vie, notamment suite à l'injuste arrestation de Fouquet, par exemple les obsèques de la Lionne » souligne l'influence délétère des courtisans de Louis XIV, en référence à Colbert Les animaux malades de la peste » qui dénonce de même les jugements de cour », capables de condamner l’innocent injustement. De plus, La Fontaine parle de nos défauts humains sans ambiguïté et qu'un enfant peut très bien comprendre comme la radinerie, l'avarice, l'inattention et indique dans sa préface que, grâce au fable, on se forme le jugement et les mœurs, on se rend capable de grande choses » et que il faut leur apprendre aux enfants ce qu'est un lion , un renard, ainsi du reste, et pourquoi l'on compare quelque fois un homme à ce renard ou à ce lion » et ceci, encore, peut se faire également accompagné d’un adulte lui expliquant la morale, le but du récit. . On peut aussi contrer Rousseau car il ne faut pas donner aux enfants une image utopique du monde et de la société, les fables montrent une vision réaliste du monde et préparent les enfants à la vie. Nous savons que la fable a pour objectif d'illustrer une morale. Celle ci n'est jamais claire, et exprime diverses observations tirées d'expériences multiples et le but de ses ouvrages est didactique, de même que La Fontaine écrivit des panégyriques au petit fils du Roi et au duc de bourgogne, des enfants. Nous avons vu précédemment que La Fontaine fait de toute réalité la matière d'un enseignement et se considère comme un moraliste, qui décrit les mœurs plutôt que comme un moralisateur qui donne des leçons de morale en nous faisant part de ce qu'il a appris quant à la nature humaine avec l'anthropomorphisme. Par l'illustration, la fable incite à la réflexion et demande un effort d’interprétation, en laissant l'enfant comprendre le sens du nous procédons à un raisonnement qui convient bien à un jeune esprit, car celui ci s'enracine dans une situation concrète et sollicite activement l'imagination, et qui en plus, est plus instructif que la méthode qui consiste à donner la règle avant l’application. À l'argument de Rousseau, pour qui les fables auraient un effet contre productif quant aux enfants, nous réponds que, pour La Fontaine, un enfant est apte à comprendre le sens de la morale et sait différencier les vices de la vertu. Il ne faut pas sous estimer la pensée d'un enfant car celle ci s'avère solide. De plus Les fables ne sont pas toutes naïves comme l'énonce Rousseau, car elles apprennent aux enfants qu'il faut se méfier des sophistes, des flatteurs et des hypocrites, d'où la morale du Corbeau et le Renard » Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute », nous observons ici que ces fables enseignent comment survivre là où les puissants ont le pouvoir et où l'on risque toujours d'avoir affaire à plus fort ou plus rusé que soi aussi bien sous une monarchie qu’à la cour de récréation. La fable met aussi en garde contre les actes irréfléchis et imprudents, comme de descendre dans un puits sans savoir comment remonter dans Le renard et le Bouc. Ces histoires inculquent donc des valeurs comportementales qui aident le lecteur à subsister dans la société. La morale ressort dans chaque fable, par exemple la fable le chat et les deux moineaux » nous apprend qu'il faut se méfier de l'eau qui dort ou encore dans Le laboureur et ses enfants », et dans la cigale et la fourmi », Fontaine démontre l'importance du travail car le travail est un trésor ». L'enfant, comme dit Rousseau, s'identifie en effet aux personnages, oui, mais Le fabuliste a pour but de l'inciter à se remettre en question et ainsi corriger ces défauts. La fable est attrayante pour les enfants notamment avec le monde animal, la versification qui la rend plus poétique et la mise en place du merveilleux qui permet d'atténuer la cruauté dénonciatrice qui pourtant, persiste dans le récit et par le biais duquel nous pouvons en tirer un enseignement. Il convient de nuancer le débat Rousseau n'as pas tord quand il enonce » le fait qu'un enfant risque de ne pas comprendre les mots de vocabulaire , et, qu' il faudrait eviter au plus jeunes enfant les récits plus difficiles dans leur vision du monde , prenons pour exemple les Animaux malades de la peste », qui n'est certainement pas destiné au jeune public, il faut donc faire œuvre de pédagogue et selectionner les fables en fonction de l'âge de l'enfant. Ainsi nous pouvons dire que les fables touchent quand même le jeune public, car , avec la médiation d'un adulte, sont essentiel dans la formation morale des enfants pour qu'ils découvrent les aléas de la société et que certaines sont plaisantes et adaptées pour les jeunes esprits par le caractère merveilleux mis en place par le monde animal. Mais les adultes eux même tirent profit de ces fables,et y decèlent » des allusions quant à la politique et des subtilités qui peuvent échapper aux final, la pluralité des lecteurs possibles fait des fables de la fontaine le chef d'oeuvre qu'elles sont. Qu'on la lise enfant, adolescent ou adulte, ont y trouve toujours de nouvelles satisfactions, ces fables constituent un monument de notre littérature, c'est aussi la raison pour laquelle les fables sont toujours d'actualités dans l'enseignement scolaire. Ceci en est la preuve. UZm84G.
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  • dissertation sur les fables de la fontaine imagination et pensée