menacéde périr par naufrage, par maladie, par disette d'eau et de pain, un infortuné vienne, son bùtiment fracassé, tomber, expirant de fatigue et de Supplément au Voyage de Bougainville I 3. misÚre, aux pieds d'un monstre d'airain qui lui refuse ou lui fait attendre impitoyablement les secours les plus urgents, c'est une dureté !A. Un crime digne de chùtiment. B. Une de ces
Cette Ă©tude a Ă©tĂ© conduite en classe de premiĂšre pour rĂ©pondre Ă lâobjet dâĂ©tude La question de lâhomme dans les genres de lâargumentation ». Elle a permis de faire rĂ©flĂ©chir les Ă©lĂšves sur la notion dâaltĂ©ritĂ©. En voici lâarchitecture suivie de son explicitation Cette activitĂ© sâest dĂ©roulĂ©e dans la salle de cours traditionnelle. Le professeur avait prĂ©parĂ© au prĂ©alable un document sur lequel figurait juste la flĂšche centrale, figurant le sens de la lecture. Les Ă©lĂšves ont proposĂ© leurs remarques Ă lâoral, et une fois que celles-ci eurent Ă©tĂ© validĂ©es par lâensemble de la classe, les hypothĂšses ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es sur le schĂ©ma complĂ©tĂ© par le professeur. MatĂ©riel utilisĂ© le vidĂ©o-projecteur Explicitation du tableau 1. en-dessous de la flĂšche, chaque case correspond Ă un chapitre du SupplĂ©ment au Voyage de Bougainville. Les titres permettent de repĂ©rer clairement la structure de rĂ©cit enchĂąssĂ©. A et B dialoguent chapitres I et V, en jaune sur un sujet, le Voyage de Bougainville le rĂ©cit enchĂąssĂ©. Au sein de ce rĂ©cit enchĂąssĂ©, un double apparaĂźt en bleu lâentretien de lâaumĂŽnier et dâOrou. Mais un chapitre reste a priori seul en rouge. Les Ă©lĂšves Ă©mettent alors lâhypothĂšse que câest au lecteur de construire son double, dans le temps qui suivra la lecture. 2. au-dessus de la flĂšche, chaque case correspond aux personnages les personnages Ă©galement rĂ©pondent Ă ce principe de double symĂ©trique câest-Ă -dire de reflet inverse. â A est lâapprenti philosophe / B est le philosophe. â Au sein du rĂ©cit enchĂąssĂ©, un Otahitien est toujours en dialogue avec un reprĂ©sentant de la sociĂ©tĂ© occidentale. 3. les Ă©lĂšves se sont rendu compte que ce jeu dâinversion Ă©tait utilisĂ© de façon systĂ©matique par Diderot B est celui qui clĂŽt le chapitre I, mais A clĂŽt le chapitre V, montrant ainsi lâĂ©volution rĂ©flexive de A, grĂące au dialogue, vĂ©ritable cheminement heuristique. 4. Ce jeu de miroirs est Ă©galement valable cette fois-ci pour les lecteurs de lâĆuvre il sâagit ici des deux symboles avant et aprĂšs la flĂšche. â avant la flĂšche, câest-Ă -dire avant le dĂ©but de lâĆuvre, le lecteur de lâĆuvre a Ă©tĂ© B qui va la faire dĂ©couvrir Ă A. â aprĂšs la flĂšche, deux nouveaux lecteurs sont annoncĂ©s, les femmes de A et B. La lecture et le dialogue vont recommencer, mais Ă©galement un nouveau dialogue, avec un nouveau jugement ». Les Ă©lĂšves se sont ainsi aperçus que la confrontation des points de vue Ă©tait au centre mĂȘme de lâĆuvre, en Ă©tait la dynamique mĂȘme, de façon Ă ce que le lecteur acquiert une façon de pensĂ©e philosophique, Ă savoir faire un dĂ©tour par lâAutre pour revenir Ă soi-mĂȘme de façon plus objective, lucide et consciente.
SUPPLĂMENTAU VOYAGE DE BOUGAINVILLE ou DIALOGUE ENTRE A. ET B. SUR LâINCONVĂNIENT DâATTACHER DES IDĂES MORALES Ă CERTAINES ACTIONS PHYSIQUES QUI NâEN COMPORTENT PAS At quanto meliora monet, Pugnantiaque istis, Dives opis Natura SuĂŠ, tu si moto recte Dispensare velis, ac non Fugienda petendis Immiscere ! Tuo vitio rerumne
SUPPLĂMENT AU VOYAGE DE BOUGAINVILLE CHAPITRE JUGEMENT DU VOYAGE DE BOUGAINVILLE Le dialogue commence ln medias res » formule qui dĂ©finit lâentrĂ©e dans une piĂšce de théùtre et qui nous semble tout Ă fait sâadapter Ă lâouverture du texte de Diderot et se prĂ©sente comme la suite dâune conversation en cours. Les deux personnages attendent que le brouillard se lĂšve pour continuer leur pĂ©riple. est en train de lire le SupplĂ©ment au Voyage autour du monde de Bougainville. A, qui nâa pas lu cet ouvrage interroge B â sur la personnalitĂ© de Bougainville un homme » curieuxâ qui Swipe to page passe dâune vie sĂ©d usant et dissipĂ© du v â sur son voyage, c Ă©tapes de son pĂ©ripl Ensuite sont Ă©voq or7 ui Ă©tier actif, pĂ©nible, e Ier les grandes ntrĂ©es les Ă©lĂ©ments naturels, les maladies, les d g ts matĂ©riels, la difficultĂ© dâavoir des secours. Puis ce sont des considĂ©rations sur des Ă©vĂ©nements particuliers lâattitude colonisatrice des JĂ©suites en Uruguay et leur expulsion ; la remise en cause du gigantisme des Patagons, tels que les avait dĂ©crits Magellan ; la sagesse et la qualitĂ© de vie des sauvages », tant que leur sĂ©curitĂ© nâest pas en danger ; rĂ©sentation dâAotourou, le tahitien qui accompagna Bougainville Ă paris et remarques sur la difficultĂ© de rendre compte des mĆurs europĂ©ennes tant elles diffĂšrent des leurs. Le chapitre se te termine sur des considĂ©rations dâordre mĂ©tĂ©orologiques le brouillard sâest levĂ©, les deux compagnons vont pouvoir continuer leur balade. Devant la curiositĂ© de A, B, lâencourage Ă lire la suite du rĂ©cit de Bougainville » Tenez, tenez, lisezâŠ.. , allez droit aux adieux que fit un des chefs de file Ă nos voyageurs⊠» Ainsi, Diderot prĂ©sente-t-il la suite du rĂ©cit comme un extrait du rĂ©cit de Bougainville. CHAPITRE II LES ADIEUX DU VIEILLARD Au moment du dĂ©part des EuropĂ©ens, le vieillard, celui qui sâĂ©tait retirĂ© et enfermĂ© dans un mutisme total Ă lâarrivĂ©e des EuropĂ©ens, figure emblĂ©matique de la sagesse, adresse un discours, dâabord Ă ses compatriotes il leur reproche de sâĂ©mouvoir du dĂ©part de ceux quâil considere comme des envahisseurs, leur rappelant que câest plutĂŽt leur arrivĂ©e sur file quâil faut dĂ©plorer. Il les met en garde contre leur Ă©ventuel retour, qui serait fatal pour chacun dâeux et il leur prĂ©voit un avenir sombre un Jour, vous servirez sous eux, aussi corrompus, aussi vils, aussi malheureux quâeux. Puis il sâadresse Ă Bougainville, » le chef des brigands », avec mĂ©pris. Il le blĂąme de son influence nĂ©faste sur les Tahitiens et fait un portrait machiavĂ©lique des EuropĂ©ens qui ont eu pour seul but de dĂ©trulre leur bonheur. TrĂšs rapidement le discours se transforme en un Ă©loge de la vie sauvage et un rĂ©quisitoire contre les EuropĂ©ens. Il Ă©numĂšre les diffĂ©rents mĂ©faits causĂ©s par lâexpĂ©dition les dĂ©naturer au sens Ă©tymologique, Ă©veiller en eux la jalousie et la rivalitĂ©, violer leu PAG » rif 7 les dĂ©naturer au sens Ă©tymologique, Ă©veiller en eux la jalousie et la rivalitĂ©, violer leur libertĂ©, voler leurs biens, ne pas les avoir respectĂ©s comme eux-mĂȘmes les avaient respectĂ©s, les pervertir et leur apprendre le mal. par delĂ cette accusation, on peut lire une satire de lâattitude des peuples dits civilisĂ©s qui ne sont que des empoisonneurs des nations ». Pour finir, il implore la malĂ©diction pour Bougainville et son Ă©quipage » Va, et puissent les mers coupables qui tâont Ă©pargnĂ© dans ton voyage, sâabsoudre et nous venger en tâengloutissant avant ton retour. A et B ne commentent pas vraiment les propos du vieillard mais ils sâattardent Ă justifier la vĂ©racitĂ© du discours. En effet, ce passage nâexiste pas chez Bougainville et Diderot, pour donner de la crĂ©dibilitĂ©, feint de supposer que Bougainville a prĂ©fĂ©rĂ© ne pas retenir ce discours pour Ă©pargner les EuropĂ©ens. Comme dans les prĂ©cĂ©dents chapitres, le suivant est annoncĂ©. Enfin B fait rĂ©fĂ©rence Ă lâaventure de BarrĂ©, cette jeune femme, maitresse de Commerson, qui avait embarquĂ© Ă saint Malo, dĂ©guisĂ©e en homme. CHAPITRE Ill ENTRETIEN DE LâAUMONIER ET DâOROU e chapitre sâouvre sur la prĂ©sentation des deux protagonistes Orou, lâhĂŽte, 36 ans, mariĂ©, pĂšre de trois filles, Asto, palli et Thia, et lâaumĂŽnier de lâexpĂ©dition, du mĂȘme Ăąge que son hĂŽte. ConformĂ©ment au code de lihospitalitĂ©, Orou offre une des quatre femmes Ă lâaumĂŽnier pour agrĂ©menter sa nuit devant son refus au nom de » sa religion, son Ă©tat, les bonnes mĆurs et lâhonnĂȘte PAGF3C,F7 agrĂ©menter sa nuit devant son refus au nom de » sa religion, son Ă©tat, les bonnes mĆurs et lâhonnĂȘtetĂ©, sâengage une conversation entre les deux hommes . Dans un premier temps, Orou invite lâaumĂŽnier Ă se plier ? leurs mĆurs, et convaincu, le jeune jĂ©suite cĂšde Ă la tentation et accepte de passer la nuit avec Thiar la plus jeune des filles qui nâa pas encore de mari. Le lendemain, Orou demande Ă lâaumĂŽnier de lui expliquer ce que signifie le terme » religion ». Il expose la conception chrĂ©tienne du mande, oeuvre dâun Dieu tout puissant, Ă©ternel et invisible et le code moral chrĂ©tien dictĂ© par Dieu, lĂ©gifĂ©rant ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est permis et ce qui est interdit. Orou, dans une longue rĂ©plique, dĂ©montre au jĂ©suite que les rincipes divins sont contraires Ă la Nature et Ă la Raison. Pour lui, lâhomme nâappartient Ă personne. Il remet en cause le fondement et lâexistence des lois morales, sociales et juridiques. Orou fait preuve de ban sens et affirme nâavoir quâun dessein faire le bien et respecter la nature. La discussion se poursuit, lâaumĂŽnier interroge Orou sur la question du mariage. La dĂ©finition quâil en donne est en tout point conforme Ă lâesprit de nature » Le consentement dâhabiter une mĂȘme cabane, et de coucher dans un mĂȘme lit, tant que nous nous y trouvons bien. â Et lorsque vous vous trouvez al ? / Nous nous sĂ©parons. » Ce qui importe câest le fruit de lâunion et Orou explique avec enthousiasme le culte de la maternitĂ© et plus une fille a dâenfants, plus elle est conv explique avec enthousiasme le culte de la maternitĂ© et plus une fille a dâenfants, plus elle est convoitĂ©e. La vraie richesse de lâile, ce sont les enfants, et tout naturellement la conversion sâattarde sur les rituels des enfants avant quâils aient atteint lâĂąge nubile, rituels diffĂ©rents selon quâils sont filles ou garçons. Ces rituels doivent ĂȘtre strictement observĂ©s sous peine dâĂȘtre punis par la communautĂ©. A interrompt la soi-disant lecture linĂ©aire du livre de Bougainville pour sâattarder sur une note en marge du texte, un commentaire de lâaumĂŽnier sur la sagesse de cette conception du mariage qui respecte la libertĂ© de chacun. Comme dans le chapitre prĂ©cĂ©dent, Diderot feint de justifier la vĂ©racitĂ© des propos et prĂ©texte la censure de la bonne morale europĂ©enne pour justifier lâabsence de ce passage dans le rĂ©cit du navigateur. A et B se livrent Ă une digression et Ă©voquent une anecdote contemporaine, lâaventure malheureuse de Miss Poly Baker. Cette jeune fille, mĂšre hors du mariage est punie par la loi. rapporte un extrait de sa dĂ©fense, mettant en Ă©vidence que son Ă©tat ne rĂ©sulte que de lâinfamie des hommes qui profitent dâelle sans pour autant en assumer les consĂ©quences, en toute logique, ce sont eux qui devraient ĂȘtre punis. CHAPITRE IV SUITE DE LâENTRETIEN DE LâAUMONIER ET AVEC LâHABITANT DE TAHITI Contrairement aux chapitres prĂ©cĂ©dents, le chapitre IV nâest pas introduit. De fait, il est la suite linĂ©aire du chapitre Ill et reprend la conversation entre Orou et lâaumĂŽnier au point oĂč elle en Ă©tait re chapitre Ill et reprend la conversation entre Orou et lâaumĂŽnier u point oĂč elle en Ă©tait restĂ©e juste avant la digression sur le cas de Miss Baker. La ponctuation mettait dâailleurs en Ă©vidence cette interruption du discours » Tu lâas dit. et tout Ă fait logiquement; Orou poursuit son tĂ©moignage sur la conception du mariage Ă Tahiti et lâĂ©loge de la maternitĂ©. La libertĂ© sexuelle est telle que les notions dâinceste et dâadultĂšre nâexistent pas. Si une fille trop laide nia pas de mari, câest un devoir pour son pĂšre de la rendre mĂšre. Si une mĂšre nâattire plus de prĂ©tendants, câest lui rendre hommage et la respecter pour un ils que de partager son lit. CaumĂŽnier interroge Orou sur le libertinage amoureux, câest-Ă - dire sur les transgressions des rituels qui rĂ©gissent les attitudes et les devoirs des enfants avant lâĂąge de la pubertĂ©. Les femmes sont identifiables Ă la couleur de leur voile et chacune doit respecter les » lois » qui rĂ©gissent le voile, sinon, il y a sanction Le voile blanc dĂ©signe la jeune fille vierge avant la pubertĂ©, si elle se laisse sĂ©duire, elle est mise Ă lâĂ©cart dans la cabane paternelle Le voile gris dĂ©signe la jeune fille momentanĂ©ment empĂȘchĂ©e de procrĂ©er. voile noir dĂ©signe es femmes qui ont passĂ© lâĂąge de la mĂ©nopause ; si malgrĂ© tout elles sâadonnent aux plaisirs de lâamour, elles sont exilĂ©es ou elles deviennent esclaves. Ces pratiques insistent sur le fait que lâacte sexuel a pour but premier la procrĂ©ation. La fin de cet entretien est un jugem que lâacte sexuel a pour but premier la procrĂ©ation. La fin de cet entretien est un jugement sans appel sur le ridicule dâautant plus quâil nâest pas respectĂ©et le non sens du vĆu de stĂ©rilitĂ© » prononcĂ© par les religieux catholiques. Ce vĆu est contraire Ă la nature. CHAPITRE V SUITE DU DIALOGUE ENTRE A ET B A et 3 approuvent les mĆurs tahitiennes et remettent en cause la civilisation qui assujettit les hommes Ă des lois artificielles, arbitraires et contradictoires. Puis ils revisitent les conventions de la vie amoureuse » instituĂ©es par le code civil et le code religieux au regard du code la nature le mariage, la galanterie, la coquetterie, la constance, la fidĂ©litĂ©, la fidĂ©litĂ©, la pudeur. La conversation se poursult sur les consĂ©quences dĂ©sastreuses des lois policĂ©es et sur un rĂ©quisitoire Ă lâencontre des sociĂ©tĂ©s uropĂ©ennes en refusant de suivre les lois de la nature, lâhomme est devenu malheureux, il sâest imposĂ© des obstacles, il est la source mĂȘme de ses malheurs. rĂ©sume la misĂšre de la condition de lâhomme civilisĂ© » II existait un homme naturel on a introduit au-dedans de cet homme un homme artificiel ; et il sâest Ă©levĂ© dans la caverne une guerre continuelle qui dure toute la vie. TantĂŽt lâhomme naturel est le plus fort ; tantĂŽt il est terrassĂ© par lâhomme moral et artificiel. La discussion entre A et B sâarrĂȘte avec le retour du beau temps, et la perspective de la poursuite de leur promenade.
1« Du Voyage de Bougainville au SupplĂ©ment de Diderot » Dans son compte rendu du Voyage autour du monde, Diderot Ă©crit : « Les voyageurs entre les historiens, et les Ă©rudits entre les littĂ©rateurs, doivent ĂȘtre les plus crĂ©dules et les plus Ă©bahis des hommes 1; ils mentent, ils exagĂšrent, ils trompent et cela sans mauvaise foi .
Acheter SupplĂ©ment au voyage de Bougainville de Denis Diderot d'occasion. chez Flammarion Genre LittĂ©rature 186 pages Paru en 1972 dans cette collection EAN 9782080702524 C'est en 1772, un an aprĂšs la parution du Voyage autour du monde du baron de Bougainville que l'auteur de Jacques le Fataliste imagine de lui donner ce supplĂ©ment», sous la forme d'un dialogue plaisant et malicieux, non dĂ©pourvu d'audace philosophique . On y voit notamment l'aumĂŽnier de l'expĂ©dition invitĂ© par le Tahitien Orou, son hĂŽte, Ă choisir entre sa femme et ses trois filles celle avec qui il lui plaira de passer la nuit. S'ensuit un vif Ă©change oĂč l'Ă©tat de nature et la libertĂ© des moeurs triomphent aisĂ©ment de nos Conventions. L'affirmation des droits de la Raison, la passion de la connaissance et des dĂ©couvertes, la hardiesse des hypothĂšses philosophiques et morales de l'Ă©crivain, font de ce dialogue Ă©tincelant et allĂšgre un des sommets de la littĂ©rature et de la pensĂ©e des LumiĂšres. Source Le Livre de Poche
Lediscours du vieillard, supplĂ©ment au voyage de Bougainville, chapitre 2, Diderot, 1796, commentaire, analyse. Contact:lescoursjulien@ au voyage de Bougainville, « le discours du vieillard », Diderot, 1796 « Pleurez, malheureux Tahitiens! pleurez; mais que ce soit de lâarrivĂ©e, et non du dĂ©part de ces hommes
Introduction Le pĂ©riple de Bougainville 1766-1769 a Ă©tĂ© demandĂ© par le roi de France. Il a dĂ©couvert Tahiti et raconte son voyage dans Voyage autour du monde dont 4 chapitres sont dĂ©diĂ©s Ă Tahiti. Il y dĂ©crit la façon de vivre du peuple tahitien pas de religion, pas de propriĂ©tĂ©âŠetc.. Il reviendra de son voyage avec des plantes, des cartes etâŠun tahitien !Denis Diderot est nĂ© en 1713 Ă Langres et meurt en 1784 Ă Paris. Il Ă©tudia dans un collĂšge jĂ©suite jusquâĂ sa fuite pour la capitale. Il devient maĂźtre es art en 1732. Il Ă©tudie la thĂ©ologie Ă©tude de la religion pendant trois ans et deux ans la philosophie Ă la Sorbonne. Philosophe des LumiĂšres, il Ă©crit aussi bien des romans Bijoux Indiscrets, 1748 ou La Religieuse 1760 que des essais PensĂ©es Philosophiques 1746 ou encore du théùtre Le PĂšre de famille 1758. LâĆuvre de sa vie reste lâEncyclopĂ©die celle qu'il partage avec d'Alambert quâil dirige de 1747 Ă 1772 malgrĂ© les difficultĂ©s causĂ©es par la Ă©tudiĂ©Au dĂ©part de Bougainville, lorsque les habitants accouraient en foule sur le rivage, s'attachaient Ă ses vĂȘtements, serraient ses camarades entre leurs bras, et pleuraient, ce vieillard s'avança d'un air sĂ©vĂšre, et dit "Pleurez, malheureux Tahitiens ! pleurez ; mais que ci soit de l'arrivĂ©e, et lion du dĂ©part de ces hommes ambitieux et mĂ©chants un jour, vous les connaĂźtrez mieux. Un jour, ils reviendront, le morceau de bois que vous voulez attachĂ© Ă la ceinture de celui-ci, dans une main, et le fer qui pend au cĂŽtĂ© de celui-lĂ , dans l'autre, vous enchaĂźner, vous Ă©gorger, ou vous assujettir Ă leurs extravagances et Ă leurs vices ; un jour vous servirez sous eux aussi corrompus, aussi vils, aussi malheureux qu'eux Mais je me console ; je touche Ă la fin de ma carriĂšre ; et la calamitĂ© que je vous annonce, je ne la verrai point. Tahitiens ! ĂŽ mes amis ! vous auriez un moyen d'Ă©chapper Ă un funeste avenir ; mais j'aimerais mieux mourir que de vous eu donner le conseil. Qu'ils s'Ă©loignent, et qu'ils vivent."Puis s'adressant Ă Bougainville, il ajouta "Et toi, chef des brigands qui t'obĂ©issent, Ă©carte promptement ton vaisseau de notre rive nous sommes innocents, nous sommes heureux ; et tu ne peux que nuire Ă notre bonheur. Nous suivons le pur instinct de la nature ; et tu as tentĂ© d'effacer de nos Ăąmes son caractĂšre. Ici tout est Ă tous ; et tu nous as prĂȘchĂ© je ne sais quelle distinction du tien et du mien. Nos filles et nos femmes nous sont communes ; tu as partagĂ© ce privilĂšge avec nous ; et tu es venu allumer en elles des fureurs inconnues. Elles sont devenues folles dans tes bras ; tu es devenu fĂ©roce entre les leurs. Elles ont commencĂ© Ă se haĂŻr ; vous vous ĂȘtes Ă©gorgĂ©s pour elles ; et elles nous sont revenues teintes de votre sang. Nous sommes libres ; et voilĂ que tu as enfoui dans notre terre le titre de notre futur esclavage. Tu n'es ni un dieu, ni un dĂ©mon qui es-tu donc, pour faire des esclaves ? 0rou ! toi qui entends la langue de ces hommes-lĂ , dis-nous Ă tous, comme tu me l'as dit Ă moi-mĂȘme, ce qu'ils ont Ă©crit sur cette lame de mĂ©tal Ce pays est Ă nous. Ce pays est Ă toi ! et pourquoi ? parce que tu y as mis le pied ? Si un Tahitien dĂ©barquait un jour sur vos cĂŽtes, et qu'il gravĂąt sur une de vos pierres ou sur l'Ă©corce d'un de vos arbres Ce pays est aux habitants de Tahiti, qu'en penserais-tu ? Tu es le plus fort ! Et qu'est-ce que cela fait ? Lorsqu'on t'a enlevĂ© une des mĂ©prisables bagatelles dont ton bĂątiment est rempli, tu t'es rĂ©criĂ©, tu t'es vengĂ© ; et dans le mĂȘme instant tu as projetĂ© au fond de ton cĆur le vol de toute une contrĂ©e ! Tu n'es pas esclave tu souffrirais plutĂŽt la mort que de l'ĂȘtre, et tu veux nous asservir ! Tu crois donc que le Tahitien ne sait pas dĂ©fendre sa libertĂ© et mourir ? Celui dont tu veux t'emparer comme de la brute, le Tahitien est ton ĂȘtes deux enfants de la nature ; quel droit as-tu sur lui qu'il n'ait pas sur toi ? Tu es venu ; nous sommes-nous jetĂ©s sur ta personne ? avons-nous pillĂ© ton vaisseau ? t'avons-nous saisi et exposĂ© aux flĂšches de nos ennemis ? t'avons-nous associĂ© dans nos champs au travail de nos animaux ? Nous avons respectĂ© notre image en toi. Laisse nous nos mĆurs ; elles sont plus sages et plus honnĂȘtes que les tiennes ; nous ne voulons point troquer ce que tu appelles notre ignorance, contre tes inutiles lumiĂšres. Tout ce qui nous est nĂ©cessaire et bon, nous le dignes de mĂ©pris, parce que nous n'avons pas su nous faire des besoins superflus ? Lorsque nous avons faim, nous avons de quoi manger ; lorsque nous avons froid, nous avons de quai nous vĂȘtir. Tu es entrĂ© dans nos cabaties, qu'y manque-t-il, Ă ton avis ? Poursuis jusqu'oĂč tu voudras ce que tu appelles commoditĂ©s de la vie ; mais permets Ă des ĂȘtres sensĂ©s de s'arrĂȘter, lorsqu'ils n'auraient Ă obtenir, de la continuitĂ© de leurs pĂ©nibles efforts, titre des biens imaginaires. Si tu nous persuades de franchir l'Ă©troite limite du besoin, quand finirons-nous de travailler ? Quand jouirons-nous ? Nous avons rendu la somme de nos fatigues annuelles et journaliĂšres la moindre qu'il Ă©tait possible, parce que rien ne nous paraĂźt prĂ©fĂ©rable au repos. Va dans ta contrĂ©e t'agiter, te tourmenter tant que tu voudras ; laisse-nous reposer ne nous entĂȘte lĂ de tes besoins factices, ni de tes vertus au voyage de Bougainville extrait - DiderotI La critique de Bougainville et des EuropĂ©ens par le vieillardUne critique du comportement Le vieillard tahitien semble construire un vĂ©ritable rĂ©quisitoire =discours dâaccusation Ă lâencontre des EuropĂ©ens. Bougainville paraĂźt ĂȘtre lâincarnation du mal il a tous les dĂ©fauts et semble ĂȘtre la source de tous les maux des Tahitiens Tu ne peux que nuire ». LâEuropĂ©en est vu comme nuisible, nocif. Il ne peut rien apporter de bien car ses mĆurs sont corrompues jugement de valeur. Il passe pour quelquâun de malhonnĂȘte. DĂšs la premiĂšre apostrophe, le vieillard les appelle brigands ». Ce sont Ă©galement des criminels il a un important champ lexical de la violence fĂ©roce », votre sang », Ă©gorgĂ©s » ce qui marque un contraste avec les Tahitiens puisque le vieillard commence dans les premiĂšres lignes par dire nous sommes innocents ». LâEuropĂ©en est dĂ©crit comme un dominateur prĂȘt Ă rĂ©duire en esclavage une population au nom de la loi du plus fort. Tu as enfoui dans nos terres le titre de notre future esclavage » => alors que jusquâici les Tahitiens vivaient paisiblement sans chercher la guerre ni la conquĂȘte. LâEuropĂ©en nâa aucune lĂ©gitimitĂ© en tant que maĂźtre auprĂšs des Tahitiens Tu nâes ni un dieu ni un dĂ©mon qui es-tu donc pour faire des esclaves ? » Les EuropĂ©ens se comportent comme des sauvages aux yeux des Tahitiens. Câest un animal qui rĂ©pond Ă ses pulsions de domination et de guerre. Il nâa aucune lĂ©gitimitĂ© Ă rĂ©duire un autre homme en esclavage. La critique des valeurs En plus de la critique du comportement, le vieillard critique violemment les valeurs des EuropĂ©ens. La notion de propriĂ©tĂ© nâexiste pas chez les Tahitiens, tout appartient Ă la communautĂ©. A lâarrivĂ©e des EuropĂ©ens ils ont donc pu profiter de leurs filles » et de leurs femmes ». Les EuropĂ©ens se sont Ă©gorgĂ©s » pour elles un comportement que les Tahitiens ne peuvent cautionner puisque tous avaient ce quâils nĂ©cessitaient ils nâavaient aucun besoin de se battre. Le fait d'appartenir Ă un homme n'est pas connu pour ce peuple. Le Tahitien est ton frĂšre. Vous ĂȘtes deux enfants de la nature quel droit as-tu quâil nâait pas sur toi ? » => Ce nâest pas ainsi quâon doit traiter son Ă©gal. Le Tahitien juge les besoins des EuropĂ©ens superflus » car celui-ci avec son idĂ©al expansionniste ne sâarrĂȘte jamais et veut toujours plus. D'ailleurs, c'est ce qui amĂšne les EuropĂ©ens Ă Tahiti ils veulent dĂ©couvrir de nouvelles contrĂ©es et les faire leurs. Le vieillard affirme aussi quâils profĂšrent dâ inutiles lumiĂšres », ce qui est trĂšs insultant pour des EuropĂ©ens qui se croient justement supĂ©rieur grĂące Ă la science qui leur Ă apporter tous ce dont ils ont besoin pour dominer les autres peuples. Il balaie ainsi leur sentiment de supĂ©rioritĂ©. Ce que tu appelles notre ignorance » => ce nâest que de lâinsouciance et de lâindiffĂ©rence face Ă tes problĂšmes ou Ă tes prĂ©occupations qui semblent tellement vaines et vides de sens. Il s'agit d'une forte critique contre l'idĂ©e des LumiĂšres puisque le but de se mouvement est de diffuser les connaissances mais ce tahitien refuse et va mĂȘme jusqu'Ă dire que c'est inutile. Le principal reproche est plutĂŽt la violence morale que la violence physique car les EuropĂ©ens veulent changer la culture des Tahitiens. Les EuropĂ©ens ne savent pas distinguer le nĂ©cessaire de lâinutile. Le Tahitien utilise Ă deux reprises lâexpression ce que tu appelles » sous-entendu Ă tort ! Ils nâont plus les vraies notions, celles que la nature donne Ă chaque homme avant dâĂȘtre corrompus. Leurs dĂ©sirs sont factices » chimĂ©riques ».La notion dâEpicurisme et dâethnocentrisme Apparait dans le texte la notion dâEpicurisme. On retrouve la quĂȘte du bonheur comme finalitĂ© humaine. Pour Epicure, le but de lâexistence est le bonheur et la plĂ©nitude de lâĂąme. Le corps et lâĂąme sont matiĂšre cf. matĂ©rialiste. Tout est matĂ©riel, nous sommes composĂ©s de matiĂšre dâatomes. On peut ainsi supprimer la peur de la mort et la peur des Dieux tout est matiĂšre donc il nây a pas de vie aprĂšs la mort. Il faut renoncer aux passions communes aux hommes la passion du pouvoir, la passion de lâargent. passion vient du terme latin patio qui veut dire souffrir. Dans l'idĂ©al d'Epicure, il faut Ă©viter au maximum les douleurs et les souffrances et satisfaire des dĂ©sirs, des dĂ©sirs nobles pour autant. En cela, on peut nuancer l'idĂ©e d'Epicurisme chez le Tahitien car pour Epicure, les plus grands plaisirs sont ceux de l'esprit il s'agit de l'acquisition de connaissance, de rĂ©flexion. Or les Tahitiens n'ont que faire de la science des EuropĂ©ens. Lâexpression Carpe Diem » signifiant Cueille le jour » est extraite dâun poĂšme dâHorace dont le vers entier est Carpe diem quam minimum credula postero » signifiant Cueille le jour prĂ©sent sans te soucier du lendemain ». Elle illustre parfaitement la notion dâEpicurisme. Par opposition, on peut Ă©galement voir dans le texte une critique de lâethnocentrisme câest-Ă -dire une tendance Ă privilĂ©gier le groupe social auquel on appartient et Ă en faire le seul modĂšle de Le Fondement du bonheur des Tahitiens Câest un bonheur fondĂ© sur la libertĂ© les hommes ne rĂ©pondent pas Ă des normes et on voit une absence totale dâobligation. Il s'agit d'une conception du bonheur trĂšs Ă©picurienne. La sociĂ©tĂ© tahitienne est libre et ne souffre dâaucune contrainte. Cette notion de libertĂ© est liĂ©e Ă lâabsence de propriĂ©tĂ© privĂ©e. Il sâagit dâune communautĂ© ou tous les biens sont partagĂ©s et les responsabilitĂ©s envers les personnes proches sont amoindries par lâappartenance Ă la communautĂ© ici, tout est Ă tous » ! Ils nâont pas besoin de travailler plus que nĂ©cessaire puisque tout ce qui [leur] est nĂ©cessaire et bon, [ils] le possĂšdent ». Lorsquâils ont faim, il y a de quoi manger. Lorsquâils ont froid, il y a de quoi se vĂȘtir. Les Tahitiens vivent en communautĂ© soudĂ©e et en harmonie avec la nature. Leur philosophie basĂ©e sur lâĂ©picurisme les encourage Ă distinguer les besoins nĂ©cessaires » des besoins superflus ». On trouve ainsi un Ă©loge de lâinnocence puisque le savoir, la connaissance, sont prĂ©sentĂ©s comme des inutiles lumiĂšres ». La connaissance pour la connaissance ne sert pas aux Tahitiens, peu importe sâils ne parlent pas latin et sâils ne connaissent pas les grands auteurs ils sont heureux comme ils sont et de telles connaissances ne leur servirait Ă rien. Ils ont la connaissance par lâexpĂ©rience cf. empirisme. La vie des Tahitiens, libres, innocents, heureux, qui prennent le temps de vivre et qui ne connaissent pas la jalousie est une sorte dâAge dâor. Cf. mythe de lâĂąge dâor [HĂ©siode, le premier Ă avoir eu une vision cyclique de lâhistoire lâĂąge dâor serait le dĂ©but de lâhumanitĂ© quand la guerre, la faim nâexistait pas, un Ăąge de paix civile et dâabondanceâŠ].Autres articles catĂ©gorie littĂ©rature
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SupplĂ©mentau Voyage de Bougainville. ou Dialogue entre A et B sur lâinconvĂ©nient dâattacher des idĂ©es morales Ă certaines actions physiques qui nâen comportent pas (conte philosophique de Denis Diderot). RĂ©sumĂ© : Les protagonistes du dialogue de Diderot, A et B, discutent du Voyage autour du monde du navigateur français Louis
Livres Ebooks & liseuses NouveautĂ©s Coups de cĆur Livres Ă prix rĂ©duits Bons plans Papeterie Jeux Reprise de livres Un conte philosophique de Diderot, suivi d'une anthologie sur le thĂšme de la nature humaine. Edition annotĂ©e, avec un dossier pour les lycĂ©ens. Le... Lire la suite 3,05 ⏠Poche En stock 3,05 ⏠Ebook TĂ©lĂ©chargement immĂ©diat 2,99 ⏠TĂ©lĂ©chargement immĂ©diat 2,99 ⏠En stock en ligne LivrĂ© chez vous Ă partir du 31 aoĂ»t Un conte philosophique de Diderot, suivi d'une anthologie sur le thĂšme de la nature humaine. Edition annotĂ©e, avec un dossier pour les lycĂ©ens. Le texte de Dans un rĂ©cit attribuĂ© au navigateur Bougainville et qui constituerait un supplĂ©ment Ă son Voyage autour du monde, un vieux Tahitien dĂ©nonce les moeurs et les lois que les EuropĂ©ens prĂ©tendent leur imposer et loue la sagesse de son peuple qui vit libre et heureux. Les propos du bon usage permettent Ă Diderot de se livrer Ă une sĂ©vĂšre critique de la sociĂ©tĂ© europĂ©enne et de s'interroger sur les lois qui doivent gouverner les hommes et autres textes sur le thĂšme de la nature humaine. L'anthologie, qui fait suite au rĂ©cit, met en perspective la rĂ©flexion de Diderot sur la nature humaine Ă travers des textes des LumiĂšres et d'autres Ă©poques. Avec un dossier critique, Comprenant toutes les ressources utiles au lycĂ©en pour Ă©tudier l'oeuvre des repĂšres historiques et biographiques ; des fiches sur les principaux axes de lecture de l'oeuvre ; deux groupements de textes thĂ©matiques ; des documents iconographiques en couleurs et des lectures d'images ; des sujets de type bac pour l'Ă©crit et pour l'oral. Et un guide pĂ©dagogique ; Sur la page. En accĂšs gratuit pour les enseignants, il propose une sĂ©quence de cours sur l'oeuvre et les corrigĂ©s des sujets de type bac. Date de parution 28/08/2013 Editeur Collection ISBN 978-2-218-97153-2 EAN 9782218971532 Format Poche PrĂ©sentation BrochĂ© Nb. de pages 159 pages Poids Kg Dimensions 12,6 cm Ă 17,5 cm Ă 0,8 cm
DIDEROT SupplĂ©ment au Voyage de Bougainville, prĂ©sentation et notes de Paul-Ădouard Levayer, Paris, Librairie GĂ©nĂ©rale Française, coll. Le Livre de Poche â Libretti, [] 2003, 122 p. Ătonnamment, je nâavais jusquâĂ prĂ©sent jamais rien lu de Diderot, ou presque. Ce SupplĂ©ment au Voyage de Bougainville, sans doute un de ses ouvrages qui mâattiraient le plus, a d
Les protagonistes du dialogue de Diderot, A et B, discutent du Voyage autour du monde du navigateur français Louis Antoine de Bougainville rĂ©cemment paru en 1771. B propose de parcourir un prĂ©tendu SupplĂ©ment qui en remet en question certaines soi-disant Ă©vidences Ă©noncĂ©es par Bougainville. Deux passages de ce supplĂ©ment sont enchĂąssĂ©s dans la discussion Les adieux du vieillard, et le long Entretien de l'aumĂŽnier et d'Orou. Chapitre 1 Jugement du voyage de Bougainville Au moment oĂč il commence, le dialogue a l'air d'ĂȘtre la suite d'une conversation. Les deux personnages attendent que le brouillard se lĂšve pour continuer leur pĂ©riple. B est en train de lire le Voyage autour du monde de Bougainville. A, qui n'a pas lu cet ouvrage interroge B sur la personnalitĂ© de Bougainville un homme curieux qui passe d'une vie sĂ©dentaire et de plaisirs au mĂ©tier actif, pĂ©nible, usant et dissipĂ© du voyageur » et sur son voyage, ce qui permet Ă B de rappeler les grandes Ă©tapes de son pĂ©riple. Ensuite sont Ă©voquĂ©es les difficultĂ©s rencontrĂ©es les Ă©lĂ©ments naturels, les maladies, les dĂ©gĂąts matĂ©riels, la difficultĂ© d'avoir des secours. Puis ce sont des considĂ©rations sur des Ă©vĂ©nements particuliers l'attitude colonisatrice des JĂ©suites au Paraguay et leur expulsion ; la remise en cause du gigantisme des Patagons, tels que les avait dĂ©crits Magellan ; la sagesse et la qualitĂ© de vie des sauvages, tant que leur sĂ©curitĂ© n'est pas en danger ; la prĂ©sentation d'Aotourou, le tahitien qui accompagna Bougainville Ă Paris et des remarques sur la difficultĂ© de rendre compte des mĆurs europĂ©ennes tant elles diffĂšrent des leurs. Le chapitre se termine par des considĂ©rations d'ordre mĂ©tĂ©orologique le brouillard s'est levĂ©, les deux compagnons vont pouvoir continuer leur balade. Devant la curiositĂ© de A, B l'encourage Ă lire la suite du rĂ©cit de Bougainville ... tenez, lisez, allez droit aux adieux que fit un des chefs de l'Ăźle Ă nos voyageurs ... ». 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Il les met en garde contre leur Ă©ventuel retour, qui serait fatal pour chacun d'eux et il leur prĂ©voit un avenir sombre ... un jour, vous servirez sous eux, aussi corrompus, aussi vils, aussi malheureux qu'eux. » Puis il s'adresse Ă Bougainville, le chef des brigands », avec mĂ©pris. Il le blĂąme de son influence nĂ©faste sur les Tahitiens et fait un portrait machiavĂ©lique des EuropĂ©ens qui ont eu pour seul but de dĂ©truire leur bonheur. TrĂšs rapidement le discours se transforme en un Ă©loge de la vie sauvage et un rĂ©quisitoire contre les EuropĂ©ens. Il Ă©numĂšre les diffĂ©rents mĂ©faits causĂ©s par l'expĂ©dition les dĂ©naturer, Ă©veiller en eux la jalousie et la rivalitĂ©, violer leur libertĂ©, voler leurs biens, ne pas les avoir respectĂ©s comme eux-mĂȘmes les avaient respectĂ©s, les pervertir et leur apprendre le mal. Par delĂ cette accusation, on peut lire une satire de l'attitude des peuples dits civilisĂ©s qui ne sont que des empoisonneurs des nations ». Pour finir, il implore la malĂ©diction pour Bougainville et son Ă©quipage Va, et puissent les mers coupables qui t'ont Ă©pargnĂ© dans ton voyage, s'absoudre et nous venger en t'engloutissant avant ton retour. ». A et B ne commentent pas vraiment les propos du vieillard mais ils s'attardent Ă justifier la vĂ©racitĂ© du discours. En effet, ce passage n'existe pas chez Bougainville et Diderot, pour donner de la crĂ©dibilitĂ©, feint de supposer que Bougainville a prĂ©fĂ©rĂ© ne pas retenir ce discours pour Ă©pargner les EuropĂ©ens. Comme dans les prĂ©cĂ©dents chapitres, le suivant est annoncĂ©. Enfin B fait rĂ©fĂ©rence Ă l'aventure de BarrĂ©, cette jeune femme, maĂźtresse de Commerson, qui avait embarquĂ© Ă Saint-Malo, dĂ©guisĂ©e en homme. Chapitre 3 Entretien de l'aumĂŽnier et d'Orou Le chapitre s'ouvre sur la prĂ©sentation des deux protagonistes Orou, l'hĂŽte, agĂ© de 36 ans, mariĂ© et pĂšre de trois filles Asto, Palli et Thia, et l'aumĂŽnier de l'expĂ©dition, du mĂȘme Ăąge que son hĂŽte. ConformĂ©ment au code de l'hospitalitĂ©, Orou offre une des quatre femmes Ă l'aumĂŽnier pour agrĂ©menter sa nuit. Devant son refus au nom de sa religion, son Ă©tat, les bonnes mĆurs et l'honnĂȘtetĂ© » s'engage une conversation entre les deux hommes dans un premier temps, Orou invite l'aumĂŽnier Ă se plier Ă leurs mĆurs, et convaincu, le jeune jĂ©suite cĂšde Ă la tentation et accepte de passer la nuit avec Thia, la plus jeune des filles qui n'a ni mari, ni enfants. Le lendemain, Orou demande Ă l'aumĂŽnier de lui expliquer ce que signifie le terme religion ». Il expose la conception chrĂ©tienne du monde, Ćuvre d'un Dieu tout-puissant, Ă©ternel et invisible et le code moral chrĂ©tien dictĂ© par Dieu, lĂ©gifĂ©rant ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est permis et ce qui est interdit. Orou, dans une longue rĂ©plique, dĂ©montre au jĂ©suite que les principes divins sont contraires Ă la Nature et Ă la Raison. Pour lui, l'homme n'appartient Ă personne. Il remet en cause le fondement et l'existence des lois morales, sociales et juridiques. Orou fait preuve de bon sens et affirme n'avoir qu'un dessein faire le bien et respecter la nature. La discussion se poursuit, l'aumĂŽnier interroge Orou sur la question du mariage. La dĂ©finition qu'il en donne est en tout point conforme Ă l'esprit de nature le consentement d'habiter une mĂȘme cabane, et de coucher dans un mĂȘme lit, tant que nous nous y trouvons bien ... ». Ce qui importe c'est le fruit de l'union et Orou explique avec enthousiasme le culte de la maternitĂ© et plus une fille a d'enfants, plus elle est convoitĂ©e. La vraie richesse de l'Ăźle, ce sont les enfants, et tout naturellement la conversion s'attarde sur les rituels des enfants avant qu'ils aient atteint l'Ăąge nubile, rituels diffĂ©rents selon qu'ils sont filles ou garçons. Ces rituels doivent ĂȘtre strictement observĂ©s sous peine d'ĂȘtre punis par la communautĂ©. A interrompt la soi-disant lecture linĂ©aire du livre de Bougainville pour s'attarder sur une note en marge du texte, un commentaire de l'aumĂŽnier sur la sagesse de cette conception du mariage qui respecte la libertĂ© de chacun. Comme dans le chapitre prĂ©cĂ©dent, Diderot feint de justifier la vĂ©racitĂ© des propos et prĂ©texte la censure de la bonne morale europĂ©enne pour justifier l'absence de ce passage dans le rĂ©cit du navigateur. A et B se livrent Ă une digression et Ă©voquent une anecdote contemporaine, l'aventure malheureuse de Miss Polly Baker. Cette jeune fille, mĂšre hors du mariage est punie par la loi. B rapporte un extrait de sa dĂ©fense, mettant en Ă©vidence que son Ă©tat ne rĂ©sulte que de l'infamie des hommes qui profitent d'elle sans pour autant en assumer les consĂ©quences, en toute logique, ce sont eux qui devraient ĂȘtre punis. Chapitre 4 Suite de l'entretien de l'aumĂŽnier et l'habitant de Tahiti Ce chapitre reprend la conversation entre Orou et l'aumĂŽnier au point oĂč elle en Ă©tait restĂ©e juste avant la digression sur le cas de Miss Baker. La ponctuation mettait d'ailleurs en Ă©vidence cette interruption du discours " Tu l'as dit...." et tout Ă fait logiquement Orou poursuit son tĂ©moignage sur la conception du mariage Ă Tahiti et l'Ă©loge de la maternitĂ©. La libertĂ© sexuelle est telle que les notions d'inceste et d'adultĂšre n'existent pas. Si une fille trop laide n'a pas de mari, c'est un devoir pour son pĂšre de la rendre mĂšre. Si une mĂšre n'attire plus de prĂ©tendants, c'est lui rendre hommage et la respecter pour un fils que de partager son lit. L'aumĂŽnier interroge Orou sur le libertinage amoureux, c'est-Ă -dire sur les transgressions des rituels qui rĂ©gissent les attitudes et les devoirs des enfants avant l'Ăąge de la pubertĂ©. Les femmes sont identifiables Ă la couleur de leur voile et chacune doit respecter les lois qui rĂ©gissent le voile, sinon, il y a sanction le voile blanc dĂ©signe la jeune fille vierge avant la pubertĂ©, si elle se laisse sĂ©duire, elle est mise Ă l'Ă©cart dans la cabane paternelle ; le voile gris dĂ©signe la jeune fille momentanĂ©ment empĂȘchĂ©e de procrĂ©er ; le voile noir dĂ©signe les femmes qui ont passĂ© l'Ăąge de la mĂ©nopause. Si malgrĂ© tout elles s'adonnent aux plaisirs de l'amour, elles sont exilĂ©es ou elles deviennent esclaves. Ces pratiques insistent sur le fait que l'acte sexuel a pour but premier la procrĂ©ation. La fin de cet entretien est un jugement sans appel sur le ridicule d'autant plus qu'il n'est pas respectĂ© et le non sens du "vĆu de stĂ©rilitĂ©", contraire Ă la nature, prononcĂ© par les religieux catholiques. Chapitre 5 Suite du dialogue entre A et B A et B approuvent les mĆurs tahitiennes et remettent en cause la civilisation qui assujettit les hommes Ă des lois artificielles, arbitraires et contradictoires. Puis ils revisitent les conventions de la vie amoureuse instituĂ©es par le code civil et le code religieux au regard du code de la nature le mariage, la galanterie, la coquetterie, la constance, la fidĂ©litĂ©, la pudeur. La conversation se poursuit sur les consĂ©quences dĂ©sastreuses des lois policĂ©es et sur un rĂ©quisitoire Ă l'encontre des sociĂ©tĂ©s europĂ©ennes en refusant de suivre les lois de la nature, l'homme est devenu malheureux, il s'est imposĂ© des obstacles, il est la source mĂȘme de ses malheurs. B rĂ©sume la misĂšre de la condition de l'homme civilisĂ© Il existait un homme naturel on a introduit au-dedans de cet homme un homme artificiel ; et il s'est Ă©levĂ© dans la caverne une guerre continuelle qui dure toute la vie. TantĂŽt l'homme naturel est le plus fort ; tantĂŽt il est terrassĂ© par l'homme moral et artificiel. ». La discussion entre A et B s'arrĂȘte avec le retour du beau temps, et la perspective de la poursuite de leur promenade.
RĂ©sumĂ©de l'Ćuvre. Le voyage de Bougainville est un dialogue entre le personnage A et le personnage B. Lors d'une promenade, ils sont stoppĂ© par le brouillard. B lis alors le Voyage autour du monde du navigateur Louis Antoine de Bougainville. A ne l'ayant pas lu, B lui propose de parcourir et de commenter le «supplĂ©ment» de cet ouvrage qui remet en question certaines
SupplĂ©ment au Voyage de Bougainville Publication Auteur Denis Diderot Langue Français Recueil Opuscules philosophiques et littĂ©raires, la plupart posthumes ou inĂ©dites 1789 Intrigue Genre Conte philosophique Nouvelle prĂ©cĂ©dente/suivante Madame de La CarliĂšre Le SupplĂ©ment au Voyage de Bougainville, ou Dialogue entre A et B sur l'inconvĂ©nient d'attacher des idĂ©es morales Ă certaines actions physiques qui n'en comportent pas, est un conte philosophique de Denis Diderot Ă©crit en mai 1776[1]. Il paraĂźt pour la premiĂšre fois en volume en avril 1796 â Ă titre posthume, 12 ans aprĂšs le dĂ©cĂšs de l'auteur â dans un recueil dâOpuscules philosophiques et littĂ©raires, la plupart posthumes ou inĂ©dites. Le texte se prĂ©sente comme une suite au Voyage autour du monde de Louis-Antoine de Bougainville, publiĂ© en 1771. Cela explique que le titre du texte de Diderot comporte bien une majuscule au mot Voyage ». PrĂ©cĂ©dĂ© de Ceci nâest pas un conte et de Madame de La CarliĂšre, il clĂŽt un triptyque de contes moraux rĂ©digĂ©s en 1772[2] qui parut dans la Correspondance littĂ©raire[3]. Cette Ćuvre a inspirĂ© Ă Jean Giraudoux la piĂšce de théùtre le SupplĂ©ment au voyage de Cook, créé par Louis Jouvet en 1935. RĂ©sumĂ© Les protagonistes du dialogue de Diderot, A et B, discutent du Voyage autour du monde du navigateur français Louis-Antoine de Bougainville rĂ©cemment paru en 1771. B propose de parcourir un prĂ©tendu SupplĂ©ment qui remet en question certaines prĂ©tendues Ă©vidences Ă©noncĂ©es par Bougainville, premier Français ayant fait le tour du monde. Deux passages de ce SupplĂ©ment sont enchĂąssĂ©s dans la discussion Les adieux du vieillard, et le long Entretien de l'aumĂŽnier et d'Orou. Chapitre 1 Jugement du voyage de Bougainville Au moment oĂč il commence, le dialogue a l'air d'ĂȘtre la suite d'une conversation entre 2 personnages. Ces derniers attendent que le brouillard se lĂšve pour continuer leur pĂ©riple. B est en train de lire le Voyage autour du monde de Bougainville. A, qui n'a pas lu cet ouvrage interroge B sur la personnalitĂ© de Bougainville un homme curieux qui passe d'une vie sĂ©dentaire et de plaisirs au mĂ©tier actif, pĂ©nible, usant et dissipĂ© du voyageur » et sur son voyage, ce qui permet Ă B de rappeler les grandes Ă©tapes de son pĂ©riple. Ensuite sont Ă©voquĂ©es les difficultĂ©s rencontrĂ©es les Ă©lĂ©ments naturels, les maladies, les dĂ©gĂąts matĂ©riels, la difficultĂ© d'avoir des secours. Puis ce sont des considĂ©rations sur des Ă©vĂ©nements particuliers l'attitude colonisatrice des JĂ©suites au Paraguay et leur expulsion ; la remise en cause du gigantisme des Patagons, tels que les avait dĂ©crits Magellan ; la sagesse et la qualitĂ© de vie des sauvages, tant que leur sĂ©curitĂ© n'est pas en danger ; la prĂ©sentation d'Aotourou, l'OtahĂŻtien qui accompagna Bougainville Ă Paris et des remarques sur la difficultĂ© de rendre compte des mĆurs europĂ©ennes tant elles diffĂšrent des leurs. Le chapitre se termine par des considĂ©rations d'ordre mĂ©tĂ©orologique le brouillard s'est levĂ©, les deux compagnons vont pouvoir continuer leur balade. Devant la curiositĂ© de A, B l'encourage Ă lire la suite du rĂ©cit de Bougainville ... tenez, lisez, allez droit aux adieux que fit un des chefs de l'Ăźle Ă nos voyageurs ... ». Chapitre 2 Les adieux du vieillard Au moment du dĂ©part des EuropĂ©ens, le vieillard, celui qui s'Ă©tait retirĂ© et enfermĂ© dans un mutisme total Ă l'arrivĂ©e des EuropĂ©ens, figure emblĂ©matique de la sagesse, adresse un discours, d'abord Ă ses compatriotes il leur reproche de s'Ă©mouvoir du dĂ©part de ceux qu'il considĂšre comme des envahisseurs, leur rappelant que c'est plutĂŽt leur arrivĂ©e sur l'Ăźle qu'il faut dĂ©plorer. Il les met en garde contre leur Ă©ventuel retour, qui serait fatal pour chacun d'eux et il leur prĂ©voit un avenir sombre ... un jour, vous servirez sous eux, aussi corrompus, aussi vils, aussi malheureux qu'eux. ». Puis il s'adresse Ă Bougainville, le chef des brigands », avec mĂ©pris. Il le blĂąme de son influence nĂ©faste sur les Tahitiens et fait un portrait machiavĂ©lique des EuropĂ©ens, qui ont eu pour seul but de dĂ©truire leur bonheur. TrĂšs rapidement, le discours se transforme en un Ă©loge de la vie sauvage et un rĂ©quisitoire contre les EuropĂ©ens. Il Ă©numĂšre les diffĂ©rents mĂ©faits causĂ©s par l'expĂ©dition les dĂ©naturer, Ă©veiller en eux la jalousie et la rivalitĂ©, violer leur libertĂ©, voler leurs biens, ne pas les avoir respectĂ©s comme eux-mĂȘmes les avaient respectĂ©s, les pervertir et leur apprendre le mal. Par delĂ cette accusation, on peut lire une satire de l'attitude des peuples dits civilisĂ©s qui ne sont que des empoisonneurs des nations ». Pour finir, il implore la malĂ©diction pour Bougainville et son Ă©quipage Va, et puissent les mers coupables qui t'ont Ă©pargnĂ© dans ton voyage, s'absoudre et nous venger en t'engloutissant avant ton retour. ». A et B ne commentent pas vraiment les propos du vieillard mais ils s'attardent Ă justifier la vĂ©racitĂ© du discours. En effet, ce passage n'existe pas chez Bougainville et Diderot, pour donner de la crĂ©dibilitĂ©, feint de supposer que Bougainville a prĂ©fĂ©rĂ© ne pas retenir ce discours pour Ă©pargner les EuropĂ©ens. Comme dans les prĂ©cĂ©dents chapitres, le suivant est annoncĂ©. Enfin B fait rĂ©fĂ©rence Ă l'aventure de BarrĂ©, cette jeune femme, maĂźtresse de Commerson, qui avait embarquĂ© Ă Saint-Malo, dĂ©guisĂ©e en homme. Chapitre 3 Entretien de l'aumĂŽnier et d'Orou Le chapitre s'ouvre sur la prĂ©sentation des deux protagonistes Orou, l'hĂŽte, ĂągĂ© de 36 ans, mariĂ© et pĂšre de trois filles Asto, Palli et Thia et fils de Poseidon, et l'aumĂŽnier de l'expĂ©dition, du mĂȘme Ăąge que son hĂŽte. ConformĂ©ment au code de l'hospitalitĂ©, Orou offre une des quatre femmes Ă l'aumĂŽnier pour agrĂ©menter sa nuit. Devant son refus au nom de sa religion, son Ă©tat, les bonnes mĆurs et l'honnĂȘtetĂ© » s'engage une conversation entre les deux hommes dans un premier temps, Orou invite l'aumĂŽnier Ă se plier Ă leurs mĆurs, et convaincu, le jeune jĂ©suite cĂšde Ă la tentation et accepte de passer la nuit avec Thia, la plus jeune des filles qui n'a ni mari, ni enfants. Le lendemain, Orou demande Ă lâaumĂŽnier de lui expliquer ce que signifie le terme religion ». Il expose la conception chrĂ©tienne du monde, Ćuvre d'un Dieu tout-puissant, Ă©ternel et invisible et le code moral chrĂ©tien dictĂ© par Dieu, lĂ©gifĂ©rant ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est permis et ce qui est interdit. Orou, dans une longue rĂ©plique, dĂ©montre au jĂ©suite que les principes divins sont contraires Ă la Nature et Ă la Raison. Pour lui, l'homme n'appartient Ă personne. Il remet en cause le fondement et l'existence des lois morales, sociales et juridiques. Orou fait preuve de bon sens et affirme n'avoir qu'un dessein faire le bien et respecter la nature. La discussion se poursuit, l'aumĂŽnier interroge Orou sur la question du mariage. La dĂ©finition qu'il en donne est en tout point conforme Ă l'esprit de nature le consentement d'habiter une mĂȘme cabane, et de coucher dans un mĂȘme lit, tant que nous nous y trouvons bien ... ». Ce qui importe c'est le fruit de l'union et Orou explique avec enthousiasme le culte de la maternitĂ© et plus une fille a d'enfants, plus elle est convoitĂ©e. La vraie richesse de l'Ăźle, ce sont les enfants, et tout naturellement la conversation s'attarde sur les rituels des enfants avant qu'ils aient atteint l'Ăąge nubile, rituels diffĂ©rents selon qu'ils sont filles ou garçons. Ces rituels doivent ĂȘtre strictement observĂ©s sous peine d'ĂȘtre punis par la communautĂ©. A interrompt la prĂ©tendue lecture linĂ©aire du livre de Bougainville pour s'attarder sur une note en marge du texte, un commentaire de l'aumĂŽnier sur la sagesse de cette conception du mariage qui respecte la libertĂ© de chacun. Comme dans le chapitre prĂ©cĂ©dent, Diderot feint de justifier la vĂ©racitĂ© des propos et prĂ©texte la censure de la bonne morale europĂ©enne pour justifier l'absence de ce passage dans le rĂ©cit du navigateur. A et B se livrent Ă une digression et Ă©voquent une anecdote contemporaine, l'aventure malheureuse de Polly Baker. Cette jeune fille, mĂšre hors du mariage est punie par la loi. B rapporte un extrait de sa dĂ©fense, mettant en Ă©vidence que son Ă©tat ne rĂ©sulte que de l'infamie des hommes qui profitent d'elle sans pour autant en assumer les consĂ©quences, en toute logique, ce sont eux qui devraient ĂȘtre punis. Miss Polly Baker, Ă la suite d'un discours argumentatif solidement construit et prĂ©cis, parvient Ă Ă©viter toute punition. Chapitre 4 Suite de l'entretien de l'aumĂŽnier avec l'habitant d'OtahĂŻti Ce chapitre reprend la conversation entre Orou et l'aumĂŽnier au point oĂč elle en Ă©tait restĂ©e juste avant la digression sur le cas de Miss Baker. La ponctuation mettait d'ailleurs en Ă©vidence cette interruption du discours Tu l'as dit⊠» et tout Ă fait logiquement Orou poursuit son tĂ©moignage sur la conception du mariage Ă Tahiti et l'Ă©loge de la maternitĂ©. La libertĂ© sexuelle est telle que les notions d'inceste et d'adultĂšre n'existent pas. Si une fille trop laide n'a pas de mari, c'est un devoir pour son pĂšre de la rendre mĂšre. Si une mĂšre n'attire plus de prĂ©tendants, c'est lui rendre hommage et la respecter pour un fils que de partager son lit. L'aumĂŽnier interroge Orou sur le libertinage amoureux, c'est-Ă -dire sur les transgressions des rituels qui rĂ©gissent les attitudes et les devoirs des enfants avant l'Ăąge de la pubertĂ©. Les femmes sont identifiables Ă la couleur de leur voile et chacune doit respecter les lois qui rĂ©gissent le voile, sinon, il y a sanction le voile blanc dĂ©signe la jeune fille vierge avant la pubertĂ©, si elle se laisse sĂ©duire, elle est mise Ă l'Ă©cart dans la cabane paternelle ; le voile gris dĂ©signe la jeune fille momentanĂ©ment empĂȘchĂ©e de procrĂ©er ; le voile noir dĂ©signe les femmes qui ont passĂ© l'Ăąge de la mĂ©nopause ou celles qui sont stĂ©riles. Si malgrĂ© tout elles s'adonnent aux plaisirs de l'amour, elles sont exilĂ©es ou elles deviennent esclaves. Ces pratiques insistent sur le fait que l'acte sexuel a pour but premier la procrĂ©ation. La fin de cet entretien est un jugement sans appel sur le ridicule et le non-sens du vĆu de stĂ©rilitĂ© », contraire Ă la nature, prononcĂ© par les religieux catholiques. Chapitre 5 Suite du dialogue entre A et B A et B approuvent les mĆurs tahitiennes et remettent en cause la civilisation qui assujettit les hommes Ă des lois artificielles, arbitraires et contradictoires. Puis ils revisitent les conventions de la vie amoureuse instituĂ©es par le code civil et le code religieux au regard du code de la nature le mariage, la galanterie, la coquetterie, la constance, la fidĂ©litĂ©, la pudeur. La conversation se poursuit sur les consĂ©quences dĂ©sastreuses des lois policĂ©es et sur un rĂ©quisitoire Ă l'encontre des sociĂ©tĂ©s europĂ©ennes en refusant de suivre les lois de la nature, l'homme est devenu malheureux, il s'est imposĂ© des obstacles, il est la source mĂȘme de ses malheurs. B rĂ©sume la misĂšre de la condition de l'homme civilisĂ© Il existait un homme naturel on a introduit au-dedans de cet homme un homme artificiel ; et il s'est Ă©levĂ© dans la caverne une guerre continuelle qui dure toute la vie. TantĂŽt l'homme naturel est le plus fort ; tantĂŽt il est terrassĂ© par l'homme moral et artificiel. » La discussion entre A et B s'arrĂȘte avec le retour du beau temps, et la perspective de la poursuite de leur promenade. Analyse La forme Ce texte prĂ©sente toutes les caractĂ©ristiques du style de Diderot et du dialogue philosophique du XVIIIe siĂšcle. Ce SupplĂ©ment est ainsi l'un des textes les plus reprĂ©sentatifs de son auteur et de son temps dialogue entre deux anonymes A et B structure complexe rĂ©cits enchĂąssĂ©s suite ou complĂ©ment imaginaire Ă un texte rĂ©el mise en abyme Le fond Ă travers l'Ă©vocation d'une sociĂ©tĂ© tahitienne utopique, Diderot met en question les principes qui rĂ©gissent l'organisation de la sociĂ©tĂ© le droit naturel, les lois, Dieu, la morale, la nĂ©cessitĂ©. Il distingue surtout deux origines Ă ces principes l'une abstraite et peu adaptĂ©e, l'autre induite par le bonheur concret et les besoins de la sociĂ©tĂ©. Pour lui, la loi naturelle est la seule loi qui est indiscutable. Il remet en cause les autres lois fondamentales en les mettant en parallĂšle avec ce qui se passe dans la nature. Deux grandes idĂ©es sont en question l'origine rĂ©vĂ©lĂ©e de la moralitĂ© et le caractĂšre universel de la morale. Les deux contes qui complĂštent la trilogie mettent ces thĂšmes en perspective. Notes et rĂ©fĂ©rences â MichĂšle Duchet, Le SupplĂ©ment au Voyage de Bougainville" et la collaboration de Diderot Ă L'Histoire des deux Indes » », sur 1961 â Diderot indique la fin de sa rĂ©daction dans une lettre Ă Melchior Grimm datĂ©e du 23 septembre 1772. â Pour les dĂ©tails concernant ce triptyque, nous renvoyons Ă la prĂ©sentation qui en est faite dans lâarticle consacrĂ© au premier volet, Ceci nâest pas un conte. Voir aussi Liens externes L'intĂ©gralitĂ© du texte gratuit, libre de droits KE Tunstall, 'Sexe, mensonges et colonies Le SupplĂ©ment au Voyage de Bougainville', article dans LittĂ©ratures classiques, 16 2009 Une analyse Portail de la philosophie
Retournerau premier écran avec les étagÚres virtuelles Catégories > récit de voyage récit de voyage Faire une suggestion Affiner la recherche Interroger des sources externes. L'acid test réussi de Michel Foucault / Sophie Benard / Le Monde Editions (2021) in Le Monde (Paris. 1944), 23675 (19/02/2021) > >
ProcĂ©dĂ©s oratoires Le texte est construit bien que spontanĂ©, il est rythmĂ©. Le texte souligne des changements dâinterlocuteurs tu, nous, vous. Câest un schĂ©ma binaire, facile et efficace. Le changement de pronom souligne le passage dâune civilisation Ă une autre. Les symĂ©tries et oppositions sont trĂšs efficaces puisquâelles crĂ©ent des rapprochements et des Ă©loignements par exemple, Ă a ligne 21, 22 et 23 libres » futur esclavage ». Il y a Ă©galement des rĂ©pĂ©titions. A la ligne 30-31, il y a un phĂ©nomĂšne dâĂ©cho qui met lâeuropĂ©en devant la stupiditĂ© de lâidĂ©e de lâesclavage. Enfin, l 37 inutiles lumiĂšres ». Les interrogations oratoires et rhĂ©toriques placent une rĂ©ponse Ă©videntes aux questions. I Les mĂ©faits de la civilisation A La violence et la cruautĂ© des europĂ©ens La tonalitĂ© critique est annoncĂ© avec la description et lâattitude du vieillard. Lâimparfait souligne une durĂ©e assez consĂ©quente. A lâarrivĂ©e, le vieillard montre du dĂ©dain et au dĂ©part, une hostilitĂ© traduite par sa solitude. Il reproche aux europĂ©ens leur violence, leur cruautĂ© et leur destruction rythme ternaire avec un CL de la violence, du sang, de lâesclavage. Il sâagit de peindre un tableau rĂ©aliste et critique du comportement des europĂ©ens et de lâavenir malheureux des Tahitiens. B lâimmoralitĂ© des europĂ©ens Il leur reproche Ă©galement leur immoralitĂ© ils ont semĂ© la zizanie propriĂ©tĂ©, justice expĂ©ditive, femmes. Le discours du tahitien est au futur, ce qui prĂ©vient un avenir funeste. Le vieillard est un prophĂšte puisquâil a compris leur manipulation. Le verbe assujettir» et les noms extravagances» vices» soulignent le manque de qualitĂ© des europĂ©ens, leur manque de bon sens. Lâemploi de nombreux adjectifs tels que ambitieux» et les allusions aux mĂ©pris mĂ©pris» l38 lâabsence de retenu» et le comportement des femmes CL sanglant» soulignent leur excĂšs. C lâinjustice des europĂ©ens Il leur reproche Ă©galement leur injustice, en mettant en Ă©vidence la connaissance de possession auxquelles les tahitiens nâavaient pas pensĂ© du tien et du mien» mis en italique. Cette critique de lâinstitut de la propriĂ©tĂ© se voit Ă©galement avec les femmes, lâappropriation du pays et les bagatelles l29. Ils sont corrompus, inĂ©galitaires, injustes et suivant la loi du plus fort l28. Il critique Ă©galement les besoins superflus et la diffĂ©rente vision du travail tahitien se nourrir, se vĂȘtir et europĂ©en besoins superflus. Il pose de nombreuses questions rhĂ©toriques afin de souligner lâabsence de limites. II LâĂ©loge de la vie naturelle A Lâinnocence et le bonheur nous sommes innocents», nous sommes heureux» parallĂ©lisme qui affirme lâĂ©tat dâinnocence qui est la cause du bonheur. L7 nous suivons le pur instinct de la nature» antĂ©position Il nây a pas de propriĂ©tĂ© tout est Ă tous » formulation qui souligne une libertĂ© totale. L36 thĂšme du partage B La libertĂ© et la tolĂ©rance Une affirmation trĂšs catĂ©gorique de la libertĂ© Ă laquelle ils sont attachĂ©s puisquâils luttent contre lâesclavage l9-10. L23 notre futur esclavage » il nâest pas admis. nous avons respectĂ© notre image en toi » thĂšme de la tolĂ©rance et de lâaccueil. Attitude de respect envers lâautre. C Une existence naturelle et simple Leur existence est limitĂ©e aux besoins immĂ©diats. Voltaire a dĂ©fendu le luxe, mais est-il vraiment nĂ©cessaire ? Le texte met en valeur une vie qui est simple et authentique. Ici est mis en opposition l. »
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endessous de la flÚche, chaque case correspond à un chapitre du Supplément au Voyage de Bougainville. Les titres permettent de repérer clairement la structure de récit enchùssé. A et B dialoguent (chapitres I et V, en jaune) sur un sujet, le Voyage de Bougainville (le récit enchùssé). Au sein de ce récit enchùssé, un double
Cette Ă©tude a Ă©tĂ© conduite en classe de premiĂšre pour rĂ©pondre Ă lâobjet dâĂ©tude La question de lâhomme dans les genres de lâargumentation ». Elle a permis de faire rĂ©flĂ©chir les Ă©lĂšves sur la notion dâaltĂ©ritĂ©. En voici lâarchitecture suivie de son explicitation Cette activitĂ© sâest dĂ©roulĂ©e dans la salle de cours traditionnelle. Le professeur avait prĂ©parĂ© au prĂ©alable un document sur lequel figurait juste la flĂšche centrale, figurant le sens de la lecture. Les Ă©lĂšves ont proposĂ© leurs remarques Ă lâoral, et une fois que celles-ci eurent Ă©tĂ© validĂ©es par lâensemble de la classe, les hypothĂšses ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es sur le schĂ©ma complĂ©tĂ© par le professeur. MatĂ©riel utilisĂ© le vidĂ©o-projecteur Explicitation du tableau 1. en-dessous de la flĂšche, chaque case correspond Ă un chapitre du SupplĂ©ment au Voyage de Bougainville. Les titres permettent de repĂ©rer clairement la structure de rĂ©cit enchĂąssĂ©. A et B dialoguent chapitres I et V, en jaune sur un sujet, le Voyage de Bougainville le rĂ©cit enchĂąssĂ©. Au sein de ce rĂ©cit enchĂąssĂ©, un double apparaĂźt en bleu lâentretien de lâaumĂŽnier et dâOrou. Mais un chapitre reste a priori seul en rouge. Les Ă©lĂšves Ă©mettent alors lâhypothĂšse que câest au lecteur de construire son double, dans le temps qui suivra la lecture. 2. au-dessus de la flĂšche, chaque case correspond aux personnages les personnages Ă©galement rĂ©pondent Ă ce principe de double symĂ©trique câest-Ă -dire de reflet inverse. â A est lâapprenti philosophe / B est le philosophe. â Au sein du rĂ©cit enchĂąssĂ©, un Otahitien est toujours en dialogue avec un reprĂ©sentant de la sociĂ©tĂ© occidentale. 3. les Ă©lĂšves se sont rendu compte que ce jeu dâinversion Ă©tait utilisĂ© de façon systĂ©matique par Diderot B est celui qui clĂŽt le chapitre I, mais A clĂŽt le chapitre V, montrant ainsi lâĂ©volution rĂ©flexive de A, grĂące au dialogue, vĂ©ritable cheminement heuristique. 4. Ce jeu de miroirs est Ă©galement valable cette fois-ci pour les lecteurs de lâĆuvre il sâagit ici des deux symboles avant et aprĂšs la flĂšche. â avant la flĂšche, câest-Ă -dire avant le dĂ©but de lâĆuvre, le lecteur de lâĆuvre a Ă©tĂ© B qui va la faire dĂ©couvrir Ă A. â aprĂšs la flĂšche, deux nouveaux lecteurs sont annoncĂ©s, les femmes de A et B. La lecture et le dialogue vont recommencer, mais Ă©galement un nouveau dialogue, avec un nouveau jugement ». Les Ă©lĂšves se sont ainsi aperçus que la confrontation des points de vue Ă©tait au centre mĂȘme de lâĆuvre, en Ă©tait la dynamique mĂȘme, de façon Ă ce que le lecteur acquiert une façon de pensĂ©e philosophique, Ă savoir faire un dĂ©tour par lâAutre pour revenir Ă soi-mĂȘme de façon plus objective, lucide et consciente. Niveau 1S LycĂ©e Camille Desmoulins â Le Cateau-CambrĂ©sis Annette Deschamps Rappel A lâissue de la lecture intĂ©grale du SupplĂ©ment au voyage de Bougainville de Denis Diderot et dans le cadre dâune sĂ©quence FĂąites parler le miroir » on propose aux Ă©lĂšves de rĂ©flĂ©chir sur la relation Ă lâautre. Sujet Un lecteur du SupplĂ©ment au Voyage de Bougainville vient dâachever sa lecture. Il pose le livre sur le bord de la cheminĂ©e et se regarde dans le miroir. Mais son reflet soudain lui tourne le dos. Ecrivez ce moment de choc » pendant lequel le lecteur ne se reconnaĂźt plus ». Lâextrait video de Blanche-Neige ainsi que La Reproduction interdite de Magritte ont servi de lancement aux Ă©crits dâinvention . Voici quelques Ă©crits dâĂ©lĂšves Ecrit 1 Lâhomme dit Oh beau miroir magique au mur qui a la beautĂ© parfaite et pure ? » Le miroir dit Ce nâest pas toi, homme occidental, demande toi, selon toi, est lâHomme parfait. Ouvre les yeux et observe les sociĂ©tĂ©s autour de toi laquelle Ă ton avis est meilleure que les autres ? RĂ©flĂ©chis sur toi et sur les autres, prends conscience de qui tu es. Tu nâes pas supĂ©rieur aux autre, le Tahitien est ton frĂšre, vous ĂȘtes Ă©gaux malgrĂ© vos diffĂ©rences. La sociĂ©tĂ© dans laquelle tu vis nâest pas pure comme tu le prĂ©tends. Les sociĂ©tĂ©s que tu penses infĂ©rieures Ă la tienne ont plus ont plus de valeurs morales que les tiennes. Ecrit 2 Homme occidental, je suis le miroir magique, sur cette terre je suis le seul Ă te montrer qui tu es vraiment ! tu mâas rĂ©veillĂ©! je vois que tu viens de lire le supplĂ©ment au voyage de Bougainville, et que tu te poses de nombreuse questions sur toi maintenant ! je vais essayer de tâaider Ă te redĂ©couvrir si ton reflet te tourne le dos câest que tu nâes plus toi-mĂȘme alors qui est-tu maintenant ? Tu te demandes si la sociĂ©tĂ© qui tâentoure est superficiel, si tu nâas pas rejetĂ© les lois fondamentales de la nature, et bien oui , mais si je suis lĂ Ă te parler, câest que tu veux comprendre .Alors commençons, tu te demandes si ce que tu appelles commoditĂ©s de la vie ne sont rien que le vrai bonheur comme la richesse dâun enfant tâest inconnue Ă cause dâune sociĂ©tĂ© occidentale remplie de lois et dictĂ©e par la religion qui empĂȘche lâHomme de connaĂźtre le vrai bonheur que peut procurer la vie. Regarde au plus profond de toi, et vois la barbarie de notre sociĂ©tĂ© occidentale qui prend des Ăźles Ă des peuples innocents qui sont en harmonie avec la nature, eux sont plus forts que toi ils ont compris la force que procure la nature comme le vieillard du village de Tahiti que Bougainville dĂ©crit, qui avait une robustesse Ă toute Ă©preuve. Quâas-tu appris ici, as-tu appris la vie ? as-tu atteint le bonheur ? Ce livre tâa ouvert les yeux, tu peux commencer ta recherche du bonheur, toi ,qui as enfin compris, tu es A, tu veux comprendre et je suis ton maĂźtre , je te montre le chemin Ă suivre . Ecrit 3 Non, je ne veux pas, je ne veux plus voir ton dĂ©plaisant reflet, il est devenu pour moi insupportable Ă regarder, le seul fait de voir un trait de ton visage me rend fou, câest pour cela que je suis obligĂ© de te tourner le dos. La lecture de ce merveilleux ouvrage tâa fait prendre conscience de la personne que tu es, et de la sociĂ©tĂ© qui tâentoure. Tu tâes rendu compte Ă quel point tu Ă©tais une immonde crĂ©ature, qui nâaccorde aucune importance Ă autrui. De lâadjectif Ă©goĂŻste » tu Ă©tais le roi, Ă prĂ©sent tu dois donc changer. Cet Ă©lĂ©ctrochoc ne peut ĂȘtre que bĂ©nĂ©fique pour toi et tâaider Ă avancer dans cette vie compliquĂ©e que tu as toi-mĂȘme menĂ© pendant toutes ces annĂ©es. Tout cela tâarrive car tu as lu ce livre, ce livre magique posĂ© Ă cĂŽtĂ© de toi. Ce bouquin a rĂ©ussi Ă te remettre en question, le violent discours que le vieillard a tenu Ă Bougainville tâas fait prendre conscience de tous tes sombres dĂ©fauts. Tu tâes mis Ă la place de Bougainville, tu tâes reconnu en lui, toutes les insultes que le vieillard a prononcĂ©es tâont touchĂ© personnellement, tu tâes senti blessĂ©, attaquĂ© par ces propos. Tu tâes finalement rendu compte que peut-ĂȘtre, tu ne valais pas mieux que ce bon vieux Bougainville, que toi aussi tu Ă©tais mĂ©prisant envers les autres qui tâentourent. Ecrit 4 LA PRISE DE CONSCIENCE FACE AU MIROIR Ce que tu viens de lire est un reflet de ta sociĂ©tĂ©. Nâas-tu pas honte !? Te rends-tu compte de ce que tu es vraiment ? Ce livre a-t-il pu tâapprendre que ta sociĂ©tĂ© ne cherche quâĂ dĂ©truire les autres ? Vous qui cherchez Ă retrouver un endroit similaire Ă un nouvel Eden .Vous recherchez aprĂšs la perfection mais vous la dĂ©truisez . Ces peuples nâattendent que de partager leur savoir et dâapprendre le vĂŽtre. Ne voudriez-vous pas vivre comme ces Otahitiens, vous qui rĂ©vez dâun paradis sur terre , vous-mĂȘme vous ne respectez pas votre religion, nâas-tu pas vu lâaumĂŽnier qui la trahit avec cette jeune Otahitienne. Tu peux te respecter tout en respectant les autres. Analyse et exploitation du travail dâĂ©criture Câest en passant par le travail dâĂ©criture dâinvention que les Ă©lĂšves se sont vĂ©ritablement appropriĂ© cette idĂ©e que la structure dâune Ćuvre, symbolique, parle et a du sens. Câest en cela quâelle est efficace sur le lecteur, puisquâelle lâoblige Ă superposer sur le discours de lâĆuvre un discours propre. Les idĂ©es essentielles relatives au mĂ©canisme intellectuel effectuĂ© implicitement ont pu ĂȘtre mises Ă jour explicitement dans une sĂ©ance de mise en commun jâavais sĂ©lectionnĂ© ces quatre extraits 1. La surprise, le choc â le dĂ©tour vers une autre image de soi-mĂȘme â la prise de conscience des illusions que lâon peut entretenir au profit dâune vĂ©ritĂ© plus exigeante â le dĂ©tour par lâautre pour finalement se comprendre soi-mĂȘme. Les Ă©lĂšves sont alors armĂ©s pour rĂ©pondre au sujet de dissertation suivant En quoi les Ćuvres littĂ©raires permettent-elles de construire une rĂ©flexion efficace sur la condition humaine » ? 2. Les Ă©lĂšves ont ainsi pu passer dâune simple rĂ©flexion sur le sens des Ćuvres Ă la prise de conscience que cette rĂ©flexion a Ă©tĂ© vĂ©ritablement prĂ©parĂ©e par lâauteur grĂące Ă lâarchitecture mĂȘme de lâĆuvre. Je voulais ainsi insister sur lâidĂ©e de construction, de tissage dâune Ćuvre, qui sera utile par la suite pour toutes les autres Ćuvres littĂ©raires. 3. Les Ă©lĂšves sont alors armĂ©s pour rĂ©pondre au sujet de dissertation suivant En quoi les Ćuvres littĂ©raires permettent-elles de construire une rĂ©flexion efficace sur la condition humaine » ? 4. Prolongement avec la lecture du texte de lâAnthologie lâHomme qui te ressemble » Niveau 1S LycĂ©e Camille Desmoulins â Le Cateau-CambrĂ©sis Annette Deschamps Objectif pouvoir rĂ©pondre Ă la problĂ©matique suivante comment la confrontation avec lâAutre peut-elle Ă©clairer ? au sens de faire voir, souligner, montrer, mais Ă©galement au sens philosophique dâĂ©veil Ă lâesprit critique permettant un retour sur soi. Ce travail proposĂ© aux Ă©lĂšves se situe Ă la fin de lâĂ©tude de lâĆuvre intĂ©grale du SupplĂ©ment au Voyage de Bougainville de Denis Diderot, dans le cadre de lâObjet dâEtude La Question de lâHomme dans les genres de lâargumentation ». Cliquez ici pour accĂ©der au tableau rĂ©capitulatif de lâarchitecture de cette lecture intĂ©grale, et Ă son explicitation. ActivitĂ© qui permettra dâentrer dans lâAnthologie et de prĂ©parer la lecture du texte lâHomme qui te ressemble » p 130, qui pourra servir de document complĂ©mentaire. PrĂ©sentation de lâactivitĂ© A la fin de lâĂ©tude de lâĆuvre intĂ©grale, il sâagit de faire prendre conscience aux Ă©lĂšves quâil y a certes les thĂšmes Ă©voquĂ©s dans le corps mĂȘme du texte, mais Ă©galement une architecture gĂ©nĂ©rale de lâĆuvre â toute en effets dâĂ©chos et de reflets â qui va Ă©galement gĂ©nĂ©rer du sens, en imprimant la mĂ©moire du lecteur de façon Ă ce que celui-ci en dĂ©gage lui-mĂȘme un discours rĂ©flexif dans tous les sens du terme Lâenjeu de lâactivitĂ© intitulĂ©e Faites parler le miroir » est triple â observer lâarchitecture de lâĆuvre de façon Ă en dĂ©gager une loi » â comprendre les jeux de symĂ©trie opĂ©rĂ©s par lâauteur entre des scĂšnes, mais Ă©galement avec la mĂ©moire et les connaissances du lecteur â enfin comprendre que ce jeu de reflets proposĂ© au lecteur est le point de dĂ©part dâun discours implicite que le lecteur va pouvoir rĂ©aliser au cours de sa lecture, et une fois lâĆuvre achevĂ©e rĂ©flexif. L Voici les Ă©tapes proposĂ©es 1. vers une religion universelle, le respect des lois la nature humaine le jeune aumĂŽnier face Ă la tentation en la personne de Thia extrait Ă©tudiĂ© en Lecture Analytique. LâĂ©tude parallĂšle du tableau de Tiepolo, La Tentation de Saint-Antoine, a pu rĂ©vĂ©ler une inversion de tous les codes et rĂ©fĂ©rences culturelles, de façon Ă ridiculiser le personnage de lâaumĂŽnier en une théùtralisation comique â et non plus dramatique. 2. puis le texte Ă©tudiĂ© en Lecture analytique a Ă©tĂ© mis en parallĂšle avec lâextrait du plaidoyer de Polly Baker Les Ă©lĂšves ont alors observĂ© les jeux de symĂ©trie au bĂ©nĂ©fice des Tahitiens oĂč est la valeur ? OĂč est la morale ? OĂč est finalement le bon sens, le juste et lâinjuste ? Cette activitĂ© sâest achevĂ©e par lâĂ©tude de la dĂ©finition du terme reflet » selon la dĂ©finition du TrĂ©sor de la Langue française ». Ce que je vois dans mon reflet Ă©tant en rĂ©alitĂ© mon exact inverse, lâAutre est donc moi. Lâautre nâest donc quâune partie de moi, de ce que je suis. Pour ĂȘtre moi-mĂȘme, il faut donc que je regarde lâAutre. Le lien avec lâAutre est ainsi Ă©tabli, rĂ©vĂ©lant les enjeux de la sĂ©quence. LâAutre mâĂ©claire, parce que câest moi que je vois Ă travers lui, dans un mouvement unique indissociable. En conclusion un extrait de Blanche Neige a Ă©tĂ© proposĂ©, en ce quâil concentre tous les symboles du miroir rĂ©vĂ©lateur de la vĂ©ritĂ©. 3. Les Ă©lĂšves ont ensuite dĂ©terminĂ© la structure de lâĆuvre, selon un principe la loi des doubles et des effets de miroir. Les Ă©lĂšves ont repĂ©rĂ© quâil y avait 5 chapitres, et donc que ce nâĂ©tait pas un chiffre divisible par deux. Chacun des chapitres a son double, sauf le deuxiĂšme chapitre. Câest donc au lecteur de crĂ©er ce double », en poursuivant ainsi la structure de lâĆuvre. 4. Puis en salle pupitre, voici le sujet dâĂ©criture dâinvention qui leur a Ă©tĂ© proposĂ©. Magritte, La Reproduction interdite, 1937 Un lecteur du SupplĂ©ment au Voyage de Bougainville vient dâachever sa lecture. Il pose le livre sur le bord de la cheminĂ©e et se regarde dans le miroir. Mais son reflet soudain lui tourne le dos. Ecrivez ce moment de choc » pendant lequel le lecteur ne se reconnaĂźt plus ». Lâextrait video de Blanche-Neige a servi de lancement aux Ă©crits dâinvention. Voici quelques Ă©crits dâĂ©lĂšves Ecrit 1 Lâhomme dit Oh beau miroir magique au mur qui a la beautĂ© parfaite et pure ? » Le miroir dit Ce nâest pas toi, homme occidental, demande toi, selon toi, est lâHomme parfait. Ouvre les yeux et observe les sociĂ©tĂ©s autour de toi laquelle Ă ton avis est meilleure que les autres ? RĂ©flĂ©chis sur toi et sur les autres, prends conscience de qui tu es. Tu nâes pas supĂ©rieur aux autre, le Tahitien est ton frĂšre, vous ĂȘtes Ă©gaux malgrĂ© vos diffĂ©rences. La sociĂ©tĂ© dans laquelle tu vis nâest pas pure comme tu le prĂ©tends. Les sociĂ©tĂ©s que tu penses infĂ©rieures Ă la tienne ont plus ont plus de valeurs morales que les tiennes. Ecrit 2 Homme occidental, je suis le miroir magique, sur cette terre je suis le seul Ă te montrer qui tu es vraiment ! tu mâas rĂ©veillĂ©! je vois que tu viens de lire le supplĂ©ment au voyage de Bougainville, et que tu te poses de nombreuse questions sur toi maintenant ! je vais essayer de tâaider Ă te redĂ©couvrir si ton reflet te tourne le dos câest que tu nâes plus toi-mĂȘme alors qui est-tu maintenant ? Tu te demandes si la sociĂ©tĂ© qui tâentoure est superficiel, si tu nâas pas rejetĂ© les lois fondamentales de la nature, et bien oui , mais si je suis lĂ Ă te parler, câest que tu veux comprendre .Alors commençons, tu te demandes si ce que tu appelles commoditĂ©s de la vie ne sont rien que le vrai bonheur comme la richesse dâun enfant tâest inconnue Ă cause dâune sociĂ©tĂ© occidentale remplie de lois et dictĂ©e par la religion qui empĂȘche lâHomme de connaĂźtre le vrai bonheur que peut procurer la vie. Regarde au plus profond de toi, et vois la barbarie de notre sociĂ©tĂ© occidentale qui prend des Ăźles Ă des peuples innocents qui sont en harmonie avec la nature, eux sont plus forts que toi ils ont compris la force que procure la nature comme le vieillard du village de Tahiti que Bougainville dĂ©crit, qui avait une robustesse Ă toute Ă©preuve. Quâas-tu appris ici, as-tu appris la vie ? as-tu atteint le bonheur ? Ce livre tâa ouvert les yeux, tu peux commencer ta recherche du bonheur, toi ,qui as enfin compris, tu es A, tu veux comprendre et je suis ton maĂźtre , je te montre le chemin Ă suivre . Ecrit 3 Non, je ne veux pas, je ne veux plus voir ton dĂ©plaisant reflet, il est devenu pour moi insupportable Ă regarder, le seul fait de voir un trait de ton visage me rend fou, câest pour cela que je suis obligĂ© de te tourner le dos. La lecture de ce merveilleux ouvrage tâa fait prendre conscience de la personne que tu es, et de la sociĂ©tĂ© qui tâentoure. Tu tâes rendu compte Ă quel point tu Ă©tais une immonde crĂ©ature, qui nâaccorde aucune importance Ă autrui. De lâadjectif Ă©goĂŻste » tu Ă©tais le roi, Ă prĂ©sent tu dois donc changer. Cet Ă©lĂ©ctrochoc ne peut ĂȘtre que bĂ©nĂ©fique pour toi et tâaider Ă avancer dans cette vie compliquĂ©e que tu as toi-mĂȘme menĂ© pendant toutes ces annĂ©es. Tout cela tâarrive car tu as lu ce livre, ce livre magique posĂ© Ă cĂŽtĂ© de toi. Ce bouquin a rĂ©ussi Ă te remettre en question, le violent discours que le vieillard a tenu Ă Bougainville tâas fait prendre conscience de tous tes sombres dĂ©fauts. Tu tâes mis Ă la place de Bougainville, tu tâes reconnu en lui, toutes les insultes que le vieillard a prononcĂ©es tâont touchĂ© personnellement, tu tâes senti blessĂ©, attaquĂ© par ces propos. Tu tâes finalement rendu compte que peut-ĂȘtre, tu ne valais pas mieux que ce bon vieux Bougainville, que toi aussi tu Ă©tais mĂ©prisant envers les autres qui tâentourent. Ecrit 4 LA PRISE DE CONSCIENCE FACE AU MIROIR Ce que tu viens de lire est un reflet de ta sociĂ©tĂ©. Nâas-tu pas honte !? Te rends-tu compte de ce que tu es vraiment ? Ce livre a-t-il pu tâapprendre que ta sociĂ©tĂ© ne cherche quâĂ dĂ©truire les autres ? Vous qui cherchez Ă retrouver un endroit similaire Ă un nouvel Eden .Vous recherchez aprĂšs la perfection mais vous la dĂ©truisez . Ces peuples nâattendent que de partager leur savoir et dâapprendre le vĂŽtre. Ne voudriez-vous pas vivre comme ces Otahitiens, vous qui rĂ©vez dâun paradis sur terre , vous-mĂȘme vous ne respectez pas votre religion, nâas-tu pas vu lâaumĂŽnier qui la trahit avec cette jeune Otahitienne. Tu peux te respecter tout en respectant les autres. Analyse et exploitation du travail dâĂ©criture Câest en passant par le travail dâĂ©criture dâinvention que les Ă©lĂšves se sont vĂ©ritablement appropriĂ© cette idĂ©e que la structure dâune Ćuvre, symbolique, parle et a du sens. Câest en cela quâelle est efficace sur le lecteur, puisquâelle lâoblige Ă superposer sur le discours de lâĆuvre un discours propre. Les idĂ©es essentielles relatives au mĂ©canisme intellectuel effectuĂ© implicitement ont pu ĂȘtre mises Ă jour explicitement dans une sĂ©ance de mise en commun jâavais sĂ©lectionnĂ© ces quatre extraits 1. La surprise, le choc â le dĂ©tour vers une autre image de soi-mĂȘme â la prise de conscience des illusions que lâon peut entretenir au profit dâune vĂ©ritĂ© plus exigeante â le dĂ©tour par lâautre pour finalement se comprendre soi-mĂȘme. Les Ă©lĂšves sont alors armĂ©s pour rĂ©pondre au sujet de dissertation suivant En quoi les Ćuvres littĂ©raires permettent-elles de construire une rĂ©flexion efficace sur la condition humaine » ? 2. Les Ă©lĂšves ont ainsi pu passer dâune simple rĂ©flexion sur le sens des Ćuvres Ă la prise de conscience que cette rĂ©flexion a Ă©tĂ© vĂ©ritablement prĂ©parĂ©e par lâauteur grĂące Ă lâarchitecture mĂȘme de lâĆuvre. Je voulais ainsi insister sur lâidĂ©e de construction, de tissage dâune Ćuvre, qui sera utile par la suite pour toutes les autres Ćuvres littĂ©raires. 3. Les Ă©lĂšves sont alors armĂ©s pour rĂ©pondre au sujet de dissertation suivant En quoi les Ćuvres littĂ©raires permettent-elles de construire une rĂ©flexion efficace sur la condition humaine » ? 4. Prolongement avec la lecture du texte de lâAnthologie lâHomme qui te ressemble »
p1WDB8. xooy2rhwp7.pages.dev/65xooy2rhwp7.pages.dev/363xooy2rhwp7.pages.dev/138xooy2rhwp7.pages.dev/581xooy2rhwp7.pages.dev/96xooy2rhwp7.pages.dev/159xooy2rhwp7.pages.dev/761xooy2rhwp7.pages.dev/927xooy2rhwp7.pages.dev/841xooy2rhwp7.pages.dev/611xooy2rhwp7.pages.dev/852xooy2rhwp7.pages.dev/569xooy2rhwp7.pages.dev/922xooy2rhwp7.pages.dev/166xooy2rhwp7.pages.dev/144
supplément au voyage de bougainville résumé par chapitre