MichelDelmas : Malheur à celui par qui le scandale arrive 11 octobre 2021 Lors du discours des Mureaux, le 2 octobre 2020, le chef de l’État identifiait le mal qui ronge notre pays : « Le problème, c’est cette idéologie qui affirme que ses propres lois sont supérieures à celles de la République. » . Il visait tout particulièrement l’islamisme politique et l’Église
Parallel Verses Louis Segond Bible 1910 Malheur au monde à cause des scandales! Car il est nécessaire qu'il arrive des scandales; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! French Darby Malheur au monde à cause des occasions de chute! car il est necessaire qu'il arrive des occasions de chute; mais malheur à cet homme par qui l'occasion de chute arrive. French Louis Segond 1910 Malheur au monde à cause des scandales! Car il est nécessaire qu'il arrive des scandales; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! French Martin 1744 Malheur au monde à cause des scandales; car il est infaillible qu'il n'arrive des scandales; toutefois malheur à l'homme par qui le scandale arrive. New American Standard Bible "Woe to the world because of its stumbling blocks! For it is inevitable that stumbling blocks come; but woe to that man through whom the stumbling block comes! Références croisées Luc 171 Jésus dit à ses disciples Il est impossible qu'il n'arrive pas des scandales; mais malheur à celui par qui ils arrivent! 1 Corinthiens 1119 car il faut qu'il y ait aussi des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient reconnus comme tels au milieu de vous. - Matthieu 2624 Le Fils de l'homme s'en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme est livré! Mieux vaudrait pour cet homme qu'il ne fût pas né. Genèse 137 Il y eut querelle entre les bergers des troupeaux d'Abram et les bergers des troupeaux de Lot. Les Cananéens et les Phérésiens habitaient alors dans le pays. 1 Samuel 217 Ces jeunes gens se rendaient coupables devant l'Éternel d'un très grand péché, parce qu'ils méprisaient les offrandes de l'Éternel. 1 Samuel 222-25 Éli était fort âgé et il apprit comment ses fils agissaient à l'égard de tout Israël; il apprit aussi qu'ils couchaient avec les femmes qui s'assemblaient à l'entrée de la tente d'assignation. 2 Samuel 1214 Mais, parce que tu as fait blasphémer les ennemis de l'Éternel, en commettant cette action, le fils qui t'est né mourra. Matthieu 1341-42 Le Fils de l'homme enverra ses anges, qui arracheront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l'iniquité Matthieu 2313-28 Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n'y entrez pas vous-mêmes, et vous n'y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. Marc 137 Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Jean 1712 Lorsque j'étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J'ai gardé ceux que tu m'as donnés, et aucun d'eux ne s'est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l'Écriture fût accomplie. Actes 116 Hommes frères, il fallait que s'accomplît ce que le Saint Esprit, dans l'Écriture, a annoncé d'avance, par la bouche de David, au sujet de Judas, qui a été le guide de ceux qui ont saisi Jésus. Actes 118-20 Cet homme, ayant acquis un champ avec le salaire du crime, est tombé, s'est rompu par le milieu du corps, et toutes ses entrailles se sont répandues. Romains 223-24 Toi qui te fais une gloire de la loi, tu déshonores Dieu par la transgression de la loi! 2 Thessaloniciens 23-12 Que personne ne vous séduise d'aucune manière; car il faut que l'apostasie soit arrivée auparavant, et qu'on ait vu paraître l'homme du péché, le fils de la perdition, 1 Timothée 41-3 Mais l'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, 1 Timothée 514-15 Je veux donc que les jeunes se marient, qu'elles aient des enfants, qu'elles dirigent leur maison, qu'elles ne donnent à l'adversaire aucune occasion de médire; 1 Timothée 61 Que tous ceux qui sont sous le joug de la servitude regardent leurs maîtres comme dignes de tout honneur, afin que le nom de Dieu et la doctrine ne soient pas blasphémés. 2 Timothée 31-5 Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. 2 Timothée 43-4 Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désires, Tite 25 à être retenues, chastes, occupées aux soins domestiques, bonnes, soumises à leurs maris, afin que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée. Tite 28 une parole saine, irréprochable, afin que l'adversaire soit confus, n'ayant aucun mal à dire de nous. 2 Pierre 22-3 Plusieurs les suivront dans leurs dissolutions, et la voie de la vérité sera calomniée à cause d'eux. 2 Pierre 215-17 Après avoir quitté le droit chemin, ils se sont égarés en suivant la voie de Balaam, fils de Bosor, qui aima le salaire de l'iniquité, Jude 14 Car il s'est glissé parmi vous certains hommes, dont la condamnation est écrite depuis longtemps, des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maître et Seigneur Jésus Christ. Jude 111-13 Malheur à eux! car ils ont suivi la voie de Caïn, ils se sont jetés pour un salaire dans l'égarement de Balaam, ils se sont perdus par la révolte de Coré. Apocalypse 214-15 Mais j'ai quelque chose contre toi, c'est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d'achoppement devant les fils d'Israël, pour qu'ils mangeassent des viandes sacrifiées aux idoles et qu'ils se livrassent à l'impudicité. Apocalypse 220-23 Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. Apocalypse 1920-21 Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète, qui avait fait devant elle les prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l'étang ardent de feu et de soufre.
Malheurà celui par qui le scandale arrive ( 2013) Un bel adolescent de 17 ans est retrouvé assassiné en possession d'un gros sachet de cannabis au beau milieu d'un terrain vague. Antoine
Accueil > France > Malheur à celui par qui le scandale arrive. vendredi 22 octobre 2021 " L’intervention de Mgr de Moulins-Beaufort ne peut rester impunie, faute de quoi les autres cultes seraient en droit de considérer que les divers cultes ne sont pas traités de manière égalitaire et l’islam politique aurait beau jeu de décrire une interprétation des lois françaises comme pouvant être à géométrie variable...." "J’ai tendance à penser que la première action du ministre de l’Intérieur devrait être d’abord de corriger la circulaire du 11 août 2004 et, ensuite, de vérifier les comptes de l’Église de France." " Lors du discours des Mureaux, le 2 octobre 2020, le chef de l’État identifiait le mal qui ronge notre pays Le problème, c’est cette idéologie qui affirme que ses propres lois sont supérieures à celles de la République. ». Il visait tout particulièrement l’islamisme politique et l’Église catholique de France n’était pas au centre des débats. Cette dernière se tourmentait de la pédophilie de son institution et attendait avec impatience les conclusions de la Commission Indépendante sur les Abus Sexuels dans l’Église CIASE. Le nombre de victimes et de prédateurs préoccupait Mgr de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des Évêques de France CEF. Les évaluations en sa possession allaient de 3 000 à 10 000 victimes, chiffres qui, somme toute, n’ébranleraient pas profondément la confiance des acteurs pastoraux. De plus, le fonds de dotation de 10 millions d’euros constitué à cet usage pourrait couvrir en grande partie l’indemnisation des personnes traumatisées..." LIRE L’INTÉGRALITÉ DU TEXTE Michel Delmas octobre 2021 Auteur de L’islam et la République laïque, collection Débats laïques, L’Harmattan, 2019
Commentdire malheur à celui par qui le scandale arrive en grec? Voici quelques traductions.
Pour citer cette page malheur à celui par qui le scandale arrive définition » révision n°2 du 2017-08-29 0010 , consulté le .
Caril est nécessaire qu'il arrive des scandales; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive! Luc 17:1. Concept des Versets . La Tentation Le Christ Parlant aux Disciples L'Impossible Nécessité. Tentation, Eviter de Causer Tentation, universalité de Ennemis, des Croyants. Jésus dit à ses disciples: Il est impossible qu'il n'arrive pas des scandales; mais malheur à celui
La comparaison de la mobilisation des Gilets jaunes avec Mai 68 peut dérouter, voire choquer. De prime abord, tout semble opposer ces deux événements, à commencer par leur contenu idéologique ou revendicatif. Mais c’est être prisonnier d’un double contresens, me semble-t-il, que de s’arrêter à cette part, le recul historique nous fait oublier la confusion et l’hétérogénéité des acteurs et des aspirations qui caractérisèrent le séisme de 1968. Loin d’être un sympathique monôme d’étudiants libertaires, le mouvement s’empara de l’ensemble du corps social et comporta sa part d’ombre, y compris de violences et de déprédations dont la police n’eut pas le monopole. Il suffit par ailleurs d’avoir assisté à une Assemblée générale » dans une université pour savoir qu’il ne fut pas particulièrement démocratique. De ce point de vue, l’activisme des Gilets jaunes n’a guère de complexe démocratique à avoir par rapport à celui des gauchistes ou au centralisme démocratique » de la CGT, qui sacrifia les étudiants sur l’autel des accords de Grenelle.D’autre part, la différence du contexte historique et économique entre les deux époques explique celle de l’orientation de chacun des mouvements de contestation. En 1968, la France était en pleines Trente Glorieuses et venait de se libérer de l’hypothèque de la guerre – celle de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre d’Indochine, de la guerre d’Algérie –, moment propice à l’éclosion de nouvelles mœurs et de nouvelles libertés. Aujourd’hui, la France ne parvient pas à sortir des Cinquante Maudites qui ont vu s’installer le chômage de masse et de longue durée, le creusement des inégalités, la généralisation de la précarité, l’évanouissement de toute perspective d’un avenir meilleur sinon pour soi, du moins pour ses enfants. Un nombre croissant de Français ont le sentiment d’être piégés, d’être faits comme des rats, et ils agissent comme des rats ils le reste, les affinités entre Mai 68 et les Gilets jaunes sont assez frappantes. Dans les deux cas, nul n’a vu venir le mouvement qui est parti de l’anonymat de la société, a emprunté des formes et un style de mobilisation extraordinairement efficaces et créatifs, a dépassé les clivages de classe ou de statut, et a contourné les corps intermédiaires. Sur ce plan, l’invention du symbole de ralliement du gilet jaune et le choix des ronds-points comme lieux d’action sont d’une remarquable intelligence politique et populaire, une association dont on devrait se réjouir au lieu de se pincer le nez parce que le peuple » n’est ni convenable ni aimable – aimables, convenables, les paysans des jacqueries, les sans-culottes de la Révolution de 1789, les Communards de 1871 ne l’étaient y a d’ailleurs une forme de schizophrénie dans le discours politique français qui glorifie la prise sanglante d’un monument public comme acte fondateur de la liberté – plutôt, par exemple, que la Nuit du 4 août – et se réfère volontiers à des héros dont la pique et la guillotine furent les instruments de prédilection, mais prend des airs de vierge effarouchée quand la foule contemporaine casse et brûle – à moins qu’il ne s’agisse de paysans ou de pêcheurs auxquels a toujours été reconnu, sous la Cinquième République, un quota de préfectures à assaillir. Tout comme celui de ses prédécesseurs, le roman national d’Emmanuel Macron a été très sélectif. Et la nostalgie sourde de la monarchie, qu’il assurait percevoir et dont il entendait nous guérir en en restaurant le répertoire symbolique, trouve bien son origine dans le meurtre du roi, dont il est un peu facile de dire que nous le regrettons et de vouloir nous en consoler. Nous y voilà, toutes proportions gardées, bien sûr, car aucun des Gilets jaunes enclins à demander la mort du président de la République, ces dernières heures, ne songe à dresser une guillotine au milieu d’un rond-point, sinon sur un mode symbolique, à l’instar des manifestants du carrefour de Lachamp sur la Nationale 88, dans la périphérie du vrai problème n’est donc pas de savoir si le mouvement des Gilets jaunes est d’extrême-droite ou d’extrême-gauche. Pour autant qu’on le sache, il recrute dans chacune de ces deux mouvances, et sans doute aussi dans le Marais des partis de gouvernement en même temps que dans la bouderie des abstentionnistes. Que Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon s’efforcent de le récupérer est de bonne guerre, au regard de leurs thématiques de campagne respectives, mais cela ne nous dit rien de l’orientation présente ou future des Gilets jaunes eux-mêmes. Le plus probable est que ceux-ci n’en savent pas grand-chose pour leur part, notamment parce que nombre d’entre eux ont déserté les urnes depuis longtemps et se sont désintéressés de la politique, laquelle les a néanmoins rattrapés, conformément à l’adage. En attendant, l’incendie de la préfecture du Puy-en-Velay est un beau pied-de-nez à Laurent Wauquiez, et à son flirt indécent avec le casting de Gilets jaunes qu’il s’était choisi, dans son fief, pour essayer de tirer à lui la couverture de la fluorescence. A bon entendeur, salut…De même, il me semble erroné de ne voir dans les Gilets jaunes que des accros du diesel, des beaufs en quatre-quatre ou en quad qui nient l’évidence du réchauffement climatique. Si j’en juge par l’un des départements que je connais le mieux, l’Ardèche, se retrouvent sur les ronds-points, selon toute vraisemblance, des chasseurs et des écolos qui se rendent certainement mieux compte et les uns et les autres, en dépit de leur féroce antagonisme idéologique et existentiel, de la réalité de la dégradation de l’environnement que la plupart des citadins acquis à la cause verte. Il y a quelques années, ce département s’est dressé contre le gaz de schiste avec une vigueur qui a fait reculer le gouvernement, et dont on voit encore les traces sur les plages arrière des voitures et dans les villages. Il serait très étonnant que les Gilets jaunes ardéchois d’aujourd’hui soient étrangers à cette mobilisation d’hier, dont l’inventivité des slogans m’avait déjà impressionné. Simplement, ils ne veulent pas être les seuls à payer la facture, ils ne le peuvent même pas, et ils ont fort bien compris que l’argument écologique est le moyen de faire passer la pilule de la pression fiscale que l’on épargne aux plus grands pollueurs, par exemple aux compagnies pétrolières ou aéronautiques et aux opérateurs du tourisme de masse, ainsi qu’aux premiers de cordée ».Les taxes sur les carburants ne sont d’ailleurs pas les seules en cause. La tarification dite incitative » de la collecte des ordures, qui se généralise dans les campagnes, est un autre motif d’exaspération, dans la mesure où elle augmente souvent la taxe sur les ordures ménagères dont s’acquittent les ménages tout en diminuant le nombre des ramassages et en compliquant la vie quotidienne. D’ores et déjà, des mouvements de rejet s’organisent, comme dans le Loiret, et les dépôts sauvages se multiplient [1]. Qu’Emmanuel Macron n’en impute pas la responsabilité à l’incivilité légendaire des Gaulois réfractaires » ! Les très disciplinés Suisses alémaniques font de même depuis plusieurs années, parfois en franchissant la frontière française avec leurs déchets. De quoi les Gilets jaunes sont-ils alors le nom ? De la subalternité, celle dont parlait Gramsci, avant que les intellectuels organiques » n’en articulent politiquement la colère. Ils demandent d’abord la dignité. Celle dont les privent sournoisement, aux yeux de leur famille, notamment de leurs enfants, et de leur voisinage, la perte de leur pouvoir d’achat ou leur précarité ou leur chômage. Celle que bafoue jour après jour la simplification administrative » qui les laisse démunis face à leur ordinateur dans un monde bureaucratique dématérialisé, mais de plus en plus tentaculaire, et prompt à leur faire payer un nombre croissant de prestations obligatoires ou indispensables jadis gratuites, à se montrer plus impitoyable que jamais dans le prélèvement de contributions légitimes et néanmoins opaques à force de technicité, à exiger des formalités sans fin et toujours plus dignité, aussi, que foulent aux pieds la Sécurité routière multipliant les obligations onéreuses – le Contrôle technique toujours plus draconien et coûteux, les amendes de plus en plus élevées, les stages de rattrapage de points du permis de conduire, et la détention d’un gilet jaune par passager dans l’habitacle –, l’automaticité des contrôles radar que l’abaissement de la vitesse à 80 km/heure rend plus voraces, la mise hors la loi de conducteurs privés de permis, et donc d’assurance, sans qu’ils puissent se priver de rouler sauf à perdre leur emploi et toute vie sociale – en bref, ce qui est perçu comme un harcèlement déshumanisé, voire un surcroît de répression policière, alors même que le réseau routier n’a cessé de se dégrader, une répression dont les ronds-points sont les hauts lieux, avec leurs contrôles dignité de leur travail, que ruine au jour le jour la bureaucratisation néolibérale » avec son cortège de mini contraintes irritantes comme des piqûres de moustique et son tsunami de normes plus ou moins ubuesques et dignité, surtout, que méprise le Souverain quand il parle du pognon de dingue » que coûte leur pauvreté, qui leur enjoint de traverser la rue pour trouver du travail, qui les traite de paresseux irréformables, qui les infantilise en leur citant Barthes pour railler leur attachement à la voiture. Un collègue marocain, Mohamed Tozy, me disait que le mouvement des Gilets jaunes lui faisait penser à celui qui a saisi le Rif ces dernières années…Certes, les Gilets jaunes n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils ont déserté les urnes, ou ont voté pour des partis de droite et de gauche dont la politique économique les a menés là où ils se trouvent. Ils ont bêlé avec le troupeau contre les fonctionnaires, et en faveur de la réduction de la dépense publique qui a détruit les services non moins publics, en les condamnant de ce fait à la voiture et aux kilomètres. Ils ont stigmatisé le principe de l’impôt sans vouloir voir ce que celui-ci leur rapportait en équipements, et sans porter leur critique sur l’injustice de sa répartition. Et, osons le dire, ils ont fait preuve d’une grande bêtise civique en acceptant, depuis les années 1980, tous les fondamentaux de la politique néolibérale qui les a conduits dans le mur, en s’accommodant d’un régime de quotidien unique dans les départements, rétif à tout débat contradictoire sur les questions d’intérêt local ou national, en acceptant de regarder des chaînes télévisées qui sont autant d’insultes à l’information et même à la langue française, en se consolant dans les fadaises complotistes des réseaux sociaux, et en croyant que les grandes surfaces et autres zones commerciales périurbaines rasaient gratis alors qu’elles leur tondaient la laine sur le une fois que l’on a éprouvé cette joie mauvaise de voir les Gilets jaunes rattrapés par leur inconséquence politique, que fait-on d’eux ? D’abord, mieux vaudrait les écouter, en prêtant l’oreille à ce qui s’échange, se construit, s’imagine sur les ronds-points, entre des gens d’horizons et de convictions si différents, qui ne se parlaient pas, en tout cas pas de politique, il y a trois semaines. Il se forge en ce moment, autour des braseros, une expérience civique nouvelle, qui peut être riche du meilleur, ou lourde du pourquoi bouder son plaisir stratégique ? Au contraire des cheminots, les Gilets jaunes sont parvenus à mettre en échec et mat Emmanuel Macron, et à dévoiler sa supercherie. Car celui-ci, derrière son discours pentecôtiste sur les temps nouveaux, est bel et bien de l’ancien monde. Comme inspecteur des Finances, comme banquier, comme conseiller puis comme ministre de François Hollande, le président de la République a cautionné et inspiré le néolibéralisme, pis encore il en est le rejeton, incapable de penser autrement que dans la grammaire de Ronald Reagan et de Margaret 2017, sa prétention millénariste était aussi crédible que la dénonciation de la fracture sociale » dans la bouche de Jacques Chirac, ou la volonté de rupture » dans celle de Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, le roi est nu, tout comme le fut Jacques Chirac au lendemain des grandes grèves de 1995. Sa propension à passer en force est disqualifiée. Il se voit contraint d’appeler au secours ces fameux corps intermédiaires qu’il a vilipendés, contournés, évidés. Il se raccroche à la planche des territoires qu’il a rendus exsangues. En son Palais du Luxembourg, Raminagrobis se pourlèche les babines, l’admoneste. Et les constitutionnalistes peuvent ranger leurs dossiers, ou en ouvrir d’autres. La crise actuelle est la faillite de la conception personnelle qu’Emmanuel Macron se fait du faillite qu’avait déjà amorcée l’affaire Benalla, laquelle était loin d’être anecdotique, comme d’aucuns avaient voulu le croire, mais révélatrice d’une pratique a-institutionnelle, et somme toute assez puérile, de l’exercice de la magistrature suprême, par favoris interposés, comme dans l’Ancien Régime, avant même l’ancien monde. Qu’ils viennent me chercher ! », avait-il lancé, bravache, à ceux qui lui demandaient des comptes. Président, nous voilà ! », répondent les Gilets jaunes. Et ils rendent difficile la poursuite de l’entreprise de démolition néolibérale du modèle social français que ses prédécesseurs avaient entamée et qu’il entendait accélérer en les accusant de pusillanimité. Plus fondamentalement, le mouvement des Gilets jaunes dissipe l’ illusion identitaire », qui prévaut depuis les années 1980, pour remettre au centre du jeu la question sociale. A quelques incidents près, infinitésimaux à l’échelle de la mobilisation, et jusqu’à ces derniers jours, il n’a pas parlé d’immigration, dont nul n’a songé à rendre responsable l’augmentation du diesel, mais d’inégalité. Et sa protestation n’est pas climato-sceptique, comme peut l’être l’électorat de Donald Trump, mais s’en prend à la répartition inique de la charge fiscale que nécessite une transition énergétique dont nul ne conteste le principe. Son discours est un gigantesque fourre-tout, un grand n’importe quoi. Néanmoins, pour la première fois depuis bien longtemps, le pays, ou une part appréciable de celui-ci, se lève pour crier Tais-toi, bouffon ! ».Reste à préciser de quoi est fait le Bouffon. Le langage polyphonique des Gilets jaunes n’en est pour l’instant pas capable. Mais leur colère était palpable depuis plusieurs mois, qu’avait cristallisée la limitation de vitesse à 80 km/h, jugée technocratique et irréaliste – la bagnole, déjà. Les préfets en informaient le gouvernement, Emmanuel Macron en avait lui-même pris la mesure lors de son itinérance mémorielle dans le nord-est de la France au mois de novembre. Peine perdue, tant le prince est enfermé dans le château de ses certitudes idéologiques la France se languirait de son incapacité à se réformer », c’est-à-dire à se soumettre à la rationalité financière, plutôt qu’économique, et au régime normatif du néolibéralisme. A l’instar des médecins de Molière, Emmanuel Macron ne voit de salut que dans les mépris s’ajoutent ici l’arrogance et l’égarement. Même si les Gilets jaunes n’ont pas les mots pour le dire, ils constatent pour leur part que la politique menée depuis les années 1980, et que l’Elysée entend intensifier, s’est soldée par l’enkystement du chômage, le durcissement des conditions de travail et d’étude, la déqualification ou la disqualification des métiers, l’aggravation des inégalités, la déstabilisation des grands services publics tels que la SNCF, le réseau routier, la Sécurité sociale, l’hôpital, La Poste, l’Université. Loin de s’être éclairci, l’horizon n’a cessé de s’assombrir. Dans le même temps, ces services, de moins en bien assurés, et qui, dans l’imaginaire français, sont bien plus que de simples entreprises, mais de véritables repères nationaux, sont devenus beaucoup plus coûteux pour leurs à ces échecs, les tenants de l’Etat, qui en sont directement responsables, n’ont d’autres solutions que la fuite en avant, quitte à brûler les dieux qu’ils adoraient hier et dont ils ont imposé le culte les privatisations, les partenariats public-privé, la tarification à l’acte à l’hôpital, le recours systématique à la sous-traitance, le démantèlement des protections sociales des travailleurs, la précarisation de l’emploi, l’ubérisation de la société, la dématérialisation systématique de ses relations avec l’administration. Quelle peut être la crédibilité des gouvernants, désespérément anciens ou prétendument nouveaux, aux yeux d’une opinion qui souffre directement des conséquences délétères de cette évolution, lorsque ceux-là mêmes qui ont mis en œuvre de telles politiques doivent concéder que cela ne marche pas », mais soutiennent mordicus qu’il suffit de faire pire ? De ce point de vue, la privatisation calamiteuse des autoroutes, qui a privé l’Etat de revenus réguliers, abouti à de nombreux licenciements, renchéri la circulation et délaissé l’entretien du réseau, a été une cuisante leçon, et une illustration accablante des courtes vues, de l’irresponsabilité, de l’incompétence, voire de la compromission avec certains intérêts privés, du système de décision qui prévaut depuis plusieurs tous ces plans, l’échec d’Emmanuel Macron était prévisible, même si le dégagisme » français, tout comme le dégagisme » tunisien, est survenu selon des modalités et un tempo imprévus. Contrairement au général de Gaulle qui avait pu, en 1958, dans le contexte dramatique d’une crise institutionnelle, de la décolonisation et de la construction du Marché commun, réformer » la France par ordonnances grâce à son prestige et à un très large soutien de l’opinion, le président de la République n’a jamais eu de majorité dans le pays pour passer en force. Son narcissisme l’a aveuglé et empêché de comprendre qu’il n’avait pas les moyens de son hybris. Je me permets ici de renvoyer au papier que j’avais posté entre les deux tours de l’élection présidentielle, et qui exprimait quelque doute sur la viabilité de son mandat. Aujourd’hui, l’heure est celle de tous les dangers, et pourrait donner raison à ceux qui pronostiquaient de graves désordres en cas d’élection d’Emmanuel Macron. Non seulement la classe politique, mais encore les médias et les intellectuels ne sont plus écoutés dans le pays, ce qui rend difficile la mise en forme de la colère ou de la haine sociale. Une division sommaire entre les régions et Paris s’instaure, alors même que les Parisiens souffrent eux aussi de cette même arrogance de la classe politique, de l’autisme de leurs édiles, du désastre néolibéral du tourisme de masse et de la crise du logement et des services publics qui s’ensuit. Les corps intermédiaires ont été délibérément affaiblis, et les candidats aux élections municipales se raréfient de manière préoccupante. Le système démocratique est menacé de collapsus. Le risque est réel de voir l’extrême-droite rafler la mise, dans un contexte européen qui booste les identitaristes, à quelques mois d’une consultation pour laquelle le Rassemblement national était déjà au coude à coude avec la République en marche, avant même les événements de ces quinze derniers jours. Il est non moins grand de voir surgir un nouveau mouvement politique du type de Cinq Etoiles en Italie, dont un Eric Zemmour, ou son clone, pourrait prendre la tête. La réponse de l’Etat, pathétique dans son technocratisme – une prime par ici, une suppression de taxe par là – est inaudible, incompréhensible, et elle rend malheureusement probable l’affaissement d’un régime qui n’est plus représentatif de bref, le pays est sans boussole. Il revient aux intellectuels, aussi frappés de discrédit soient-ils du fait du poujadisme ambiant, de proposer une direction. Quelques repères s’offrent pour une remise à plat radicale du débat et de l’action publics, qui est nécessaire à la reprise de l’inévitable dialogue entre les autorités et les Gilets jaunes. Ce qui suppose un choc sémantique, tant la novlangue technocratique est devenue un répulsif pour l’opinion, et un raccourci vers l’essentiel, l’immédiatement intelligible, la reconstitution de la proximité républicaine l’instauration d’une vraie démocratie locale, bien au-delà de la décentralisation qui reprend d’une main ce qu’elle a fait semblant de concéder de l’autre, une démocratie locale qui renouerait avec les institutions historiques fondamentales du territoire – le département, la commune, la région –, donnerait à celles-ci les moyens fiscaux de leur politique, et reposerait sur la pratique du référendum, de la votation comme on dit en Suisse, pour les décisions qui concernent directement leur périmètre, y compris les choix d’une éventuelle intercommunalité ou métropolisation que le gouvernement doit cesser de faire passer au forceps. La capitale doit elle-même bénéficier de ce mouvement. Est-il par exemple normal que les Parisiens n’aient jamais été consultés sur l’organisation, dans leur ville, des Jeux olympiques qui vont se solder par une explosion de leurs impôts locaux, une flambée des prix et des loyers, un surcroît de pollution, sinon par le biais d’élections prétendument municipales, mais qui étaient en réalité préemptées par les partis nationaux. La déconnexion entre les mandats locaux et les mandats nationaux doit d’ailleurs être consommée. A l’argument des députés qui seraient déconnectés des réalités s’ils étaient privés de mandats municipaux doit se substituer celui de la primauté des responsabilités locales sur les considérations nationales, dans la mesure où les villes sont devenues des actrices majeures, dans les deux sens du terme, et y compris dans les stratégies environnementales. Barcelone doit servir d’exemple, qui a élu une mairesse indépendante sur la base d’un programme citoyen de remise en cause de la marchandisation de la ville et du développement touristique de masse pour défendre les intérêts de ses restauration de la lisibilité de l’impôt qui est devenu illégitime aux yeux des contribuables du fait de sa technicité et de l’opacité qui s’ensuit. Nul n’est plus capable de remplir ses déclarations fiscales en toute connaissance de cause, sauf à recourir à un conseiller dont la rémunération s’apparente à une ponction supplémentaire. Il arrive même que l’application des différents taux de la TVA varie d’un département à l’autre en fonction des différences d’interprétation de la loi par les services administratifs, qui ne la comprennent pas mieux que les simples débureaucratisation radicale de la vie quotidienne et professionnelle, en réponse à la bureaucratisation du monde » qui s’est imposée ces dernières décennies et a fait de chacun son propre fonctionnaire, au détriment de l’exercice de son métier et de sa vie personnelle. La restauration des services publics et de leur identification historique – La Poste, la SNCF, etc. – en lieu et place de leur marchandisation sous couvert de marques fallacieuses, du genre et de sous-traitances systématiques, qui se sont effectuées au détriment de l’ réhabilitation de l’enseignement universel comme voie royale de l’ascension sociale et de l’égalité des chances, et de l’hôpital comme garantie de la sécurité médicale pour tous, y compris dans l’ priorité donnée au logement social, pour en finir avec ce scandale absolu des SDF dans une société qui conjugue l’opulence et la misère la plus telles mesures, dans lesquelles d’aucuns ne verront que des mesurettes triviales, ne règleraient naturellement pas le fond du problème de la relance de l’économie française et de la transition énergétique. Mais elles s’adresseraient au malaise qu’éprouvent les Français toutes catégories confondues, ou à peu près, elles introduiraient de vraies ruptures concrètes dans leur vie de tous les jours, elles indiqueraient une direction claire et cohérente, elles reconstitueraient le lien social. Et le fait qu’elles se heurteraient à une fin de non-recevoir de Bercy serait plutôt de nature à les rendre crédibles et politiquement souhaitables, sans pour autant que l’on sombre dans le grand n’importe quoi financier. Le ministère des Finances n’a pas le monopole de l’intelligence en cette matière, et ses fonctionnaires doivent cesser d’être à la République ce que les commissaires du peuple étaient à l’Armée rouge, leurs pistolets braqués sur ses tempes. Les résultats de ses politiques ne sont pas au demeurant si brillants qu’il puisse continuer à nous l’échelle des générations vivantes, jamais les Français n’ont autant travaillé sans pour autant avoir le sentiment de vraiment pouvoir exercer leur métier, jamais ils n’ont autant éprouvé la crainte que l’avenir de leurs enfants sera sans doute moins bon que leur propre vie, jamais ils n’ont été aussi peu entendus des pouvoirs publics, jamais leur Etat n’a été aussi intrusif dans leur quotidien, aussi doucereusement autoritaire, et aussi indéchiffrable. Jamais non plus, depuis la Seconde Guerre mondiale, il n’a été aussi ce constat amer que chacun peut faire en son for intérieur, et qui attise la colère désordonnée des Gilets jaunes. De ce point de vue, nous le sommes tous peu ou prou, Gilets jaunes, et il n’y a aucune raison de laisser en déshérence cette fureur citoyenne, avec le danger qu’un attrapeur de rats ne nous enlève au son de sa flûte. Il est temps, grand temps, de reprendre notre destin en main et de renouer avec le cours de notre histoire dont nous a écartés l’adhésion puérile de notre classe politique au néolibéralisme anglo-américain, depuis la seconde moitié des années 1980, un néolibéralisme qui s’est soldé, dans les deux pays qui l’ont imposé au monde, par le Brexit et l’élection de Donald Trump – bravo les artistes ! En Europe centrale, en Italie, aux Pays-Bas, demain peut-être en Espagne, l’opinion est parvenue à ce même diagnostic. Il est de notre responsabilité d’y apporter une meilleure réponse que celle qu’elle s’est donnée dans ces différents pays et qui les conduit droit dans le Au moment de boucler ce papier nous parviennent les images glaçantes de ces dizaines de lycéens mis à genou et surveillés par des policiers à Mantes-la-Jolie. Elle est jolie, la République en Marche… Une nouvelle page du mouvement s’ouvre sans doute, alors qu’une amie ardéchoise me fait part de son désarroi devant la violence qui monte, m’écrit-elle, dans le département. Blindés légers dans les rues de Paris, Flash-Ball et grenades GLI-F4 employés contre des adolescents, mutisme obstiné de Jupiter, fébrilité de son fusible de Premier ministre l’Insurrection viendrait-elle ?[1] Frédéric Potet, Les poubelles de la colère », Le Monde, 2-3 décembre 2018.
Malheurà celui par qui le scandale arrive Tout sur la série Garçon qui cherchait la peur (Le) : 'Un père avait deux fils. Le premier était réfléchi et intelligent. Le cadet en revanche était sot, incapable de comprendre et d'apprendre'. Ainsi débute Histoire de celui qui s'en alla chercher la peur, conte des frères Grimm magistralement réinterprété ici par Giacomo Nanni. Malheur au monde à cause des scandales! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive! » Matthieu 187 Le scandale est une indignation publique, un état fâcheux et honteux qui fait suite à des actes contraires aux bonnes mœurs et à ce qui est juste. Notre monde en est rempli actes pédophiles par des prêtres catholiques, enfants nés de relations incestueuses… A cause de la dureté du cœur des humains, les scandales sont inévitables. Les victimes ou les témoins en sortent traumatisés, blessés, troublés, frustrés, meurtris… Mais celui qui en est à l’origine est sanctionné par le juge, quelquefois par le peuple et s’il leur échappe à tous, il fera alors face à Dieu s’il ne se repent pas. Veillons sur nos actes afin de ne pas scandaliser les autres et d’être exposé à un jugement. C’est ici la journée que l’Éternel a faite Qu’elle soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie!Psaumes 11824 Exode 16 à 18 – – – Matthieu 181-20 Caril est nécessaire qu’il arrive des scandales; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive! » Matthieu 18:7 Le scandale est une indignation publique, un état fâcheux et honteux Pour lire la suite de cet article Vous êtes déjà abonné? Connexion Malheurà celui par qui le scandale arrive - (S1E7) - Candice Renoir : Le corps d'un bel adolescent de 17 ans est retrouvé assassiné, ainsi qu'une importante quantité de cannabis, au CEUX PAR QUI LE SCANDALE ARRIVE. Il est de plus en plus difficile de dissiper cette impression nauséabonde que l’univers mental libanais est frappé de régression et qu’un sectarisme superstitieux et idolâtre, plus proche du tribalisme que du communautarisme et mâtiné de populisme, a pris le pas sur toute possibilité de citoyenneté. Pernicieux, malicieux, ce phénomène se pare d’une couverture religieuse/identitaire pour réveiller les instincts les plus bas des foules, l’ennemi à abattre ici étant évidemment une poussée vers l’individualité qui serait encouragée par le binôme diversité-liberté, au nom de la préservation des croyances et fondements de la foi, et, au-delà, d’un sentiment illusoire mais sécurisant de force garanti par l’esprit de corps communautaire. C’est l’autre nom de la dhimmitude, ou le renoncement aux responsabilités induites par la citoyenneté, au profit du confort grégaire de la matrice identitaire. Un dhimmi en arabe ذمّي est un terme historique du droit musulman qui désigne les sujets non musulmans d'un État sous gouvernance musulmane, liés à celui-ci par un pacte de protection » discriminatoire. Or, au nom de la force » de la assabiya qui consolide les radicaux et affaiblit ceux qui prêchent la modération, l’équilibre et la mesure, toutes les communautés se replient progressivement sur une posture minoritaire. Preuve en est, par exemple, le net recul du courant du Futur de Saad Hariri face au projet de mariage civil qu’il avait lui-même lancé il y a quelques années face à la loi Ferzli pour combattre les volontés politiques de cette loi de briser toute perspective de front politique transcommunautaire et ramener chacun dans son enclos. Dans le cas chrétien, cela se traduit par un abandon progressif des valeurs de liberté, d’ouverture, d’acceptation de l’autre dans toutes ses différences et de miséricorde, qui constituent l’essence du message du Christ, et qui figuraient déjà dans l’idée de minorités associées » à l’origine de la Constitution de 1926. Michel Chiha, l’artisan de la Loi fondamentale, n’avait pas en tête le Liban comme un enclos de tribus communautaires aguerries, mais comme un pays devant, à travers ses institutions et son vivre-ensemble, déboucher sur un dépassement du tribalisme en vue de parvenir à la citoyenneté. Mais cela se traduit aussi, au plan politique, par une résignation croissante face à la nécessité de défendre le caractère définitif de l’entité libanaise, la souveraineté et l’indépendance par exemple, au profit d’une servitude volontaire anesthésiante. C’est dans ce cadre qu’il convient de replacer le vacarme hystérique actuel autour de l’affaire du groupe Mashrouʻ Leila et la volonté de certains groupes radicaux de prohiber par la menace, la contrainte et les anathèmes le concert à Byblos, à moins que la formation ne fasse son mea culpa devant l’Église. L’interdiction et la censure au nom d’une joute entre les assabiyat communautaires fortes » récupérées par les partis occupent ainsi de plus en plus de place dans l’espace politique libanais, dans une descente aux abîmes sociale, politique et culturelle qui n’a pour autre nom que le suicide collectif. L'asabiyya représente la cohésion sociale » en arabe. Ce concept est utilisé par le philosophe arabe du Moyen Âge, Ibn Khaldoun, qui a décrit la culture et les territoires arabes. Ce terme désigne la solidarité sociale en mettant l’accent sur l’unité, la conscience groupale, et la cohésion sociale. Aucune communauté n’échappe au piège le Hezbollah avec les caricatures de Khamenei et de Nasrallah ou l’interdiction des concerts de Samba dans ses » régions, les islamistes sunnites avec ceux de Mahomet, les chrétiens face au hard-rock et aux pantoufles de Halloween, le Parti byzantin » face au film de propagande turc sur la chute de Constantinople, etc.. La réaction populiste chrétienne face aux provocations » – caractéristiques de la contre-culture pop-rock – de Mashrouʻ Leila constituerait dans ce sens, ne serait-ce qu’inconsciemment, une réponse mimétique à l’épisode récent au cours duquel une députée sunnite de Beyrouth a dû faire acte de contrition devant le mufti de la République après avoir fait acte de présence à une messe… avant de se retrouver de nouveau sous les foudres des masses sunnites pour avoir bu un café à Bkerké durant le mois de Ramadan… Or en détruisant l’attachement à la liberté comme élément constitutif de la personne humaine, et son corollaire, la capacité de cet individu à pouvoir décider lui-même et faire ses propres choix, sans tuteur, c’est l’ensemble du pays que l’on détruit, car ce qu’il résulte de la fragilisation de cette spécificité, c’est, d’un côté, une déresponsabilisation de l’individu et un avortement de toute citoyenneté potentielle, mais aussi, de l’autre, une atteinte fondamentale aux libertés publiques. Chacun des groupes sociocommunautaires cherche donc à démontrer que son esprit de corps lui confèrerait la force – et donc le pouvoir – d’interdire, par-delà la volonté de l’État, même si cela aboutit, au demeurant, à la perte de son identité, de sa mission, de ses véritables valeurs. Pourvu que chacun puisse montrer à l’autre qu’il a, de facto, les mêmes droits, les mêmes privilèges et la même illusion de puissance que l’autre. Et, au pire, pour éviter le retour à l’état de nature, celui de la guerre de tous contre tous, pourquoi donc ne pas retourner au Léviathan, celui qui viendra trancher les litiges et assurer la protection en proclamant l’interdit, qu’il s’appelle autorité ecclésiastique, puissance de tutelle ou appareil sécuritaire répressif... ? On ne peut pas prendre position en faveur de la citoyenneté et contribuer à renforcer son avortement. La censure engendre en effet l’autocensure, c’est-à-dire la dépendance et la répression, puis la déresponsabilisation, l’ignorance, la peur – et, au final, la violence. Il s’agit de l’envers de la citoyenneté, fondée sur la responsabilité, elle-même résultante de la liberté, qui est, encore une fois, constitutive. C’est donc la justice qui est amenée à jouer un plus grand rôle, aux juges d’avoir la sagesse de modérer les débats, dans la mesure où il est de leur mission de contribuer au renforcement de la loi comme autorité de référence, et donc de l’État, avec la liberté comme norme, comme principe fondateur et fondamental. Dans le cas de la controverse actuelle, le précédent est grave, dans la mesure où les institutions religieuses s’arrogent un droit de regard préalable et arbitraire – ce qui peut paraître sacrilège pour une personne ne l’est pas pour une autre – qui n’est plus de leur ressort depuis le fameux Index, voire depuis… l’Inquisition. Reste à savoir enfin si Mashrouʻ Leila et ses chansons méritent que le ciel leur tombe sur la tête. L’art, dans sa fonction, est l’expression d’une multitude de choses la beauté comme la laideur, le bien-être comme le mal-être, le sacré comme le profane, l’élévation comme la chute, le fantasme comme la réalité, etc. En d’autres termes, l’art est une représentation de l’humain dans toute sa complexité et ses contradictions. Il est bien plus le résultat d’une certaine forme de libération et de folie – d’exorcisme cathartique – consciente ou inconsciente. Il faut garder à l’esprit que les tentatives de rationaliser, de dompter, de discipliner, de canaliser l’art dans une fonction sociale ou politique relèvent de l’esprit totalitaire et conduisent à l’autocensure, au syndrome Pinochet » de servitude volontaire mécanique, pavlovienne. La chanson du groupe, Djin », qui fait aujourd’hui polémique, est plus dans l’esprit de l’hédonisme dionysiaque nietzschéen, pas dans l’esprit de la promotion ou de l’apologie de quelque valeur, notamment du satanisme – à considérer qu’il ne soit pas permis, du point de vue de la liberté d’expression, d’adorer qui l’on veut, à condition de ne pas troubler l’ordre public. L’auteur y décrit une sorte de rituel à caractère primitif, qui ressemble à une libération de toutes les pulsions face à un carcan sociétal de valeurs sociales, sexuelles, morales, religieuses. Il veut devenir fou », c’est-à-dire s’affranchir des valeurs sociales en se retranchant dans le plaisir, l’animalité, le vin, le gin, etc. Djin » n’est pas à prendre dans le sens littéral occulte. Les allusions à la religion non plus. Nous sommes plus dans une lecture baudelairienne du plaisir dionysiaque revisité dans le genre d’un Jim Morrison, par exemple. Le chanteur de Mashrouʻ Leila veut retourner au grégaire par le plaisir dionysiaque. D’autres veulent retourner au grégaire par la porte du sectarisme et du tribalisme c’est en partie la réaction de ceux qui ont été offusqués par la chanson au point de vouloir interdire par la contrainte le groupe de se produire à Jbeil. Hamed Sinno exprime quelque part ce que Marcel Gauchet, et avant lui Max Weber, qualifiaient de désenchantement du monde ». N’est-il pas ainsi possible de voir, au contraire, dans cette chanson, plutôt qu’un sacrilège, une volonté impulsive de renouer avec le sacré dans un monde complètement désacralisé ? Cette grille de lecture laisse penser que toute cette histoire ne mérite pas tant d’importance. Le texte, d’ailleurs, manque de consistance et de substance. C’est cette hésitation, cette ambiguïté, qui fait sa faiblesse, tandis que ses détracteurs, eux, sont forts de leur orgueil, celui de la connaissance, et peuvent se permettre de se substituer à Dieu pour le condamner comme hérétique ou satanique ». Faut-il donc dresser les potences et rallumer les bûchers pour tout cela ? Le temps est-il revenu de brûler les œuvres d’Averroès, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Lautréamont, Nietzsche, Spinoza, Brassens, Léo Ferré, Pasolini, Desproges ou Madonna par exemple parce qu’ils ont été, chacun à son époque, choquants, en révolte contre les contraintes, les conventions et les règles de leur époque ? Ou bien s’agit-il d’une perte de temps et d’énergie dans une polémique inutile qui dénote effectivement d’une angoisse profonde de fragilité et de faiblesse – encore une fois, le contraire absolu de ladite force » prétendue – dans le tissu socio-communautaire libanais et chrétien en particulier ? La scène ressemble quelque peu à l’hystérie collective du couvent des Ursulines au XVIIe siècle, contée par Aldous Huxley 1952 et adaptée à l’écran par Ken Russell The Devils, 1971 où, par le biais d’une machination fomentée par Richelieu, les religieuses en viennent à avouer collectivement qu’elles ont frayé avec le Malin sous les ordres de leur supérieur, l’évêque de Loudun Urbain Grandier, dont le cardinal veut se débarrasser parce qu’il constitue un obstacle à ses projets politiques. Il sera accusé de sorcellerie et ultimement condamné au bûcher, après avoir persisté jusqu’au bout à rejeter les accusations dirigées contre lui… Il faut donc se méfier du jugement de la foule, surtout lorsque des groupes radicaux ont pris la décision d’enflammer les instincts et les esprits en jouant sur la corde la plus sensible la communauté en danger » contre un mal, l’autre, qu’il soit un frère, un rival ou un ennemi, une force réelle, invisible ou occulte, qu’il nous ressemble ou qu’il soit différent. C’est le rôle des autorités politiques et religieuses, mais aussi et surtout des institutions judiciaires, de la société civile et des médias de rectifier le débat au lieu de se soumettre, par calcul politicien, au verdict du peuple », et de céder aux passions populaires. Le scandale, qui n’est autre que Satan, arrive par l’incapacité de la foule à échapper à l’esprit rivalitaire qui est en fait un esprit de servitude, car il nous agenouille devant tous ceux qui l’emportent sur nous, sans voir l’insignifiance des enjeux », écrit l’anthropologue chrétien René Girard. La prolifération des scandales, donc des rivalités mimétiques, est ce qui produit le désordre et l’instabilité dans la société, d’où la nécessité de chercher un bouc-émissaire innocent, qui ramènerait de l’ordre », poursuit-il. C’est alors, explique-t-il, qu’une fausse transcendance » s’opère et que Satan expulse Satan », selon la formule de Jésus-Christ. La stabilité est opérée temporairement par une opération satanique », résume-t-il, avant d’ajouter que Satan est un trope puissant pour décrire l’unanimité de la foule quand elle accuse la victime d’être coupable et qu’elle l’assassine ensuite sans aucun remords. » J’ai vu Satan tomber comme l’éclair et Celui par qui le scandale arrive. Conjurer Satan, c’est donc échapper aux mécanismes de la rivalité mimétique. Le scandale » le plus connu, dans ce cadre, n’est autre que celui de Jésus-Christ, condamné par la masse au profit du voleur Barabbas. Qu’en avons-nous appris depuis ? Source
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Depuis 48 heures, le monde politique est en ébullition sur un seul mot parrainage. Et de chaque camp les mots fusent pour dénoncer une situation totalement inacceptable », dangereuse », ou pouvant mener à un péril sans précédent ». En effet, pendant le weekend, le candidat Zemmour, le candidat Mélenchon et la candidate Le Pen ont tous affirmé avoir grande peine à recueillir les 500 signatures. La chose serait moins sensible si les trois candidats n’étaient pas des candidats pouvant prétendre à la victoire finale. Or, dans la situation de notre élection de 2022, c’est tout le contraire. Crédités d’un potentiel à plusieurs millions d’électeurs, rien n’est encore certain pour ces candidats sérieux » mais dans le la vue de cette situation burlesque plusieurs questions nous viennent ce grand psychodrame n’était-il pas prévisible ? Cette technique du parrainages ne symbolise t-elle pas la prise du pouvoir par une oligarchie ? C’est en tout cas la thèse d’un livre écrit à quatre mains par Christophe Boutin et Frédéric Rouvillois – Les parrainages. Ou comment les peuples se donnent des maîtres – sorti cette semaine aux éditions La Nouvelle Librairie. Retour sur une émission diffusée par Sputnik France, dans laquelle le professeur de droit public Frédéric Rouvillois dénonce, avec la plus grande franchise, un système mis au service de l’oligarchie et menaçant directement le dernier moment démocratique » de notre pays. Les parrainages 15,50€ KrW7GBn.
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